En visite hier à Toulouse, Pierre Gattaz lance "un cri d’alarme"

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Pierre Gattaz, président du Medef, en visite le 2 avril à Toulouse
Pierre Gattaz, président du Medef, en visite le 2 avril à Toulouse (Crédits : Alexandre Léoty)
De passage hier 2 avril à Toulouse à l’occasion de la 5e édition de la Grande tribune du Medef 31, Pierre Gattaz, président national du Medef, a appelé le gouvernement à aller "jusqu’au bout" du Pacte de responsabilité et à faire confiance à l’entreprise, "professionnelle de l’emploi et de la croissance".

C'est un "cri d'alarme extraordinaire" qu'a lancé Pierre Gattaz hier 2 avril. En visite à Toulouse à l'occasion de la 5e édition de la Grande tribune du Medef 31, le président national du Medef a de nouveau demandé au gouvernement de poursuivre ses réformes économiques. Avec un satisfecit, tout d'abord. Le patron des patrons a tenu à saluer l'initiative de Bercy, qui publie une liste noire d'une quinzaine de montages fiscaux non conformes au droit.

"C'est une bonne chose, assure Pierre Gattaz. Cela permet de donner de la visibilité et de la lisibilité à la fiscalité française, qui est très compliquée. Ne pas piéger les PME, mais les prévenir en amont, est une méthode vertueuse. Tout ce qui va dans le sens de la clarté, de la pédagogie et de la prévention va dans le bon sens".

Mais pour le reste, le président du Medef reste sur sa faim. "Il faut que le gouvernement aille jusqu'au bout du Pacte de responsabilité de 40 milliards d'euros, martèle-t-il. Et pour que les entreprises investissent, il faut à tout prix restaurer la confiance, en assurant notamment une sérénité fiscale. Si on libère les freins à l'embauche, on aura de l'emploi. Et  il faut relancer l'investissement par des mesures incitatives". L'homme croit beaucoup à l'investissement public, notamment dans le secteur des travaux publics.

"Pour cela, il faut que les collectivités réduisent leurs dépenses de fonctionnement, pas leurs investissements. C'est ce que font les entreprises quand elles sont en crise. Mais il faut du courage. Et aujourd'hui, je n'en vois pas chez les politiques."

"Si nous restons figés, nous allons mourir"

Sur le plan du dialogue social, l'élu patronal attend avant tout de la simplification. "Depuis quarante ans, ce dialogue s'est complexifié, assure-t-il. Nous restons enfermés dans un dialogue de posture, de bureaucratie et d'opposition. Nous voulons un dialogue de construction. Dans un monde qui bouge à toute vitesse, avec la mondialisation et la montée en puissance du numérique, si nous restons figés, nous allons mourir."

Pour Pierre Gattaz, dans un contexte marqué par l'absence "d'espérance, de vision et de cap", la solution ne peut venir que de l'entreprise. "Il faut se mettre en mouvement et arrêter de faire de la politique politicienne, scande-t-il. Dépolitisons le dialogue social, l'économie, l'entreprise ! L'injustice majeure, c'est le chômage. Donc il faut créer de l'emploi. Si les politiques et les partenaires sociaux ne le comprennent pas, la situation va se dégrader, et vous aurez ce que vous aurez en 2017...".

Pierre Gattaz insiste. Pour lui, seule l'entreprise peut permettre au pays de se redresser : "Faites confiance aux professionnels de l'emploi et de la croissance, c'est nous !".

Aux "donneurs de leçons de morale", l'homme rétorque : "Ont-ils déjà créé un seul emploi dans leur vie ? Qu'ils créent une boîte et après on en reparlera !".

Le président du Medef, qui arbore toujours sont fameux pin's promettant la création d'un million d'emplois en cinq ans, dit toujours y croire. "On peut le faire, assure-t-il. Avec l'euro, les prix de l'énergie et les taux d'intérêts très bas, nous avons actuellement une conjonction d'étoiles dont on n'aurait jamais rêvé. Il faut en profiter. Il faut aller chercher la croissance. Si on attend qu'elle arrive, ce sera mortel."

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