À Toulouse, Sunwaterlife invente un purificateur d'eau pour l'Afrique

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Christophe Camperi-Ginestet et Hervé Le Berre ont fondé Sunwaterlife
Christophe Camperi-Ginestet et Hervé Le Berre ont fondé Sunwaterlife (Crédits : Rémi Benoit)
La start-up toulousaine Sunwaterlife a mis au point une malle portable équipée de panneaux solaires et capable de purifier 800 litres d'eau potable par jour. Intégrés au sein de l'incubateur Midi-Pyrénées, les fondateurs de la société visent en priorité les zones isolées d'Afrique. Ils viennent de lancer une levée de fonds de 300 000 euros sur la plateforme de crowdfunding Wiseed.

Hervé Le Berre fait rouler la grosse malle noire comme une valise. À l'intérieur sont nichés des panneaux solaires dépliables et le purificateur d'eau. Équipé d'une pompe, le système aspire l'eau douce et la fait passer par différents microfiltres pour la rendre potable. "Le purificateur peut traiter 800 litres par jour et il suffit de 5 minutes pour le mettre en marche", lance Christophe Camperi-Ginestet.

Formé à Toulouse, l'ingénieur et docteur en micro-électronique vient de lancer avec son associé Hervé Le Berre la commercialisation du purificateur Aqualink. Les fondateurs de la start-up Sunwaterlife sont tous les deux des experts en énergie renouvelable. En 2006, ils ont créé ensemble une société de panneaux solaires. En France, le marché est plutôt morose et, à l'époque, "la règlementation change tous les six mois". Dès 2009, les deux associés se tournent vers le marché africain. Sur le terrain, ils remarquent que "les zones où il n'y a pas d'électricité sont aussi celles où il n'y a pas d'accès à l'eau potable : c'est la double peine. Mais pour ces populations, l'accès à l'eau potable est plus important que l'électricité, qui relève du confort."

Un purificateur pour endiguer les maladies liées
à l'eau insalubre en Afrique

"Les animaux font leurs besoins dans l'eau. Elle est contaminée avec un risque élevé de virus, de bactéries ou de toxines (arsenic, plomb, fluor). En Afrique, chez les enfants, la mortalité liée à l'eau non potable est supérieure à celle due à la guerre. Selon l'Unicef, un enfant meurt toutes les 15 secondes d'une maladie imputable à de l'eau insalubre. Et puis, les enfants qui vont chercher l'eau ne vont pas à l'école pendant ce temps-là", rappelle Christophe Camperi-Ginestet.

De ce constat naît l'idée d'un purificateur d'eau portable à destination des zones isolées les plus touchées par cette eau impropre à la consommation. "Le système devait être simple d'utilisation et ne nécessiter pratiquement aucune maintenance. Dans certains pays, Médecins sans frontières a mis en place des pompes à bras pour purifier l'eau mais les habitants ne les utilisaient plus uniquement car un écrou s'était dévissé et qu'ils ne savaient pas comment le réparer !", poursuit l'ingénieur. Autre contrainte technique, la malle devait peser moins de 60 kilos : "Dans l'armée, c'est le maximum qu'il est possible de porter à dos d'homme", explique Christophe. La malle fait finalement 40 kilos et, grâce aux panneaux solaires, elle peut fonctionne de manière autonome, même dans la brousse.

Une campagne de crowdfunding sur Wiseed pour lever 300 000 euros

 Pour le moment, cinq appareils ont été vendus au Cameroun, au Niger et au Laos.

"Nous ciblons les ONG, l'armée, les gouvernements et les promoteurs immobiliers. Au Niger, le gouvernement cherche à déployer le système pour enrayer l'épidémie de choléra qui touche le pays. Les États peuvent l'utiliser aussi pour les postes de police ou de douane. Dans les camps de réfugiés, cela peut endiguer les épidémies", détaille le cofondateur de Sunwaterlife.

Vendu à 6 000 euros, le système a un coût de revient de 0,5 centime le litre dans des pays où une bouteille d'eau est vendue entre 20 et 60 centimes d'euros. Pour l'instant, les malles sont fabriquées à Toulouse au sein même de l'Incubateur Midi-Pyrénées où la start-up est hébergée depuis l'automne. La société espère vendre 50 mallettes en 2015 et un sous-traitant s'est déjà manifesté à Toulouse pour les produire en série. Pour accélérer la commercialisation et son développement, la start-up a lancé le 27 mars dernier une campagne de financement participatif sur la plateforme régionale Wiseed. Objectif : lever 300 000 euros. En parallèle, les deux associés veulent mettre au point d'ici l'été un purificateur d'eau potable pour... l'eau salée cette fois.

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Commentaires
a écrit le 19/09/2015 à 12:03 :
Bravo d'avoir eu cette idée afin d'alimenter en eau potable les zones arides d'Afrique. Il fallait rendre assez facile l'utilisation de cette machine et vous l'avez très bien compris. Je suis de tout coeur avec vous pour que cette invention persiste longuement dans le temps. GUY BLASCO

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