Jean-Luc Moudenc, élu président de Toulouse Métropole, précise sa méthode de travail

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Jean-Luc Moudenc, nouveau président de Toulouse Métropole
Jean-Luc Moudenc, nouveau président de Toulouse Métropole (Crédits : Rémi Benoit)
90 voix pour, 44 bulletins blancs ou nuls. Jean-Luc Moudenc a été élu ce matin 24 avril à la présidence de Toulouse Métropole. Un mandat qu'il entend placer sous le signe du consensus et de la coopération. En témoigne la liste - plurielle - de ses vice-présidents. Une main tendue que l'opposition semble prête à saisir, tout en restant vigilante.

L'ambiance était studieuse ce matin, dans la salle Mermoz, à Toulouse. Les 134 nouveaux délégués communautaires de Toulouse Métropole étaient appelés à élire leur président. Un scrutin qui s'est révélé sans surprise. Le maire de Toulouse Jean-Luc Moudenc, seul candidat en lice, a été élu avec 90 voix, contre 44 bulletins blancs ou nuls.

"Un large rassemblement s'est opéré, constate l'édile. J'en suis heureux, car c'est très exactement l'état d'esprit qui m'anime. Et c'est d'ailleurs dans la tradition de notre collectivité." Avant d'esquisser les grands contours de sa future politique, le nouveau président de Toulouse Métropole a tenu à avoir "une pensée amicale et respectueuse" pour ses prédécesseurs. Pour Dominique Baudis, Philippe Douste-Blazy, mais aussi pour Pierre Cohen : "Il a transformé la communauté d'agglomération en communauté urbaine, qu'il en soit remercié." Et de préciser : "Je ne suis pas dans un état d'esprit négatif ou de vengeance. Beaucoup de choses ont été faites et bien faites."

Une stratégie de la coopération
Ce souci d'ouverture, Jean-Luc Moudenc l'a instillé à l'ensemble de son intervention. "Nous sommes actuellement dans une dynamique de montée en puissance de la métropole, constate-t-il. Mais il est important que tout cela se fasse dans le respect de l'identité communale. Nous devons rechercher tous ensemble l'équilibre par le dialogue. Je veux travailler en amitié et en coopération avec les communes et les autres intercommunalités. Nous devons faire vivre le débat, affirmer un pluralisme, ne renoncer à aucun point de nos identités et, en même temps, coopérer. L'intérêt général doit commander nos débats et nos décisions."

Vingt vice-présidents
Une ligne stratégique qui a conduit le nouvel homme fort de Toulouse Métropole à s'entourer de vice-présidents représentatifs de la pluralité politique de la communauté urbaine et issus de l'ensemble du territoire métropolitain. Ils sont vingt à avoir été élus (lire notre article). "Nous sommes clairement dans un modèle de co-construction, dans une démarche consensuelle", glisse Pierre Esplugas, fidèle lieutenant de Jean-Luc Moudenc et adjoint aux musées à la Ville de Toulouse.

Une "rigueur" financière
Pour Jean-Luc Moudenc, le développement de la métropole toulousaine doit aller de pair avec "le maintien d'un niveau d'investissements soutenu", certes, mais aussi avec "la reconstruction d'une épargne et une rigueur financière". "Si nous ne voulons pas renoncer à nos ambitions, nous devons faire un exercice de revisite de notre politique budgétaire, faire preuve d'imagination, assure-t-il. Nous devons optimiser nos dépenses et maîtriser encore davantage notre fonctionnement. Je souhaite que nous fassions le point sur la mutualisation qui peut être opérée en termes de dépenses entre les communes et les communautés de communes."

Quatre défis à relever
Côté programme, le nouveau président de Toulouse Métropole a déterminé quatre défis à relever. "L'habitat, tout d'abord, explique-t-il. Nous devons être volontaristes, tout en écoutant nos concitoyens qui ne souhaitent pas que le rythme d'urbanisation se fasse n'importe comment et à marche forcée. Nous devons tendre vers une densité urbaine plus modérée." Autre défi : celui des déplacements. "Nous devons faciliter la mobilité au sein de la métropole, assure Jean-Luc Moudenc. Les projets que j'ai portés pour Toulouse, que ce soit la troisième ligne de métro ou la seconde rocade, sont en réalité d'intérêt métropolitain." Sur le plan du développement économique, l'élu souhaite notamment "accompagner la montée en puissance du campus de Montaudran", "redynamiser le projet de l'Oncopole" et "donner davantage d'efficience à l'Agence de développement économique". Enfin, le dernier défi est pour Jean-Luc Moudenc celui du rayonnement de la métropole.

Entre confiance et vigilance
Du côté de l'opposition, si la vigilance est de mise, la volonté de coopération est affichée. "Dans ce moment où, au fond, chacun s'inquiète plus de l'avenir qu'il ne craint réellement le présent, notre responsabilité commune est immense", estime Claude Raynal, maire de Tournefeuille et nouveau président du groupe socialiste de la communauté urbaine. L'homme, qui souhaite s'inscrire "dans cette volonté de bâtir l'avenir de notre métropole, de favoriser les actions qui nous paraîtront aller dans le bon sens", n'oubliera cependant pas de "faire connaître ses oppositions en cas contraire". Et d'ajouter, à l'adresse du nouveau président de Toulouse Métropole : "Après Pierre Cohen qui l'a joué pendant six ans "fortissimo" c'est à votre tour de donner le tempo".

Joseph Carles (PRG - nouveau président de la commission Finances), lui, se dit prêt à "apporter sa contribution dès lors que les propositions permettront aux spécificités des communes de s'exprimer". L'homme entend faire partie d'une "minorité agissante, constructive, dans l'intérêt métropolitain". Et de conclure : "Nous restons bien entendu très attentifs et très vigilants, et nous faisons le choix de la confiance, Monsieur le président, dans votre capacité à transcender les clivages."

Pierre Lacaze (groupe communiste, républicain et citoyen) voit cependant un grand absent dans le discours de Jean-Luc Moudenc : "la solidarité". "Nous demandons aujourd'hui plus que des déclarations d'amour, lance-t-il. Nous voulons des preuves."

Un avis partagé par l'ancien maire de Toulouse, Pierre Cohen. "J'entends cette volonté de consensus, confie-t-il. Mais en politique, ce qui compte, ce sont les faits et les réalisations concrètes."

Enfin dans l'après-midi, Antoine Maurice (EELV) qui avait soutenu Pierre Cohen pour les municipales, a tweeté : "Le nouveau président de Toulouse Métropole Jean-Luc Moudenc a fixé son cap : une liste de grands projets intenables car pas financés... #sobriété #écologie"

Alexandre Léoty
© photo Rémi Benoit

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