À Toulouse, la consigne des bouteilles en verre renaît avec Consign’up

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Consign'up envisage d'installer une station de lavage de bouteilles en 2020 à Toulouse.
Consign'up envisage d'installer une station de lavage de bouteilles en 2020 à Toulouse. (Crédits : DR)
Réutiliser les bouteilles en verre plutôt que de les recycler ? C’est ce que propose Consign’up. Cette association toulousaine souhaite remettre au goût du jour la consigne, une technique utilisée jusqu’à la fin des années 90 qui consiste à rapporter ses bouteilles en verre au magasin au lieu de les jeter.

"Notre projet est né d'un geste absurde que nous faisons tous, jeter des bouteilles en verre en parfait état au collecteur destiné alors que c'est un objet que l'on peut réutiliser", lance Caroline Pillore. Le projet dont elle parle c'est Consign'up, une association toulousaine, créée en février 2019 par Marion Lembrez, qui a pour objectif de collecter, laver et revendre des bouteilles en verre utilisées pour le conditionnement du vin, de la bière et des jus de fruits. Cette façon de procéder, la consigne, ne date pas d'hier. Elle était pratiquée jusque dans les années 1960, avant l'apparition d'emballages plastiques à usage unique.

"La consigne permet de limiter les émissions de CO2 avec une baisse de 79 % et consommer 33 % moins d'eau. De plus, une bouteille en verre peut être réutilisée jusqu'à trente fois. Face à l'urgence climatique, c'est une solution concrète qui est à la portée de tous. En France, le verre représente près de 2,5 millions de tonnes de déchets par an", explique Caroline Pillore, bénévole et chargée de projet au sein de Consign'up.

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Une quarantaine de partenaires

Comment cela fonctionne ? Chez des distributeurs partenaires tels que les épiceries Biocoop, les boutiques Ceci & Cela ou encore le Drive tout nu sont présentes dans les rayons des bouteilles en verre (vin, bière, jus de fruits) estampillées par une pastille jaune "Consign'Up, rapportez-moi !". Une fois leur contenu consommé, elles peuvent être retournées par les clients. Elles sont alors récupérées par les équipes de Consign'up et envoyées à Bordeaux, dans une station de lavage avant d'être revendues aux différents brasseurs, viticulteurs et producteurs de jus partenaires, 30 centimes l'unité.

Consign'up possède ainsi une quarantaine de partenaires indispensables au bon fonctionnement du dispositif. Elle travaille avec vingt points de vente à Toulouse et sa périphérie et une vingtaine de producteurs installées dans le Tarn, le Gers, les Hautes-Pyrénées, etc. L'ensemble de l'offre de collecte et lavage est située dans un rayon de 100 km autour de Toulouse afin de s'inscrire dans une démarche locale.

"Avant d'initier le projet, une étude de proximité de 18 mois a été réalisée et elle a permis de mettre en lumière un marché extrêmement porteur dans la région puisque l'Occitanie est la première région viticole de France. De plus, la création de brasseries indépendantes est en augmentation depuis plusieurs années et il existe un vivier de producteurs locaux de jus de fruits. Dès lors que l'on récupère 500 bouteilles chez un producteur, on lui en revendra 500."

Une station de lavage à Toulouse ?

Afin de confirmer son schéma logistique et vérifier l'adhésion des usagers à ce changement de pratique, l'association a effectué une phase de tests entre mai et juillet 2019 dans la région toulousaine.

"Durant cette phase expérimentale, sur 23 700 bouteilles achetées, 6 300 ont été retournées. Ce qui représente à peu près 30 % ce qui est un résultat très positif pour nous", analyse la bénévole.

Pour améliorer ce taux de retour, Consign'up compte travailler sur la visibilité de son concept à travers de l'affichage dans les espaces de collecte ou encore un espace dédié au retour des bouteilles par exemple. Elle souhaite également se professionnaliser en devenant une Scop, elle qui pour l'heure est entièrement pilotée par une dizaine de bénévoles. Accompagnée par l'incubateur d'innovation sociale de Toulouse Métropole, Première brique, elle a pour but d'installer, en 2020, une station de lavage mutualisée sur le territoire qui entraînera la création d'emplois sur les activités de lavage des bouteilles et dans la logistique.

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Commentaires
a écrit le 10/01/2020 à 7:52 :
J'adore l'idée de la consigne. Moins de déchets de nos jours est une démarche responsable. Pitié essayons tous ensemble d'être RESPONSABLE, notre planète est notre demeure, alors respectons la.
Certains auront l'analyse économique sur le sujet, d'autres critique sur les coûts supplémentaires, ou mieux encore trouver dans cette nouvelle et malgré tout ancienne méthode, une arnaque aux consommateurs . Il faut réfléchir autrement ...
Mimm
a écrit le 08/01/2020 à 22:39 :
" a pour objectif de collecter, laver et revendre des bouteilles en verre " c'est ce qu'on nous a dit à l'époque, étape de lavage qui était "délicate", risquée, et que le plastique c'était chic. Faux prétexte ? Renvoyer les bouteilles vides Vitt* chez Vitt*, les Badoi* chez Badoi*, Coca chez Cola, ça demandera de faire des modifications aux habitudes (dans un magasin, ça entre par la réserve et sort par les rayons, le retour va compliquer).
N'empêche que vers 1980 des bouteilles de cola torsadées (marque célèbre), j'en ai vu à la poubelle, la consigne ou la surcharge de verre vide (lourd), il faut choisir. Un paquet de cigarettes vide, ça devient un déchet (-> au sol), une bouteille vide, aux yeux de certains, pareil. 1F50 ça s'ajoutait au prix du produit contenu [en espérant que ceux qui les jettaient savaient qu'ils avaient payé un surplus, quand les tickets de caisse disparaitront (<20 puis < 30€), ça deviendra un mystère, tour de passe passe, la consigne].

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