Débats organisés par Les Chalets : les défis des bailleurs sociaux au coeur des discussions

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Le groupe des Chalets organisait aujourd'hui avec Objectif News une matinée de débats sur "les défis du bailleur social de demain", dans le cadre de la première semaine nationale des HLM. Financements, modes d'attribution, plan de relance, gestion du foncier... Aucun sujet n'a été occulté.

Élus, acteurs du logement social, promoteurs... Tous ont répondu présents à l'invitation du groupe des Chalets ce lundi pour une séance d'échanges sur l'avenir du logement social. L'événement s'est tenu à l'occasion de la première semaine nationale des HLM, dans les salons du Conseil Général qui est aussi depuis 2000, l'actionnaire majoritaire du groupe des Chalets. " Compte tenu du rôle majeur que nous jouons en matière de production de logements sociaux, nous avions toute légitimité à organiser cette matinée", a pointé Pierre Izard, le président du Conseil Général en guise d'ouverture. Il a rappelé le rôle majeur de sa collectivité aussi bien "en production de logements sociaux qu'en matière de soutien aux personnes démunies". Le Groupe des Chalets pour sa part, gère 11 000 logements sociaux en Midi-Pyrénées et en a livré 900 cette année, il affiche en ce moment 5 opérations d'aménagement en cours.

Le logement social reste en effet une question cruciale, en matière de relance du logement quand on sait qu'actuellement 60 % des ménages en France y sont éligibles. Sensible aussi alors que 2013 se profile comme un mauvais cru en matière de construction. On estime que 280 000 logements neufs devraient être produits cette année dont 80 000 logements sociaux : loin de l'objectif des 500 000 (dont 150 000 logements sociaux).
"Pour atteindre ces objectifs, nous disposons néanmoins de plusieurs leviers déjà très identifiés", a estimé Jean-Michel Fabre, président du GIE Garonne Développement et de l'OPH 31, "notamment le passage de la TVA à 5 % dans le cadre d'un plan d'investissement d'urgence annoncé par le gouvernement et le partenariat instauré entre la Caisse des Dépôts et les collecteurs du 1% logement qui devrait mettre à disposition un montant important de l'ordre d'1 milliard d'euros, a-t-il détaillé.
Sur le terrain, les acteurs du logement social sont surtout confrontés aux difficultés d'acquérir du foncier à des prix raisonnables. Sur cet aspect, le Conseil Général a annoncé la mise à disposition imminente à bas prix de plusieurs terrains lui appartenant dans l'agglomération toulousaine. "Cette disposition concerne deux terrains à L'Union et Bruguières et deux à Toulouse. Le groupe des Chalets y construira 150 à 200 logements", a confié Bertrand Bourrus chargé de mission logement social auprès du Conseil Général. Les questions d'aménagements et d'accession sociale restent les autres préoccupations fortes des bailleurs.

Ré-enchanter le logement social

Mais derrière les batailles de chiffres se cachent des familles et des parcours de vie... Sur ce point, la sociologue Marie-Christine Jaillet, grand témoin de la matinée, a jeté un pavé dans la mare. "Il est légitime que les bailleurs sociaux se posent la question de l'accession et de l'accession sociale, mais aujourd'hui, alors que les parcours de vie sont instables, ne faut-il pas plutôt se poser la question de revaloriser le statut de locataire et ré enchanter le logement social !"
Autre sujet à controverse : les conditions d'attribution des logements sociaux. Sur ce point tous experts dénoncent la méthode du scoring qui fonctionne avec un guichet unique et un système de barème, préconisé dans le projet de loi sur le logement. "Le scoring donne l'illusion de l'égalité des citoyens devant l'attribution des logements sociaux, mais je ne suis pas certain qu'il soit la solution" a jugé Bertrand Bourrus. " Cette méthode n'a lieu d'être que dans un parc de logements fluides", a ajouté Marie-Christine Jaillet. C'est évidemment loin d'être le cas dans notre région qui accuse toujours un retard important, à l'exception de Toulouse qui affiche à ce jour un honorable 20 % de logements sociaux. Pourtant, même avec ce bon score, la capitale régionale ne sera bientôt plus en phase avec les 25 % nouvellement fixé.

Béatrice Girard
©photo Rémi Benoit

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