"On peut espérer que le rassemblement républicain jouera à plein", interview de Jean-Michel Baylet

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Jean-Michel Baylet espère conserver la présidence du Département du Tarn-et-Garonne
Jean-Michel Baylet espère conserver la présidence du Département du Tarn-et-Garonne (Crédits : ON / Rémi Benoit)
Le président du Parti Radical de Gauche, réélu conseiller départemental dimanche dernier dès le premier tour, brigue la présidence du Conseil départemental du Tarn-et-Garonne. La droite, de son côté, juge possible un changement de majorité. Hausse du Front National, combat contre la droite, accusations de mauvaise gestion, Jean-Michel Baylet, président de la collectivité depuis 1985, fait le bilan. Interview.

Le Front National est le premier parti du Tarn-et-Garonne. Avec 27,4 % des voix, il devance L'Union de la droite, qui recueille 16,9 % des suffrages. Comment analysez-vous cette percée ?
Ce score n'a rien d'inédit puisque, depuis fort longtemps, le Tarn-et-Garonne est le département où le FN fait ses meilleurs scores en Midi-Pyrénées. C'est beaucoup. C'est dans la ruralité, qui se sent trop laissée pour compte, que le FN fait ses meilleurs scores. Nous sommes dans la norme même si on ne peut pas dire que cela me réjouisse.

Vos adversaires à droite estiment possible un changement de majorité du Conseil départemental le 29 mars. Est-ce votre avis ?
En démocratie, toute élection est incertaine. Mes adversaires annoncent un changement à chaque fois. Ils sont dans la continuité de leurs rêves. Cette fois, l'élection est certes un peu plus difficile que d'habitude et la nature du scrutin, canton par canton, rend l'élection particulière. Mais je suis serein. Nous avons un bilan remarquable ainsi qu'un projet pour le Tarn-et-Garonne. Mes adversaires n'ont pas d'autre programme que celui de virer Baylet. Ils n'ont pas été capables de faire la moindre proposition. À la veille du premier tour, mes adversaires racontaient partout qu'ils allaient me battre. Eh bien, nous avons vu, j'ai gagné au premier tour. Il faut voir la violence de la campagne menée par l'équipe Barèges. Ils se sont contentés de dire du mal de moi, ça ne fait pas un programme...

Ne redoutez-vous pas une dispersion des voix de gauche ?
Sur ce point, on a déjà donné au premier tour ! On peut espérer que le rassemblement républicain jouera à plein au second tour. Je ne pense pas qu'il puisse en être autrement. Le score énorme du FN marque les esprits et je sens qu'il y a une mobilisation.

Le PS sera-t-il un allié indéfectible, certains y compris à gauche, semblant tentés par une sorte de "Tout sauf Baylet" ?
Je ne l'imagine pas une seconde mais je ne fais pas de politique en lisant dans une boule de cristal et je ne veux pas, aujourd'hui, parler du troisième tour (l'élection du président du Conseil départemental, NDLR).

Une partie de la gauche peut-elle choisir la droite pour vous faire barrage ?
C'est de la politique fiction. Je n'imagine pas ce genre de petites manipulations que l'on peut faire aux élections sénatoriales ! Il s'agit cette fois d'un scrutin au suffrage universel. D'ailleurs, je vous rappelle mon élection dimanche dès le premier tour, nous sommes deux en France dans ce cas-là. Et je suis le seul chef de parti à être élu au premier tour. Cela prouve la confiance que me font mes électeurs. Je ne connais qu'un juge en démocratie, c'est le suffrage universel. En Tarn-et-Garonne, un seul candidat a été élu au premier tour, c'est moi. Tout le reste, ce sont des cancans.

La droite menée par Brigitte Barèges dénonce une gestion partisane, juge le département pauvre et endetté et promet une meilleure gestion des comptes publics.
Que Brigitte Barèges commence par mieux gérer sa ville qu'elle gère tellement mal qu'elle a été déclarée inéligible (en octobre 2014 par le tribunal administratif de Toulouse, NDLR) et qu'il y a eu une perquisition à la mairie de Montauban.

Le Tarn-et-Garonne ne pourrait-il pas tirer davantage profit de sa proximité avec Toulouse ?
Nous en profitons très bien. Il n'y a qu'à voir la poussée démographique et économique liée à la croissance de Toulouse. Le Tarn-et-Garonne est passé de 185 000 habitants il y a 30 ans à 255 000 aujourd'hui. L'Insee prévoit 100 000 habitants supplémentaires dans 30 ans. Cela ne s'est pas fait tout seul. Je ne m'en attribue pas le seul mérite mais nous avons beaucoup travaillé sur la solidarité, les collèges, la réhabilitation des villes et villages. Et nous sommes plus attractifs que d'autres départements. Nous avons un bilan fort et des projets. Nous avons structuré une plateforme logistique près de Montbartier qui a créé 400 emplois en 5 ans. Voilà du concret.

En savoir plus

Au premier tour des élections départementales dans le Tarn-et-Garonne, le Front National recueille 27,4 % des voix, l'Union de la droite recueille 16,9 % des suffrages, Divers droite 12,5 %, le Parti Socialiste 10,6 %, le Parti Radical de Gauche 10,6 %, divers gauche 9,4 %, Front de Gauche 6,2 %, Union de la gauche 4,4 %.

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