Startups : les ambitions du directeur de Numa Toulouse, Cédric Mallet

 |   |  1077  mots
Cédric Mallet, managing director de Numa Toulouse.
Cédric Mallet, managing director de Numa Toulouse. (Crédits : Rémi Benoit)
L’ancien directeur général de Jeuxvidéos.com a pris cet été la direction de Numa Toulouse, l’accélérateur de startups. Mode rémunération de Numa, accord avec les startups, recrutements en cours, Cédric Mallet détaille l’offre du dernier né sur le marché très concurrentiel de l’accompagnement des startups. Interview de Cédric Mallet, managing director de Numa Toulouse.

Vous avez reçu 50 dossiers de candidatures, est-il encore temps de candidater pour la première saison de Numa Toulouse ?

Oui, la sélection est en cours. Les startuppers ont jusqu'au 10 septembre pour nous contacter. Nous sélectionnons des startups tous secteurs confondus. Nous choisirons des projets qui ont déjà un POC (Proof of Concept, NDLR) et/ou un prototype et qui sont donc à un stade post-incubation. Numa Toulouse propose en effet une accélération très orientée business destinée à structurer leur activité commerciale. La sélection des premières startups accélérées, entre 5 et 8, sera annoncée le 21 septembre.

Quels sont les critères de sélection ?

Tout d'abord la qualité du produit ou du service à vendre, ensuite la qualité de l'équipe puis l'affinité entre le projet du startupper et notre capacité à lui apporter une valeur ajoutée.

Quel est le business model de Numa à Toulouse ?

Numa Sud est une structure complètement indépendante de Numa Paris. Elle est née de la volonté d'entrepreneurs, Patrick Chekib et Arnaud Laurent, co-fondateurs du fonds XLR Capital, de créer des accélérateurs dans le Sud de la France. Tous les deux ont fait une proposition à Numa Paris et il existe donc désormais un accord commercial. Celui-ci permet notamment d'utiliser la marque Numa, ses méthodes, ses outils, son réseau d'experts, etc.

Quelle est le mode de rémunération de Numa ?

Elle se fait par des participations prises dans les entreprises accélérées. Cet "equity" est partagé entre Numa Sud et Numa Paris. 5% pour les startups en phase de lancement et 3,5 % pour celles qui ont déjà levé des fonds, un pourcentage relativement faible par rapport à ce qui peut être pratiqué dans d'autres accélérateurs, parfois jusqu'à 25 %. En échange, les startups ont accès à un programme d'accélération basé sur les services déjà développés par Numa. Le fait d'être actionnaire nous associe complètement aux objectifs et au destin des startups.

Quel est le déroulé d'une saison type d'accélération chez Numa ?

La première phase, la "washing machine", dure trois semaines et permet de tout remettre en question et d'identifier les lacunes. C'est aussi une phase de période d'essai pour l'entreprise comme pour Numa qui, à l'issue de ces trois semaines, décide ou pas de participer au capital. Ensuite, un objectif est défini pour chaque semaine. Tout au long du programme, les startuppers sont accompagnés par un mentor, des entrepreneurs en résidence et des business developper. Ils peuvent aussi être mis en contact avec 350 experts sur des thématiques métiers, secteurs ou marchés. Les entrepreneurs ont aussi le support de workshops et tutoriels Numa. À l'issue des 4 mois, la startup continue à avoir accès à tous ces services. Numa estime à 700 000 euros la valeur des services proposés aux startups.

De qui est composée l'équipe de Numa Toulouse ?

Nous avons des entrepreneurs en résidence dont Nicolas Deverge, ancien d'Ekito et fondateur de TeamMood. Chaque entrepreneur en résidence (salarié ou en contrat de prestation) accompagne deux startups sur tous les sujets : croissance, RH, logistique, etc. Il y a également deux business developer qui structurent la démarche commerciale, un point souvent négligé par les startuppers qui ont souvent très bien travaillé leur produit mais pas trop le commercial. Nous avons un office manager qui gère la vie quotidienne sur le site (100 m2 loués dans les locaux de La Cantine à Toulouse). Quant à moi, en tant que managing director, je dirige l'équipe et je crée le réseau de Numa à Toulouse. J'ai aussi la responsabilité du sourcing des startups et du suivi stratégique des projets.

Ancien directeur général de Jeuxvideo.com, vous changez de métier. Pourquoi ce choix ?

Après avoir quitté Jeuxvideos.com, j'ai commencé à investir dans des startups et à les accompagner en tant que business angel. Ce qui compte aujourd'hui pour moi c'est de lancer Numa à Toulouse, de participer à la réussite de startups et de contribuer à fédérer l'écosystème toulousain.

Quel est votre regard sur l'écosystème de Toulouse ?

Numa Sud qui a fait le tour des écosystèmes du Sud de la France pour s'implanter note une dynamique particulière à Toulouse. L'initiative IoT Valley et la croissance d'entreprises comme Sigfox, Brico Privé ou Wiseed ont clairement eu un effet positif sur l'image de la ville. La qualité des écoles et universités à Toulouse a aussi un effet positif sur l'écosytème. Le terreau est favorable ! Néanmoins nous avons un vrai enjeu de collaboration avec les autres acteurs écosystèmes. L'essentiel est de travailler à optimiser les chances de réussite d'un projet, pas à tirer la couverture à soi. Si le Village by CA est le bon interlocuteur pour faire émerger une entreprise et Numa pour l'accélérer, il faut plutôt travailler ensemble. Nous ne nous adressons pas tous au même marché. L'IoT Valley est ainsi très orienté international tandis que notre enjeu est de détecter les entreprises régionales.

Après Toulouse, quels sont les objectifs de Numa ?

Numa Sud veut se déployer sur plusieurs métropoles régionales. Cela devrait se faire courant 2018, peut-être à Aix-Marseille, Nice ou Lyon. Le choix n'est pas encore arrêté.

Qui est Cédric Mallet ?

Le chef d'entreprise est né à Toulouse et a 47 ans. Il créé sa première entreprise, Mnemosys, alors qu'il fait son service militaire chez Météo France et la revend au groupe La Dépêche en 1997, date à laquelle il lance, avec José Biosca, le premier site internet du média toulousain. Il quitte La Dépêche en 2000 et crée gamesbond.com, un site de ecommerce de produits culturels d'occasion, racheté en 2004 par Pixmania. Après un passage au sein de l'agence X Prim, il rencontre le fondateur de Jeuxvideo.com et devient directeur général du groupe à Aurillac en 2011. « Une entreprise fantastique où nous n'étions limités que par notre imagination », se souvient Cédric Mallet. L'entreprise est rachetée par Webedia en 2014 et Cédric Mallet quitte l'aventure fin 2015. Il se lance alors dans une activité de business angel, investi dans plusieurs startups et travaille pour un fonds d'investissement, Day One Entrepreneurs & Partners. Au printemps 2017, il est sollicité par Numa Sud pour lancer l'accélérateur de Toulouse.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :