Jean-Louis Cazaubon, président de la Chambre d'agriculture : « Des exploitations vont fermer en 2010 si les prix ne remontent pas »

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Entretien avec Jean-Louis Cazaubon, président de la Chambre d'Agriculture de Midi-Pyrénées et de l'Irqualim, l'Institut Régional de la qualité Agroalimentaire Midi-Pyrénées. Très préoccupé par les difficultés rencontrées par l'ensemble des secteurs agricoles dans la région, il prévoit une année 2010 difficile si les prix ne remontent pas rapidement. Il craint même le pire pour un certain nombre d'exploitations fragilisées par la crise en 2009.Dans quel état se trouve l'agriculture midi-pyrénéenne après l'exercice 2009 ?

Entretien avec Jean-Louis Cazaubon, président de la Chambre d'Agriculture de Midi-Pyrénées et de l'Irqualim, l'Institut Régional de la qualité Agroalimentaire Midi-Pyrénées. Très préoccupé par les difficultés rencontrées par l'ensemble des secteurs agricoles dans la région, il prévoit une année 2010 difficile si les prix ne remontent pas rapidement. Il craint même le pire pour un certain nombre d'exploitations fragilisées par la crise en 2009.

Dans quel état se trouve l'agriculture midi-pyrénéenne après l'exercice 2009 ?

Le bilan est catastrophique, tous secteurs confondus. Je n'ai jamais vu une année aussi morose. Aux prix très bas, se sont ajoutés l'augmentation des charges et le renforcement des contraintes franco-françaises qui créent une distorsion de concurrence par rapport à nos voisins européens.

Pourquoi estimez vous que la France est désavantagée par rapport aux autres pays de la zone Euro ?
On se retrouve devant des impasses techniques. L'obligation qui nous est faite par le Grenelle de l'environnement de supprimer une cinquantaine de molécules nous oblige à développer des programmes de désherbage beaucoup plus onéreux alors que les agriculteurs allemands ou espagnols peuvent toujours utiliser les mêmes produits. Quant on voit la quantité de fruits qui vient d'Espagne, il y a tout lieu d'être inquiet.

Quels sont les secteurs les plus en difficulté dans la région ?

Ils le sont tous : viticulture, fruits et légumes, porc, lait et même céréales. Le plan Sarkozy est insuffisant face à la mauvaise gestion des marchés européens. En augmentant les droits à produire dans la filière laitière, l'Europe autorise la mise sur le marché de quelques milliers de tonnes supplémentaires qui vont nous conduire au marasme. Même s'ils se sont un peu redressés en fin d'année, les prix d'achats sont trop faibles. Nous sommes aujourd'hui à 260-280 euros les 1000 litres alors qu'il faudrait être au moins à 350 euros. Je ne suis pas .

Déplorez-vous des fermetures d'exploitations en Midi-Pyrénées ?
Il y en a eu effectivement mais le pire est à venir. Les exploitations qui ont été fragilisées en 2009 vont avoir beaucoup de mal à résister si les prix ne bougent pas, notamment pour les céréaliers qui ont un revenu par hectare trop faible. Le problème est que la vision anglo-saxonne s'est imposée en Europe : en laissant les marchés se gérer seul, c'est la sécurité des citoyens que l'on met en péril.

Comment les agriculteurs régionaux peuvent-ils faire face ?
Je pense que le salut de 30% des exploitations passe par le développement des circuits courts, voire de la vente en direct. Il faut impérativement parvenir à organiser l'offre de produits locaux pour que les donneurs d'ordres, notamment les collectivités, puissent s'approvisionner. Il faut également que la provenance des produits locaux apparaisse sur l'étiquette. Il est anormal que 80% de la viande consommée dans l'agglomération toulousaine provienne de l'extérieur de la région. Il serait enfin intéressant de profiter des bilans carbones réalisés pour se demander s'il est judicieux de faire venir de la viande du Brésil.

En savoir plus:
-www.midipyrenees.chambagri.fr

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