Mort du Lotois Maurice Faure, ancien ministre. Il était le dernier signataire vivant du Traité de Rome

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Maurice Faure
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Le Lotois Maurice Faure est décédé ce 6 mars à l'âge de 92 ans, à Cahors, dans le Lot. Figure du Parti radical socialiste, ancien résistant, il avait signé le Traité de Rome pour la France. Maurice Faure avait occupé plusieurs fonctions ministérielles mais avait toujours gardé un attachement fort pour le Lot.

Le Lotois Maurice Faure est décédé ce 6 mars à l'âge de 92 ans, à Cahors, dans le Lot. Figure du Parti radical socialiste, ancien résistant, il avait signé le Traité de Rome pour la France. Maurice Faure avait occupé plusieurs fonctions ministérielles mais avait toujours gardé un attachement fort pour le Lot.

À quelques semaines des élections européennes, c'est une des figures de la construction européenne qui disparaît. Le 25 mars 1957, à seulement 35 ans, Maurice Faure était secrétaire d'État aux Affaires étrangères lorsqu'il a paraphé le Traité de Rome, à l'origine "Traité instituant la Communauté économique européenne" qui a établi le fonctionnement de l'Union européenne.

Pour le cinquantième anniversaire du traité, Maurice Faure avouait dans l'Express avoir une "vision essentiellement pessimiste de l'Europe" par rapport aux ambitions originelles du traité. "Nous sommes en effet passés de six pays à vingt-sept sans avoir au préalable approfondi le dossier européen qui avait été concocté au départ." Il fustigeait notamment l'attitude de la France "devenue le mauvais élève de l'Europe (...) Les reproches d'arrogance que font nos partenaires sont justifiés." Concernant le futur, pour Maurice Faure, "l'Europe restera, et la paix aussi. Car, si on devait choisir un mot pour qualifier l'Europe, je dirais "paix", ce qui n'est pas négligeable."

"Je préfère être empereur dans le Lot que prince à Paris"
Confident de François Mitterrand, notamment sur les questions de diplomatie internationale, Maurice Faure a occupé de nombreuses fonctions ministérielles sous la IVe et Ve République. Il fut notamment ministre de l'Intérieur à 36 ans, Garde des Sceaux du gouvernement Pierre Mauroy en 1981 et ministre de l'Équipement de Michel Rocard. Des postes qu'il a occupés brièvement, préférant se consacrer au département du Lot. Un choix qu'il avait résumé dans cette formule : "Je préfère être empereur dans le Lot que prince à Paris."

Né en Dordogne, Maurice Faure a "marqué profondément le département du Lot", comme le souligne Martin Malvy. Député du Lot à 29 ans, il a également été maire de Cahors (Lot) de 1965 à 1990 et sénateur. Maurice Faure a également présidé le Conseil général du Lot pendant plus de 20 ans. Un attachement au territoire qui a "beaucoup touché" Alexandre Marciel, auteur du livre "Maurice Faure, l'étonnant destin politique".

"J'ai été frappé par sa stature d'homme d'État, souligne Alexandre Marciel. Il avait côtoyé de nombreux grands hommes et il avait été du grand rendez-vous de l'Europe. Il avait joué un rôle clé dans les négociations politiques avec son homologue allemand Walter Hallstein. Maurice Faure était quelqu'un de très lettré, profondément attaché aux hommes. Il a joué un rôle de rassembleur pour le PRG pendant de nombreuses années", rappelle le président du Cercle PRG de Toulouse Métropole, attristé par le décès de ce "personnage" qu'il avait rencontré à la sortie de ses études à l'IEP de Toulouse. Professeur agrégé d'histoire et de géographie et docteur en droit, Maurice Faure avait d'ailleurs enseigné à Sciences Po Toulouse au début de sa carrière.

Un hommage unanime
Les réactions sont nombreuses tant en Midi-Pyrénées qu'au niveau national suite au décès de celui qui avait été élevé au grade de commandeur de la Légion d'honneur en 2013. La ministre de l'Artisanat, du commerce et du tourisme, Sylvia Pinel, rend ainsi hommage à un homme qui "était l'incarnation même de la République (...) un homme dont les convictions et le talent ont durablement marqué l'histoire de notre pays."

Au niveau local, Martin Malvy rend hommage à un homme qui "pendant près de 50 ans (...) a dominé la vie politique française dont il fut à de nombreuses reprises l'un des acteurs les plus marquants (...) Notre émotion, c'est le souvenir de ses interventions brillantes. Il fut effectivement le dernier orateur du Parlement. On allait écouter Maurice Faure, sa voix qui chantait le Sud-Ouest, ses réparties, ses expressions, son remarquable esprit de synthèse, sa belle culture. Il connaissait la France comme il connaissait l'Histoire, celle de notre pays dont il s'inspirait et celle du monde et des civilisations." Le président du Conseil régional, dont le lien avec le Lot et le parcours sont assez similaires, gardera le souvenir "d'un homme hors du commun, qui ne s'est jamais départi de sa proximité avec les autres, qui a bien servi la France et aimé son terroir".

L'ancien maire de Toulouse Jean-Luc Moudenc "salue avec émotion la mémoire de ce résistant, ancien ministre, signataire du Traité de Rome (...) Il a su conjuguer son combat pour l'Europe et son attachement au terroir de notre Région. Il restera comme un exemple de modération et d'ouverture..."

"Avec Maurice Faure disparaît la grande voix du radicalisme, déclare de son côté Jean-Michel Baylet, président du Parti Radical de gauche. Les radicaux perdent un de leur plus grand leader et, à titre personnel, celui qui fut mon mentor en politique. Sa mémoire et son œuvre resteront gravés dans nos mémoires."

Le maire de Cahors Jean-Marc Vayssouze-Faure rend également hommage à cet "amoureux du Lot, Cadurcien de cœur (...) Le Lot conserve en lui l'ADN de ses valeurs. Authentique, pétillante, modeste et tolérante, notre terre est à l'image de ce que fût Maurice Faure."

Pour Jean-Louis Chauzy, président du Ceser Midi-Pyrénées, "la République et le Lot perdent une grande voix !" Outre "sa dimension européenne" et son "attachement au Lot", il rappelle "sa défense inlassable des valeurs de la République".

Pierre Izard, président du Conseil général de la Haute-Garonne, "salue la mémoire de cette grande figure locale de la République et du radicalisme.
Homme d'Etat éminent, Européen de la première heure, Maurice Faure n'en est pas moins aussi resté tout au long de sa longue vie un départementaliste convaincu."

Paul Périé
© Nelly Blaya/Département du Lot

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