Zéro déchet : une Toulousaine lance une épicerie 100 % vrac

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La boutique Ceci et Cela ouvira d'ici fin avril à Toulouse
La boutique Ceci et Cela ouvira d'ici fin avril à Toulouse (Crédits : DR)
Une épicerie 100 % vrac a ouvert ses portes le 3 mai dernier à Toulouse. Le projet connaît un beau succès via sa campagne de financement participatif. Il s'inscrit dans le mouvement zéro déchet né en Californie et qui connaît un essor grandissant en France.

Le zéro déchet arrive à Toulouse. Début mai, la boutique "Ceci et cela", une épicerie 100 % vrac, a été lancée au cœur de la Ville rose (rue Baour Lormian, à deux pas du Capitole). Le principe est simple : le client arrive dans le magasin avec ses bocaux (il peut aussi acheter des récipients sur place) et les remplit uniquement avec les quantités dont il a besoin. Objectif : éliminer les nombreux emballages plastiques qui servent à transporter les biens de consommation.

"Ce sera une petite boutique de 55 m2 avec à la fois des produits d'épicerie sucrée (miel, farine, biscuits) et salée (céréales, pâtes, huiles, légumineuses) mais aussi des produits d'hygiène (du shampoing ou du liquide vaisselle sous vide). Ces produits seront à 80 % bio et locaux, je me fournirai auprès de petits producteurs de la région en direct. Par contre, il n'y aura pas de fruits et de légumes car il existe déjà de nombreux marchés à Toulouse", explique Louise Cardona.

Cette Toulousaine de 25 ans est diplômée d'une école de commerce à Bordeaux. Lors de son année d'Erasmus en Turquie, elle a eu l'idée de se convertir au zéro déchet en voyant que, dans le pays, "les magasins n'interdisaient pas encore les sacs plastiques". Après un stage dans une chaîne de magasins bio, elle a décidé de monter son propre projet. Depuis quinze jours, elle a lancé une campagne de financement participatif sur Kisskissbankbank pour financer l'achat d'une caisse enregistreuse et d'une vitrine traiteur. En quelques jours, l'objectif de 4 850 euros a été dépassé, un mois avant la fin de la campagne. "Le montant restant servira à financer la rénovation de meubles", se réjouit Louise Cardona.

Après San Francisco, le zéro déchet en plein essor en France

Le concept "zéro déchet" est né en Californie. En 2003, le comté de San Francisco s'est fixé pour objectif de recycler la totalité des déchets ménagers d'ici à 2020, en s'apercevant que la plus grande quantité des ordures provenaient de nourriture. 10 ans plus tard, la ville a annoncé avoir réduit de 80 % les tonnages d'ordures vers les décharges. Ce succès a incité les pays européens à adopter le concept.

"La démarche zéro déchet est en plein développement en Italie mais aussi en Suisse, en Allemagne ou en Angleterre. En France, il n'existait qu'un magasin de vrac en 2014 alors qu'aujourd'hui on prévoit 150 magasins de ce type ouverts d'ici à fin 2016", remarque Louise Cardona.

À Toulouse, plusieurs boutiques proposent depuis quelques années des produits en vrac (yaourts ou miel). La chaîne nationale de magasins zéro déchet Day by Day prévoit également de s'installer dans la Ville rose. Mais pas de quoi inquiéter la jeune entrepreneure : "Les Toulousains ont actuellement beaucoup de mal à trouver des produits bio, locaux et sans emballage. Donc, il y a de place pour plusieurs enseignes. De plus, la chaîne Day by Day n'est pas exactement sur la même offre car elle ne propose qu'une partie du magasin en bio et local". Louise Cardona table sur une soixantaine de clients journaliers pour arriver à l'équilibre. Elle compte aussi organiser au sein de la boutique des ateliers pour apprendre à faire soi-même ses écoproduits.

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Commentaires
a écrit le 14/12/2017 à 23:46 :
Bonjour,
Je ne vais pas être très originale : Quelle belle initiative! Je suis actuellement en pleines réflexions sur l'éventualité d'ouvrir une épicerie sans emballages à côté (mitoyen) d'un magasin de producteurs dans les Landes. Est-il possible d'échanger ensemble? Je me pose pas mal de questions. Quelques conseils ne me seraient pas de trop. Merci
a écrit le 07/06/2017 à 20:06 :
Bonjour Louise,

Quelle belle initiative que cette boutique de vrac !

