La Ferme Ô Pâtes, cette nouvelle marque toulousaine de pâtes, farines, et huiles qui séduit

Installés à Sepx, en Haute-Garonne, deux agriculteurs ont récemment lancé leur propre gamme de pâtes sèches, de farine et d’huile sous la marque La Ferme Ô Pâtes. Du champs à l’assiette, ils maitrisent l’ensemble des étapes de la chaîne de valeur depuis leur exploitation. Avec une production de 400 kgs de pâtes par semaine, la petite structure a prévu d’attendre les 12 tonnes pour son année de démarrage. Grâce à sa polyculture, la société devrait vite diversifier sa gamme avec des produits à base de colza, de soja ou des oléagineux.

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Christine Julien et Florian Legay, les fondateurs de La Ferme Ô Pâtes.
Christine Julien et Florian Legay, les fondateurs de La Ferme Ô Pâtes. (Crédits : La Ferme Ô Pâtes)

Un tiers du blé mondial provient de l'Ukraine et de la Russie. Le blocus des récoltes pour l'un et les sanctions internationales pour l'autre, ont rendu les exportations impossibles et mis en difficultés un grand nombre de pays dont la France et démontré l'importance de produire localement. Depuis Sepx, dans le Comminges, en Haute-Garonne, un couple d'agriculteurs a décidé de créer sa propre marque de pâtes sèches et de farines, La Ferme Ô Pâtes.

"Avec mon conjoint, Florian Legay, nous voulions un projet de transformation. La chose qui semblait la plus évidente était la transformation de lait puisque nous avons des vaches laitières et sommes des producteurs laitiers. Mais nous avons vite écarté cette idée puisque des collègues autour de nous le font déjà et très bien. Florian a eu l'idée de faire de la farine et moi un produit fini comme des pâtes. Nous avons donc étudié le projet et établit un business plan", raconte Christine Julien, cofondatrice de La Ferme Ô Pâtes, lancée en décembre 2021.

Ils ont donc entamé des travaux, au sein de la ferme située à une heure de Toulouse et 15 minutes de Saint Gaudens, pour obtenir un bâtiment de stockage, un outil de triage et de nettoyage du grain, un moulin, un bâtiment neuf où installer l'atelier et de machines de production italiennes, etc. En tout le projet a nécessité un investissement global de près de 300.000 euros. Une partie du financement est obtenue auprès du conseil régional d'Occitanie dans le cadre d'un contrat agritourisme.

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Maîtrise de la chaine de valeur

Ainsi, leur polyculture de 148 hectares, dont près de 40 % sont dédiés à la culture de céréales, d'oléagineux et autres au grès des années, sert à produire une large gamme de produits locaux, 100 % made in Haute-Garonne. Désormais, depuis décembre dernier, la petite entreprise propose une gamme de sept formes de pâtes différentes (penne, fusilli, torsades, nouilles, etc) au blé tendre et deux types de farines de blé (blanche et semi-complète).

Du semis des champs au conditionnement en passant par la récolte et la transformation, tout est fait sur place, au sein de la petite exploitation. Le couple d'agriculteurs/éleveurs maîtrise entièrement sa production, du champs à l'assiette et n'achète aucune matière première à l'extérieur. Chez La Ferme Ô Pâtes l'idée est de transformer tout ce qui est produit.

"Cette année nous avons eu du blé pour faire de la farine et des pâtes mais aussi du tournesol et donc nous faisons aussi de l'huile depuis peu de temps. Nous espérons, l'année qui vient et les suivantes, faire du colza qui sera transformé en huile. Nous voulons aussi diversifier la partie pâtes et farines avec du sarrasin, du blé noir et essayer d'autres cultures. Par exemple, nous venons de semer des lentilles pour voir ce que cela va donner vu que ce n'est pas une culture classique dans notre zone", explique la dirigeante de la société.

La Ferme Ô Pâtes

Pour l'heure, la gamme compte une dizaine de références (Crédits : DR)

Le choix du circuit cours pour la commercialisation

Chaque semaine, ce sont près de 400 kilos de pâtes et une centaine de kilos de farine qui sont produits dans le petit atelier de la société. Pour sa première année, La Ferme Ô Pâtes prévoit d'atteindre une production d'une douzaine de tonnes de pâtes.

"Nous sommes sur des tendances un peu plus hautes que ce que nous avions prévu dans notre business plan", se réjouit l'agricultrice, surprise par le succès des produits. Afin de suivre cette tendance et pour se diriger un peu plus vers la rentabilité économique, la petite structure va monter en régime et augmenter sa production pour répondre à la demande et dans le but diversifier sa gamme avec de nouveaux produits. D'ici cinq ans, l'objectif est d'attendre les 40 tonnes à 50 tonnes annuelles.

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Les différents produits sont commercialisés via un réseau d'une quarantaine de points de vente en Haute-Garonne. Il est possible de retrouver les références de la petite marque dans des magasins de producteurs, des épiceries, dans quelques rayons de supermarchés, des offices de tourisme ou encore, au sein de l'enseigne Gamm vert. "Nous vendons nos farines à des professionnels comme les boulangers ou les pizzaïolos et depuis peu la restauration scolaire. Nous avons aussi un point de vente à la ferme qui est ouvert tous les samedis matins", ajoute la cheffe d'entreprise.

Géographiquement, les pâtes, farines et huiles, made in France, sont vendues dans des communes comme Saint-Gaudens, Muret ou Toulouse. À l'avenir, l'entreprise souhaite étendre son réseau de distribution sans aller au delà des 100km autour de la ferme située à Sepx.

"Cela fait sens pour l'environnement, mais aussi économiquement. Cela reste raisonnable en terme d'optimisation et de distance des trajets et des tournées de livraisons. Plus loin, il y a des collègues qui font cela très bien. Pas la peine d'aller au nord de Toulouse et plus haut. Chacun sa place."

Le prix des pâtes est compris entre 2,50 euros et 4,10 euros selon le type et le poids du paquet (400 ou 500 grammes). La farine est commercialisée à 2,50 euros le kilo. Les bouteilles (en verre) d'huile de tournesol de 75cl sont quant à elles vendues à euros 3,50 euros.

Un démarrage inattendu

L'inflation et la guerre en Ukraine qui ont poussé les consommateurs, inquiets d'une possible pénurie, à se ruer vers certains produits comme les pâtes, la farine ou encore l'huile et conduit au dégarnissement des rayons de supermarchés, ont permis à la jeune marque haut-garonnaise de se développer plus vite que prévu qui plus est pour son année de démarrage.

"Lorsque nous sommes arrivés dans les moyennes surfaces, les rayons de pâtes n'étaient pas très pleins. Ils étaient donc content d'accueillir un produit local mais aussi de remplir les rayons d'une façon différente. Malheureusement ou heureusement, la guerre nous a aidé dans notre démarrage."

Dans ses plans, la petite entreprise de trois employés prévoit d'embaucher une personne en plus au bout de deux ans dans le projet, fin 2023 voire début 2024. Dès la rentrée prochaine, une étudiante en apprentissage devrait venir renforcer la petite équipe notamment sur les parties production, transformation et communication. "Ce que nous faisons représente beaucoup de travail mais nous une grande satisfaction et une grande fierté", conclut Christine Julien.

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