Startup : eMotion Tech, leader de l'imprimante 3D pédagogique

Avec 3 500 machines vendues chaque année, la startup toulousaine eMotion Tech est devenue leader en France de l'imprimante 3D à destination des publics scolaires. Trois ans et demi après sa création, la société planche désormais sur une imprimante multi-outils à visée industrielle et espère lever 300 000 euros en 2016.

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La startup eMotion Tech dans ses locaux toulousains.
La startup eMotion Tech dans ses locaux toulousains. (Crédits : Rémi Benoit)

Une imprimante 3D fabriquée avec des écrous et des boulons. Voilà ce qu'était à sa création en 2012 la startup eMotion Tech. "L'idée était que n'importe qui puisse monter son imprimante 3D avec ce qu'il a dans son garage, avec des objets qui ne servaient pas à cela", explique Guilhem Peres, le cofondateur. Trois ans et demi ont passé mais les créateurs de la startup ont conservé leurs "cadavres de machines" sur une étagère du garage de leurs locaux toulousains. La startup a bien grandi et est devenue le leader en France de l'imprimante 3D en kit à visée pédagogique.

"En France, il y a beaucoup d'importateurs et très peu de fabricants, donc ce n'est pas très difficile d'être leader. Le groupe Gorgé, coté en Bourse, s'est spécialisée dans la machine industrielle. Mais sur la petite machine à moins de 2 000 euros, nous sommes les seuls en France", relève Guilhem Peres.

eMotion Tech commercialise désormais 3 500 imprimantes par an, vendues entre 400 et 2200 euros et accompagnées de supports d'assemblage ou de cours. Car, au-delà de la clientèle d'indépendants (designers, architectes) traditionnelle de l'imprimante 3D, la startup mise sur les publics scolaires :

"Le marché de l'éducation représente 40 % de notre activité. Nous avons un partenariat avec Jeulin (éditeur de solutions pédagogiques pour l'enseignement scientifique et technique, NDLR) qui distribue nos imprimantes à travers toute la France, notamment dans les IUT génie mécanique et les écoles d'ingénieurs. Nous travaillons aussi avec des professionnels qui revendent auprès des établissements scolaires les machines", détaille le cofondateur de la société.

Le rêve ultime de la startup : que les programmes scolaires reposent sur ses machines. En attendant, eMotion Tech travaille sur des supports de cours en PDF en collaboration avec des professeurs d'écoles d'ingénieurs.

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                        Imprimante 3D en action (© photo Rémi Benoit).

Un "couteau suisse du numérique" en projet

Mais la grande stratégie de développement de la société toulousaine est de fabriquer, à terme, des machines à visée industrielle.

"Nous n'avons pas la prétention d'aller conquérir des grands donneurs d'ordre comme Airbus mais nous ciblons les PME qui cherchent un outil pour réaliser des études mécaniques, des prototypes ou de la petite série (de 50 à 100 pièces). L'idée est qu'à la fin de leurs études, les ingénieurs travaillent encore sur nos machines. Dassault a un peu ce système avec leur logiciel 3D. Ils fournissent des licences gratuites dans les écoles et quand les ingénieurs sortent de l'école, il leur faut ce logiciel. Nous voulons être un fil rouge, de la formation jusqu'à l'usage professionnel", avance Guilhem Peres.

Pour se faire, eMotion Tech planche sur un nouveau prototype d'imprimante 3D qui serait livré déjà assemblé pour réaliser des pièces industrielles. "Il s'agit d'une machine multi-outils, un couteau suisse du numérique. La machine est équipée d'une tête d'impression modulaire. On peut la changer et mettre à la place une tête de perceuse ou de fraiseuse pour réaliser de la découpe laser de matériaux", poursuit-il.

D'autres projets sont en cours. La startup a ainsi lancé en 2014 lors du salon de l'agriculture un plastique 100 % végétal conçu avec la société tarbaise Vegeplast :

"L'idée était de mettre au point un plastique qui n'a pas d'empreinte sur l'environnement, raconte Guilhem Peres. Aujourd'hui, nous utilisons un plastique venu de Chine, conçu à partir de matières fossiles, non recyclable et dont l'importation représente un très mauvais bilan carbone. À terme, nous aimerions vendre toute une gamme de plastique végétal. Mais, pour le moment, cela reste un marché de niche. Nous vendons à peine 50 kilos par mois de ce produit."

Une levée de fonds de 300 000 euros en 2016

Implantée dans le quartier des Pont Jumeaux à Toulouse, eMotion Tech travaille déjà avec un Esat pour travailleurs handicapés en Ariège, qui conçoit certaines parties des imprimantes. Financée depuis sa création sur fonds propres et avec l'aide des banques, la jeune société envisage pour la première fois une levée de fonds. Objectif : vendre 10 à 15 % des parts, soit 300 000 euros d'ici à mi-2016. La société cherche également à recruter un ingénieur pour compléter ses effectifs. Les Toulousains veulent enfin accélérer l'export en Europe. Déjà en contact avec des distributeurs aux Pays-Bas, au Luxembourg, en Belgique ou en Allemagne, eMotion Tech aimerait développer les ventes auprès des particuliers dans ces pays.

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Main fabriquée pour un enfant handicapé (© photo Rémi Benoit).

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