Tarmac Aerosave : début de l'activité de déconstruction d'avions à Tarbes

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La société Tarmac Aerosave, basée à Ossun (Hautes-Pyrénées), déconstruit son premier Airbus, un A310 de la compagnie espagnole Air Comet. Tarmac est la seule au monde à proposer à la fois le stockage et la déconstruction des appareils en fin de vie respectueuse de l'environnement. Son objectif est double : stocker des aéronefs et déconstruire les plus anciens de manière à réutiliser, récupérer ou recycler 85% de leur masse.Les dimensions de l'immense hangar gris impressionnent.

La société Tarmac Aerosave, basée à Ossun (Hautes-Pyrénées), déconstruit son premier Airbus, un A310 de la compagnie espagnole Air Comet. Tarmac est la seule au monde à proposer à la fois le stockage et la déconstruction des appareils en fin de vie respectueuse de l'environnement. Son objectif est double : stocker des aéronefs et déconstruire les plus anciens de manière à réutiliser, récupérer ou recycler 85% de leur masse.

Les dimensions de l'immense hangar gris impressionnent. 40 mètres de haut, 95 m de large et 93 m de long, 8.000 m2 : de quoi accueillir tous types d'avions, y compris les gros porteurs (A380-900 ou Boeing 747). A l'intérieur, la société a commencé à procéder au démantèlement de son premier Airbus, un A310 aux 70.000 heures de vols qui inaugure ainsi le poste de déconstruction.

Face à l'aérogare de Tarbes - Lourdes - Pyrénées, le site de Tarmac Aerosave, classé ICPE (Installation classée pour la protection de l'environnement), s'étend sur près de 30 hectares. « Tout autour, 150 hectares sont à notre disposition », sourit le PDG Philippe Fournadet. Preuve des ambitions que peut nourrir la société, qui a débuté son activité en fin d'année dernière. « Dans les vingt prochaines années, 300 avions arriveront en fin de vie chaque année, prévoit Philippe Fournadet. Actuellement, la plupart des aéronefs sont abandonnés dans les aéroports ou démantelés. Nous permettons aux industriels de se préparer à l'évolution de la législation européenne en matière de valorisation des produits en fin de vie. Nous sommes les seuls à proposer une offre globale allant du stockage d'appareils et de la maintenance associée, à la déconstruction respectueuse de l'environnement. Nos concurrents, à Châteauroux notamment, ne proposent que l'une ou l'autre de ces activités et ne vont pas aussi loin dans la valorisation des éléments constitutifs de l'avion. »

Les différentes aires, en extérieur, autorisent le stockage d'une vingtaine d'avions au total. « Il s'agira de l'essentiel de notre activité : 70% des appareils seront remis en service, 30% seront déconstruits », estime Philippe Fournadet. « Nous bénéficions depuis avril de l'agrément nous permettant de réaliser l'ensemble des opérations de stockage et de maintenance légère sur toute la famille Airbus, de l'A300 à l'A340. Nous espérons obtenir rapidement l'agrément concernant Boeing. » En temps de crise, les avionneurs pourraient-ils y stationner les avions commandés par leurs clients mais pas encore payés donc livrés ? « Je n'espère pas la poursuite de la crise, se défend Philippe Fournadet. Mais nous comptons bien saturer nos parkings. »

Quant à la déconstruction en elle-même des avions trop vieux pour voler, elle s'avère complexe. « Les aéronefs sont des ensembles d'éléments très mélangés qu'il est important d'identifier et de cartographier pour favoriser leur valorisation ultérieure, reprend le PDG. Nous nous basons sur un outil spécialement conçu pour nous afin de déterminer la nature précise des alliages. » En arrivant sur le site tarbais, l'avion est d'abord dépollué (nettoyage, vidange des réservoirs, récupération des divers fluides). Commence ensuite, sous le hangar, la dépose du millier d'équipements que compte chaque appareil : moteurs, train d'atterrissage, équipements hydrauliques, etc. Ils pourront être commercialisé après validation d'ateliers de réparation spécialisés. « 18% de la masse de l'aéronef peuvent être remis sur le marché », précise Philippe Fournadet. Le processus de dépose prend environ 6 semaines. Suivent ensuite 3 à 4 semaines de déconstruction de l'avion, découpé en plusieurs tronçons. Les matériaux recyclables, essentiellement les métaux et matériaux métalliques, sont séparés puis dirigés vers les filières de traitement adaptées. « Jusqu'à présent, en l'absence de méthode adaptée à la séparation des matériaux, le taux de valorisation approchait des 60% de la masse d'un avion. Avec Tarmac, nous arrivons à 85%. » Les 15% restants sont composés de déchets industriels (mousses, housses) devant être détruits et d'équipements considérés classifiés dangereux (extincteurs). Les dirigeants de Tarmac Aerosave comptent démonter 20 avions en 2009, puis 30 à 50 par an. Le chiffre d'affaires dépendra du nombre d'avions stockés, de dépose d'équipements (150.000 euros en moyenne) et du cours des matériaux. La société compte 12 salariés et prévoit de recruter une soixantaine de personnes d'ici 5 ans.

L'entreprise Tarmac Aerosave est issue d'un partenariat alliant Airbus, Sita France (filiale de Suez Environnement), la Snecma (société du groupe Safran), Equip'Aéro (PME spécialisée dans la fabrication et la réparation d'équipements), Tasc Aviation (filiale d'Airbus) et Aéroconseil (PME spécialisée en ingénierie aéronautique). La société s'est développée dans le cadre du pôle de compétitivité Aerospace Valley. Elle concrétise la phase industrielle du projet Pamela, qui avait permis de tester en 2006 des procédures de déconstruction et de valorisation de pièces ou de matériaux d'aéronefs en fin de vie.

En savoir plus :

www.tarmacaerosave.aero

En photo : la déconstruction d'un avion sur le site de l'entreprise Tarmac Aerosave (photo M. Lozano)

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Commentaires
a écrit le 01/11/2016 à 9:33 :
Je recherche une montre de bord pour pratique sur flight simulator
Bien vouloir m'indiquer svp comment je peux aboutir sans verser vers
les montres gadget que l'on trouve un peu partout

Merci
a écrit le 19/10/2016 à 10:40 :
Bonjour es que vous recruter sur secteur ossun car je suis ajusteur aero merci
a écrit le 12/06/2015 à 12:57 :
Cette initiative est très heureuse et nécessaire, en respectant bien entendu les règles de l'environnement ! Personnellement, je serai intéréssé pour récupérer des éléments stucturaux d'aéronefs déconstruits, Je vous remerci pour votre attention,
Cordialement,

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