Malgré la crise, Cenareo continue sa croissance et s'adapte au distanciel

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David Keribin est cofondateur de Cenareo depuis 2012.
David Keribin est cofondateur de Cenareo depuis 2012. (Crédits : Cenareo)
La PME toulousaine Cenareo a mis au point un boîtier qui améliore l’impact des campagnes publicitaires sur écran. À ce jour, elle en a déjà vendu 18.000 à travers 32 pays. En dépit de la crise économique, elle affiche un chiffre d’affaires en augmentation de 30% et souhaite lancer un nouveau produit adapté au distanciel.

Avec un chiffre d'affaires de trois millions d'euros en 2020, 50 collaborateurs et plus de 300 clients, la société toulousaine Cenareo (qui se prononce "scénario") n'a plus grand chose d'une startup.

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Depuis neuf ans, elle commercialise des solutions de communication interne et externe à destination des entreprises, notamment avec son invention : un boîtier couplé à un logiciel à base d'intelligence artificielle qui se branche aux écrans d'affichage de ses clients et qui permet de diffuser simultanément sur plusieurs centaines d'écrans des contenus dynamiques. De quoi améliorer le ciblage des campagnes d'affichage.

Présente dans 32 pays, essentiellement en Europe, la société affiche des résultats en progression (+30% par rapport à l'an dernier), mais n'est toujours pas rentable. Quant aux projets d'ouverture de bureaux en Angleterre et en Espagne envisagés l'année passée, ils sont désormais à l'arrêt, la crise ayant quelque peu bousculé les plans de développement de la société.

Besoin grandissant de transformation numérique

Alors les fondateurs de Cenareo ont rebondi et réfléchi à un nouveau positionnement de l'entreprise en se concentrant sur les entreprises disposant de plus d'écrans. Ils gardent, en dépit de la conjoncture actuelle, l'objectif d'être leader du marché européen en 2022. Ils comptent profiter des besoins de transformation numérique des grands groupes, notamment sur la communication interne, pour accroître les résultats économiques de la société.

"La demande de communication corporate n'a jamais été aussi importante. Nos clients n'ont jamais eu autant besoin de fédérer leurs collaborateurs qu'aujourd'hui car les canaux de communication classiques ne suffisent plus. Certains salariés sont noyés par l'information, d'autres n'y ont tout simplement pas accès (pas de bureau, en déplacement). Un écran a ce côté non-intrusif, et la communication se limite à l'essentiel", décrit David Keribin, CEO et cofondateur.

En ce sens, l'entreprise a retravaillé sa stratégie commerciale pour être en mesure de répondre aux nouveaux besoins de son portefeuille clients qui compte des groupes comme Axa, Microsoft ou Engie. Une équipe de dix salariés a été constituée récemment afin de les accompagner dans leur stratégie globale de communication sur écrans et mieux répondre à leurs attentes. L'enjeu est de savoir si un écran obtient de meilleurs résultats qu'un autre afin de pouvoir analyser les retombées des campagnes sur écran.

"Il faut donc que nos clients puissent savoir que leurs messages ont été lus par les collaborateurs. Pour autant, le ciblage poussé n'est pas du tout une option qui nous correspond. Cenareo n'a pas été créée pour l'ultra-ciblage (l'utilisation de données personnelles très précises pour toucher la bonne personne au bon moment, ndlr)", avance l'entrepreneur.

Si le dirigeant cherche à éviter l'ultra-ciblage, c'est parce que de plus en plus de voix s'élèvent pour protéger les données personnelles. David Keribin réfléchit à de nouveaux indicateurs-clés de performance (KPIs) de référence sur le marché. Objectif : permettre à ses clients de mesurer plus facilement la performance de leurs campagnes de communication dans un contexte de crise où les budgets sont contraints sans pour autant entraver la vie privée des collaborateurs ou des consommateurs.

Un nouveau produit adapté au distanciel

Cenareo s'apprête également à lancer un nouveau produit afin de permettre à ses clients de garder le contact avec leurs salariés qui jonglent entre présentiel et télétravail. Pour y parvenir, les dirigeants comptent réutiliser leur technologie sur d'autres supports (un intranet, un onglet dans le navigateur, une plateforme de travail collaboratif comme Teams ou Slack...).

"L'enjeu est d'envoyer un flux de contenus qui soit le plus pertinent possible, en lien avec le contexte, dans un environnement non-intrusif, avec un message que l'on ne peut pas ne pas voir. Le flux de contenus doit arriver directement dans le contexte de travail du salarié, sans qu'il y ait besoin d'aller chercher l'information", détaille David Keribin.

Une équipe dédiée devrait être constituée d'ici au deuxième semestre 2021, une dizaine de postes sont à pourvoir au service commercial et celui du recherche et développement. Ainsi, David Keribin reste confiant dans la perspective d'atteindre le seuil de rentabilité dans quelques années.

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