Genoskin : la startup qui valorise des échantillons de peau ouvre une unité de production aux États-Unis

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La technologie brevetée de Genoskin permet de maintenir en vie des échantillons de peau pendant sept jours
La technologie brevetée de Genoskin permet de maintenir en vie des échantillons de peau pendant sept jours (Crédits : Genoskin)
La startup toulousaine Genoskin met des échantillons de peau humaine à la disposition des laboratoires de recherches sous forme de kits. Destinés à tester la toxicité de produits cosmétiques ou pharmaceutiques, ces outils biologiques sont une alternative à l’expérimentation animale. Devant le succès d’un service unique au monde, Genoskin planifie d’ouvrir une deuxième unité de production à Boston et prépare une levée de fonds.

"La technologie brevetée Genoskin permet de maintenir en vie des échantillons de peau pendant sept jours, ce qui nous laisse le temps de les livrer aux laboratoires pour qu'ils réalisent leurs expériences", résume Pascal Descargues, co-fondateur de la startup toulousaine. Depuis six ans, la société récupère des restes de peau humaine issus d'opérations de chirurgie plastique comme l'abdominoplastie.

"Comme si la peau était encore vivante"

Puis, la startup transforme ces biopsies de peau en échantillons utilisables par les laboratoires de recherche. Préservée dans un gel spécial, la peau peut être maintenue en vie et ainsi subir des tests d'efficience de médicaments ou de toxicologie pour les cosmétiques :

"Normalement, quand un tissu est prélevé sur le corps humain, il meurt rapidement, affirme Pascal Descargues. Mais grâce à notre procédé, des tests peuvent être effectués comme si la peau était encore vivante, avec toutes ses caractéristiques : cellules immunitaires, élasticité, capacité à bronzer... Ces échantillons sont la dernière étape juste avant l'essai clinique".

Les concurrents de Genoskin, de leur côté, utilisent souvent la congélation ce qui dégrade inévitablement certaines propriétés de la peau. D'autres, fabriquent des tissus artificiels à partir d'imprimantes 3D, mais qui sont loin de reproduire la complexité du tissu humain. À ce jour, le service fourni par Genoskin est donc unique au monde.

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La surface de la peau est directement accessible au coton tige du laborantin. (Crédits photo : Genoskin)

Des kits standardisés

La startup réalise ses kits de peau standardisés, directement utilisables par les laboratoires, dans son unité de production au Centre Pierre Potier à l'Oncopole de Toulouse. Les groupes cosmétiques L'Oréal ou Estée Lauder font notamment partie de ses clients. Dans le domaine médical, LEO Pharma (médicaments contre le psoriasis et certains cancers de la peau) et Allergen (fabriquant de botox) ont également été séduits par les kits Genoskin.

 "Chaque kit est vendu 3600€, ce qui permet aux laboratoires de multiplier les tests pour un coût bien moindre qu'un essai clinique classique pour lequel il faut débourser des centaines de milliers d'euros, explique le co-fondateur de Genoskin. Cette recherche préclinique est également moins onéreuse que les tests sur animaux et permet de contourner les problèmes d'éthique".

Pascal Descargues, ex-chercheur dans le domaine des maladies génétiques de la peau, a d'ailleurs lui-même beaucoup travaillé sur des animaux et connaît donc bien les limites éthiques et scientifiques ce type d'expérimentation.

Lire aussi : Pascal Descargues, la recherche dans la peau

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50% du marché de la société se trouve aux États-Unis. Crédits : Genoskin

Nouvelle unité de production à Boston

Ainsi, le succès des échantillons de peau Genoskin dépasse aujourd'hui largement les frontières d'Occitanie: Amérique du Nord, Europe, Japon, Malaisie... Toutefois, la startup qui réalise 80% de son chiffre d'affaires à l'étranger - 500 000€ en 2016 et 700 000€ prévus cette année - souhaite encore optimiser sa logistique. En effet, Genoskin garantit une livraison de son produit en 24h en Europe, deux jours en Asie, et quatre aux États-Unis à cause des formalités douanières. Or, 50% du marché de la société se situent aux États-Unis. D'où la création prochaine d'une nouvelle unité de production dans le Massachusetts:

"Dès mars 2018, nous voulons pouvoir collecter les échantillons de peau directement aux États-Unis, puis les transformer et les livrer depuis notre nouvelle unité de production à Boston, avance Pascal Descargues. Cette nouvelle filiale 'Genoskin Inc' représente un investissement d'1,5 M€ et nous discutons actuellement avec des investisseurs pour une levée de fonds".

En avril 2017, Genoskin a remporté les "Trophées Défis d'entreprise", catégorie innovation, organisé tous les deux ans par le Club d'Entreprise de l'Ouest Toulousain basé à Colomiers.

Voir aussi : l'interview filmée de Pascal Descargues

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Commentaires
a écrit le 23/08/2017 à 8:30 :
Je pensais que tous les "restes" d'operations medicales etaient traites pour etre elimines. Quelle est la legalite de cette recolte et qui la supervise ?

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