Malgré des résultats en baisse, la Shem modernise ses centrales hydroélectriques dans le Sud-Ouest

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Barrage du lac d'Artouste dans les Pyrénées Atlantiques
Barrage du lac d'Artouste dans les Pyrénées Atlantiques (Crédits : Shem/A. Frespuech)
Troisième opérateur hydroélectrique français après EDF et la CNR, la Shem, filiale d'Engie, affiche des résultats en baisse en 2015 du fait des conditions météo. Malgré cela, elle poursuit la modernisation des installations et prévoit d'investir 40 millions d'euros en 2016.

Dans les Pyrénées, sur la Dordogne et le Lot, la Société hydroélectrique du Midi (Shem) gère 12 grands barrages et 56 centrales. Avec une puissance installée de 783 megawatts, la filiale d'Engie est le deuxième producteur d'hydroélectricité en France après EDF, qui domine le secteur et la Compagnie nationale du Rhône (dont Engie est actionnaire minoritaire).

Caractérisée par un hiver doux et de faibles précipitations, 2015 est une année moyenne en termes de résultats pour la Shem, qui a produit 1,425 terawatt/heure, soit la consommation électrique de 700 000 habitants. En 2010, une année de référence, la Shem avait produit 1,8 TWh, soit l'équivalent de la consommation d'un million de personnes.

En conséquence, le chiffre d'affaires de la Shem est de 85,5 millions d'euros en 2015 contre 89 millions l'an passé. Son résultat net atteint quasiment 6 millions d'euros. "C'est une année moyenne mais le résultat reste bon", se contente Pierre Chambon, directeur général de la Shem.

Outre la production d'électricité, la Shem a développé l'an dernier un service d'équilibrage du réseau électrique. "Nous nous sommes engagés vis-à-vis de RTE (Réseau de transport d'électricité) à produire de l'électricité à sa demande afin d'équilibrer le réseau électrique en cas de baisse de production des énergies renouvelables", explique Pierre Chambon. À l'heure actuelle, ce service représente moins d'un million d'euros de chiffre d'affaires. Il pourrait se développer dans les années à venir.

Des investissements soutenus

Malgré un contexte tendu du fait d'une baisse du prix de vente de l'électricité (35 euros le Megawatt/heure) et de la consommation, l'opérateur hydroélectrique a maintenu des investissements importants en 2015. Sur les 23,175 millions d'euros mobilisés, 21,4 millions ont été consacrés à la maintenance des centrales et des barrages. Ainsi, la station de pompage de Pouchergues, dans la vallée du Louron (Hautes-Pyrénées), et l'usine du lac d'Artouste ont fait l'objet de rénovations. Dans le Béarn, la centrale de Nay a été modernisée pour un investissement de 1,3 million d'euros. Deux micro-centrales ont été construites à Uzerche, en Corrèze, pour un montant de 2,6 millions d'euros.

En 2016, 40 millions d'euros d'investissements sont prévus, notamment pour les barrages de Marèges, des Essarts, de l'Oule et de Bious.

Grandir dans le Sud-Ouest

Du fait de l'ouverture à la concurrence du marché hydroélectrique voulu en 2010 par Jean-Louis Borloo, alors ministre de l'Écologie, ce secteur - très fermé et dominé par EDF - pourrait évoluer prochainement. Depuis octobre dernier, la Commission européenne et le gouvernement négocient à ce sujet.

Une ré-attribution des concessions pourrait jouer en la faveur de la Shem dont l'ambition est "de grandir dans le Sud-Ouest, dans les vallées où nous nous trouvons déjà", selon le directeur général de la Shem.

"La Shem a de forts atouts, détaille ce dernier. Elle maîtrise son outil de production, possède son propre centre de maintenance et conjugue la souplesse d'une PME alliée à la solidité d'un groupe comme Engie."

Concernant ses propres concessions, dont 70 % doivent être renouvelées depuis 2012, Pierre Chambon n'est pas inquiet. "Nous attendons toujours un calendrier de la part du gouvernement, expose-t-il, mais du fait de nos investissements, nous sommes confiants."

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Commentaires
a écrit le 12/10/2017 à 19:05 :
Bonjour, ce n'est pas la première fois que je vois que la SHEM modernise ces centrales, mais cela ressemble beaucoup à une campagne publicitaire, car sur certaines des petites centrales au fil de l'eau mentionnées dans un article ou un autre, les travaux se font toujours attendre deux ans après...cela vaudrait peut être le coup de vérifier les promesses ;-)

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