Je suis actuellement en pleine réflexion sur la possibilité d'ouvrir moi même ce type de boutique dans le val d'Oise. Est-il possible d'échanger ensemble sur les freins à surmonter, les conseils à donner etc ?

Merci à vous
a écrit le 04/05/2016 à 11:06 :
Quelle magnifique initiative, j'ai déjà hâte de découvrir cette boutique.
Une question me vient tout de même à l'esprit : les clients doivent se trimballer 18 bocaux en verre dans Toulouse pour faire les courses ... ? Ça me parait compliqué à la longue. Je suis toujours partante pour l'aventure mais quand même.
Réponse de le 15/03/2017 à 18:00 :
je l'ai fait 2 ou 3 fois chez day by day pour m'amuser. Après ça m'a soulé j'avoue.
a écrit le 18/03/2016 à 18:20 :
Bonjour,
Cette idée est très bien et je te souhaite de réussir dans la belle ville de Toulouse.
Je suis actuellement, en projet d'ouvrir une épicerie de produits en vrac en Dordogne.
Est-il possible d'entrer en contact pour quelques échanges ?
Bon courage et je pense que ce concept va réussir afin de mettre en valeur les producteurs locaux, permettre de protéger l'environnement et mieux manger.
a écrit le 16/03/2016 à 10:57 :
Geoffroy Guichard avait commencé Cômme Ca ! Mais C était une autre époque ! Je doute de la rentabilite et du rapport qualité prix du business modèle bon courage ! 😏
a écrit le 15/03/2016 à 22:07 :
L'idee, evidemment, me plait beaucoup. 60 clients journaliers seulement, c'est ridicule. Ces produits doivent etre hors de prix pour que cela soit rentable, alors que le vrac devrait etre moins cher, si on conserve une methodologie pour les dates de peremption.
Le vrac devrait debuter aux couches moyennes et peu aises avant tout, pour son bas prix, mais il me semble que prendre local, c'est augmenter les prix car ce sera de la qualite. C'est bien l'ecologie pour ceux qui peuvent payer !
Réponse de le 16/03/2016 à 22:51 :
Bonjour Nikias et merci pour votre retour !
Pour info, la norme sectorielle est de 1 client par jour par m². Pour 55 m², 60 clients par jour permet tout à fait de faire fonctionner le magasin sans pratiquer de prix prohibitifs.
Par contre il est vrai qu'on n'est pas ici dans une logique de discount : le prix du produit permet au travail des producteurs d'être rémunéré à leur juste valeur. C'est tout un choix de consommation : acheter moins, mais mieux :). A bientôt ! Louise de ceci & cela
a écrit le 15/03/2016 à 18:49 :
Un concept intéressant, mais pas trop compatible (?) avec l'exigence de traçabilité du produit...
Réponse de le 16/03/2016 à 22:43 :
Bonjour ! La traçabilité est très exigeante dans le monde du vrac. Chaque numéro de lot, DLC, origine, label etc etc est soigneusement répertorié et porté à la connaissance du client. La transparence est une des valeurs des épiceries comme ceci & cela (et également une obligation légale) !
a écrit le 15/03/2016 à 18:11 :
Bravo ! Super initiative... je tiens juste à alerter Louise sur le fait qu'à mon avis c'est une erreur de ne pas vendre également des fruits et légumes bio et locaux : les clients de l'épicerie en vrac en profiteront pour acheter des fruits et légumes, et inversement. Et ce sera un gain de temps précieux de ne pas courir partout faire ses courses de bio et local à plusieurs endroits :)
Réponse de le 16/03/2016 à 22:45 :
Bonjour Karine et merci pour vos encouragements ! Nous avons fait ce choix car l'épicerie est à très proximité de marchés de fruits et légumes de producteurs locaux et bio. Si l'emplacement avait été différent, les fruits et légumes auraient en effet eu toute leur place :). A bientôt !
Louise, ceci & cela

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