Crise Tisséo : Stéphane Coppey pourrait saisir le tribunal administratif

Après avoir annoncé qu'il briguerait la présidence de Tisséo en lieu et place du président Vert Stéphane Coppey, le président PS du Grand Toulouse Pierre Cohen a rencontré ce 17 décembre l'intersyndicale des agents du métro toulousain. Il leur a proposé de suspendre leur grève jusqu'au 23 décembre et de nommer un médiateur. L'intersyndicale a décidé de poursuivre le mouvement. Stéphane Coppey annonce qu'il saisira le tribunal administratif en cas de changement de présidence.« Pierre Cohen estime que Stéphane Coppey ne joue plus le jeu.

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Après avoir annoncé qu'il briguerait la présidence de Tisséo en lieu et place du président Vert Stéphane Coppey, le président PS du Grand Toulouse Pierre Cohen a rencontré ce 17 décembre l'intersyndicale des agents du métro toulousain. Il leur a proposé de suspendre leur grève jusqu'au 23 décembre et de nommer un médiateur. L'intersyndicale a décidé de poursuivre le mouvement. Stéphane Coppey annonce qu'il saisira le tribunal administratif en cas de changement de présidence.

« Pierre Cohen estime que Stéphane Coppey ne joue plus le jeu. » Au Grand Toulouse, la donne est clair : il n'est plus possible de laisser la situation perdurer. Le 16 décembre, le président socialiste du Grand Toulouse a donc démissionné de son poste au conseil syndical du syndicat mixte des transports en commun (Tisséo SMTC), ainsi que sept autres représentants de la Communauté Urbaine : François Briançon, Joël Carreiras et Bernard Marquié (adjoints au maire de Toulouse), Bernard Keller (maire de Blagnac), Gérard André (maire d'Aucamville), Claude Raynal (maire de Tournefeuille) et Christian Sempé (maire de Saint-Orens). Dans la foulée, il a annoncé que de nouvelles candidatures seraient soumises au vote et qu'il se porterait candidat à la présidence de Tisséo le 21 décembre, lors du prochain Conseil communautaire.

Pourquoi cette décision ? Dans un communiqué, Pierre Cohen estime que « le contexte de crise sociale et institutionnelle à Tisséo est caractérisé par l'impossibilité au sein du conseil syndical de mettre en œuvre une politique ambitieuse de développement des transports en commun pour l'agglomération. » Au Grand Toulouse, on évoque « deux blocages. La présidence en place ne permet pas de résoudre le conflit social en cours. Par ailleurs, lors du dernier conseil syndical le 14 décembre, la Communauté Urbaine et le Sicoval se sont de nouveau opposés (sur le prolongement du métro jusqu'à Labège réclamé par le Sicoval, NDLR) et le président de Tisséo n'arrive pas à faire avancer les choses. » A l'issue d'une première rencontre avec l'intersyndicale des agents du métro, après la grève lancée le 14 décembre, Pierre Cohen a affirmé : « Dans un souci de responsabilité, je souhaite restaurer la confiance parmi les personnels, garantir la mise en place rapide et efficace de l'Epic (établissement public industriel et commercial, en remplacement de l'actuelle régie, NDLR), et engager les démarches institutionnelles nécessaires à un partenariat durable en faveur des transports urbains. »

Ce jeudi 17 décembre, le président du Grand Toulouse a de nouveau rencontré l'intersyndicale au Capitole. « Il leur a expliqué qu'en tant que démissionnaire du conseil syndical, il n'avait plus de légitimité pour négocier avec eux, explique-t-on au Grand Toulouse. L'intersyndicale ne souhaite plus négocier avec Stéphane Coppey. Pierre Cohen leur a proposé de suspendre le mouvement de grève jusqu'à mercredi prochain et de nommer un médiateur pour aider à résoudre le conflit. Les syndicats semblaient satisfaits. »

