Dermatologie : Pixience à la pointe de l'imagerie 3D

Spécialisée dans l'imagerie dermatologique, la société toulousaine Pixience vient de développer une nouvelle technologie d'imagerie 3D pour réaliser des diagnostics sans pratiquer de biopsie. La startup mise sur l'innovation et des prix 30 % moins élevés que la concurrence pour percer sur le marché international. Fondée par des anciens des laboratoires Pierre Fabre, elle vise 3 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2018.
Le C-Cube, outil développé par Pixience pour photographier la peau
Le C-Cube, outil développé par Pixience pour photographier la peau (Crédits : DR)

Fondée en avril 2012, Pixience est une jeune société toulousaine spécialisée dans l'imagerie dermatologique et dermocosmétique. Installée dans la pépinière de Bordelongue, Pixience conçoit, industrialise et commercialise des dispositifs d'imagerie et de mesure.
Son outil phare : C-Cube, une caméra numérique permettant de photographier une petite superficie de peau en haute définition. "Notre dermoscope peut photographier 2 cm2 de peau en 10 millions de pixels afin de réaliser un diagnostic très précis", précise Sébastien Mangeruca, président de Pixience.

Images standardisées

À l'origine de cette société, six associés venus du service de recherche du traitement de l'image du groupe pharmaceutique Pierre Fabre, frustrés de ne pas trouver sur le marché l'outil dont ils rêvaient. "Fotofinder, l'acteur allemand historique de ce marché, n'a pas su faire évoluer son produit et n'en proposait pas un doté d'images standardisées, relate Sébastien Mangeruca. C'est pour cela que nous avons créé Pixience."

Développés à Toulouse et fabriqués par une PME bordelaise, les dermoscopes de Pixience sont en effet calibrés en usine pour fournir des images aux couleurs identiques. "Nos concurrents font des balances des blancs, mais nous allons plus loin en calibrant l'ensemble du spectre de lumière et en interdisant tout réglage sur l'appareil", assure Sébastien Mangeruca.

3 million d'euros de chiffre d'affaires en 2018

L'entreprise propose également ses services à d'autres sociétés pour les aider à concevoir des produits ou à analyser des images. C'est d'ailleurs sa principale source de revenus. Mais depuis la mise sur le marché du dermoscope C-Cube en 2013, le rapport entre les deux activités tend cependant à s'inverser.

Proposé avec deux logiciels, l'un pour les dermatologues, l'autre pour les études cliniques des groupes pharmaceutiques, le C-Cube est principalement vendu en France, directement par Pixience.

"Fotofinder et Visiomed, nos deux principaux concurrents, sont allemands. Leur matériel a toujours été très cher. Le prix du C-Cube est 30 % moins élevé, assure Sébastien Mangeruca. Nous réalisons une plus-value en proposant différentes éditions logiciels qui facilitent la pratique des dermatologues, mais nous proposons à tous la même qualité d'image."

Malgré une "concurrence rude sur ce marché de niche", Pixience compte sur l'international pour réaliser la majeure partie de son chiffre d'affaires. "Nous rentrons à peine sur le marché international, mais, pour le C-Cube, nous visons un chiffre d'affaires d'un million d'euros à l'export et de 600 000 euros en France en 2020, annonce Sébastien Mangeruca. Nous avons cinq distributeurs actuellement. Notre objectif est d'être distribués là où sont nos concurrents."

En 2014, Pixience a doublé son activité en réalisant un chiffre d'affaires de 521 000 euros, et vise les 800 000 euros cette année. En 2018, l'entreprise toulousaine compte réaliser un chiffre d'affaires de 3 millions d'euros, tous produits confondus.

"Nous sommes rentables depuis notre création. Hormis cette année, du fait d'investissements dans la recherche et pour développer le réseau commercial, reconnaît Sébastien Mangeruca. Mais nous le serons à nouveau l'an prochain."

Une nouvelle technologie 3D

Pour maintenir son avance, Pixience a en effet développé un système de capture 3D de zones de la peau, basé sur la "stéréophotométrie", une technologie de l'équipe Vortex du laboratoire Irit (Institut de Recherche en Informatique de Toulouse).

"Nous avions recensé ce besoin de 3D mais nous n'avions ni les ressources, ni les compétences en interne pour le développer, explique Sébastien Mangeruca. Travailler avec l'équipe Vortex nous a permis de gagner du temps et de ne pas fragiliser notre entreprise en recrutant."

Cette collaboration, suivie par Toulouse Tech Transfer, est une première pour la jeune entreprise toulousaine. "En un an, nous avons réussi à atteindre voire même à dépasser nos objectifs initiaux, et ceci en concevant un produit qui nous permet aujourd'hui de nous distinguer de nos concurrents, se félicite Romain Vié, chef de projet à Pixience. Le suivi de projet assuré par TTT et l'excellente collaboration entre les équipes a fait de ce partenariat un réel succès."

L'imagerie 3D permettra aux dermatologues d'observer la peau avec de nouveaux critères, comme le relief cutané d'une lésion par exemple. Grâce à ce "diagnostic virtuel non invasif", cette nouvelle technologie pourrait notamment réduire fortement la pratique de la biopsie lors de la détection de mélanome.

Outre cette innovation, Pixience développe également une mire colorométrique afin de standardiser la qualité des images prises, quel que soit l'appareil. "Cela permettra par exemple à une infirmière de prendre en photo la peau avec son téléphone ou une tablette et de transmettre l'image au dermatologue", prévoit Sébastien Mangeruca. Ce nouveau service pourrait être mis sur le marché en 2016.

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