France Relance : Pili crée des colorants et pigments, écologiques et français

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Appuyé par France Relance, l'entreprise toulousaine Pili veut rendre moins polluant les colorants et pigments pour l'industrie.
Appuyé par France Relance, l'entreprise toulousaine Pili veut rendre moins polluant les colorants et pigments pour l'industrie. (Crédits : Marie-Sarah Adenis)
Rendre plus verte l'industrie du textile, telle est l'une des ambitions de la société toulousaine Pili, qui conçoit des colorants et pigments écologiques et biosourcés. Pour accélérer la commercialisation de cette solution totalement française, sur un marché trusté par les produits asiatiques, ce projet va bénéficier d'un important soutien financier de France Relance, le plan national de 100 milliards d'euros dédié à la relance économique. Toutes les explications.

Vos vêtements, vos meubles, divers matériaux comme la peinture ou les plastiques, l'encre de votre stylo ou de votre imprimante... Tous "ces équipements du quotidien" nécessitent, lors de leur production, des pigments et colorants chimiques.

"99% des couleurs dans ces industries sont d'origine fossile, produites à base de dérivés du pétrole et du charbon, auxquels leurs producteurs y ajoutent des produits nocifs et dangereux. Aujourd'hui la plupart de ces colorants sont fabriqués en Asie, mais cela reste une production très polluante qui passe inaperçue", raconte Jérémie Blache, le CEO de l'entreprise toulousaine Pili.

Cette dernière, qui combine à la fois biotechnologie et chimie verte, travaille depuis sa fondation en 2015 à la création de "pigments et colorants biosourcés et écologiques" en alternative à ces produits polluants. D'ailleurs, Jérémie Blache préfère parler d'une "mission" plutôt que d'un business, face aux enjeux d'un tel marché et aux promesses délivrées par les produits de Pili.

"Nous divisons entre cinq et dix fois les émissions de CO2 équivalents, autrement dit en prenant aussi en compte l'énergie utilisée à la production. Nous sommes aussi moins énergivores en eau et on s'affranchit de certains produits polluants toxiques utilisés habituellement, comme le benzène", annonce le dirigeant.

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Une commercialisation dès 2022

Pour y parvenir, la jeune pousse travaille sur un procédé industriel basé sur deux étapes à savoir "une partie fermentation avec des matières renouvelables", suivie "d'une étape de chimie". L'idée pour l'entreprise, qui emploie une vingtaine de personnes actuellement entre Toulouse (où elle est installée à TWB) et Paris, est d'utiliser le moins possible de composants non-naturels. "Pour mettre au point ce procédé, nous allons sélectionner prochainement des partenaires d'industrialisation, particulièrement dans les régions toulousaine et lyonnaise. Il y a un gros potentiel français dans la chimie du végétal", explique Jérémie Blache.

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Pour commencer, Pili va tenter de finaliser la conception de sa solution dédiée à la peinture et l'encre. Le passage du statut de R&D à la production industrielle va, dans un premier temps, se faire contre un investissement de près de trois millions d'euros. D'ailleurs, Pili vient d'apprendre qu'elle bénéficierait d'un accompagnement de plus d'un million d'euros de la part de l'État, dans le cadre de France Relance, le plan national de 100 milliards d'euros dédiés à la relance économique.

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Ainsi, ce soutien financier permis par la crise sanitaire doit permettre de tenir un calendrier sur deux ans. Dans un premier temps, l'entreprise toulousaine doit produire ses premiers lots et tester leurs produits chez des clients dans les mois à venir, avant de produire de manière industrielle dès 2022 pour lancer la commercialisation.

"Créer le leader mondial de la pigmentation depuis la France"

Cette première étape, qui va permettre de créer 20 emplois directs et indirects, doit surtout apporter la preuve de la viabilité du modèle économique et conforter l'intérêt de la technologie. Avant de convaincre les acteurs financiers pour un projet de plus grande envergure : injecter 30 à 40 millions d'euros dans une usine de production dédiée aux colorants et pigments écologiques de Pili, en France. "Nous souhaitons parvenir à construire le leader mondial de la pigmentation depuis la France et l'Europe", ambitionne le CEO de Pili. Si ce projet voit le jour, ce sont de nouveau une soixantaine d'emplois directs qui verront le jour et 60 à 240 de manière indirecte.

Avec ce plan de marche, la jeune pousse, qui travaille parallèlement sur une solution applicable aux polymères et au textile, ambitionne d'avoir 10% des parts du marché mondial en matière de colorants d'ici cinq à six ans. Soit 30 millions d'euros d'activité potentiellement. "Si nous débuterons depuis la France et l'Europe, tout l'intérêt de ce marché est de commercialiser très vite sur toute la scène internationale", conclut le dirigeant.

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