Mais du côté des syndicats justement, la tendance est tout autre. « La rencontre s'est très mal passée, tempête Bernard Laguenie, délégué CGT et membre de l'intersyndicale. Pierre Cohen nous a dit qu'il n'y avait plus de direction à Tisséo, qu'il était dans l'incapacité de négocier avec nous dans l'immédiat. Depuis des mois, les salariés sont exaspérés, nous n'arrivons pas à négocier avec Tisséo. Ce qui se passe au sein de la gouvernance ne nous regarde pas, nous voulons des avancées maintenant. » Réunie en début d'après-midi, l'intersyndicale a voté la reconduction du mouvement pour le week-end. Elle dénonce les dissensions au sein de Tisséo. Ses revendications portent sur la grille des salaires des techniciens, les effectifs et la pénibilité du travail en équipes.

De son côté, Stéphane Coppey, joint par téléphone, a réagit cet après-midi à la déclaration de Pierre Cohen, jugeant l'annonce « faite de manière unilatérale, comme à son habitude, prise sans aucune concertation avec ses partenaires. Le résultat, s'il se déroule comme il le prévoit, ne règlera rien : on passera d'un président qui a su conserver la confiance et le contact avec les collectivités, à un président qui a rompu ces contacts. Lundi, nous arrivions en conseil syndical à la validation d'un projet consensuel de Plan de déplacement urbain. La dernière étude réalisée montre que le prolongement de la ligne B du métro ou tout autre moyen de transport pour desservir Labège coûterait approximativement la même chose. A la lumière de ce qui se passe, on peut se demander si le Grand Toulouse n'aurait pas tendance à se crisper et à être incapable de décider dès lors qu'il ne s'agit pas d'un leadership mais plutôt d'une décision collective. »

Stéphane Coppey, élu Vert de Balma, est à la tête de Tisséo en vertu d'un accord électoral conclu entre le PS et les Verts lors des élections municipales de 2008. « Pierre Cohen dénonce maintenant cet accord électoral, poursuit le président de Tisséo. Serais-je démissionné d'office avec ma collègue lundi lors du Conseil communautaire ? On verra bien. Je continue à croire que le bon sens l'emportera. Mais si Pierre Cohen est élu président, nous déposerons un recours suspensif devant le Tribunal administratif pour vérifier de la légalité de la procédure. » A quelques mois des Régionales, l'élu Vert estime qu'il « est trop tôt pour savoir si cette décision va rebattre les cartes. Il faudra se poser la question des alliances et des accords. » Sur le volet social, Stéphane Coppey juge « impossible de répondre à toutes les revendications des grévistes. Actuellement, les syndicats sentent que la gouvernance est fragilisée et s'estiment en position de force. Nous leur avons fait des propositions mais si nous leur donnons entière satisfaction et que les dispositions prises étaient ensuite réclamées et obtenues par l'ensemble du personnel, la répercussion totale serait de 8 millions d'euros par an. Ce n'est pas possible ! J'appelle à un dialogue constructif et nous nous tenons à la disposition des syndicats. »

Dans un communiqué intitulé « Tous otages d'un abus de pouvoir ! », le président de la Chambre de Commerce et d'Industrie de Toulouse, Claude Terrazzoni, estime « qu'à l'heure où il est demandé en cette période de crise à chacun de produire des efforts, l'arbitraire d'une minorité syndicalo-politique vient annihiler les attentes des entreprises et de la société toute entière. (...) L'ouverture des magasins du dernier dimanche avant Noël risque d'être sabotée et de fortement sanctionner nos commerçants dans cette dernière semaine capitale. Je mesure une nouvelle fois à travers cette grève du métro l'ostracisme à l'égard du monde économique. Et pourtant il faut savoir que les entreprises participent à hauteur de 181,6 millions d'euros soit 60 % des recettes de Tisséo (hors recettes commerciales). A l'heure où nous sommes en quête du moindre frémissement de croissance, il est temps d'arrêter de nous tirer nous mêmes une balle dans le pied ! Reprenons-nous avant qu'il ne soit trop tard ! »

En photo : Pierre Cohen, président du Grand Toulouse et Stéphane Coppey, président de Tisséo.

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