LafargeHolcim investit 100 millions d'euros dans une cimenterie "verte"

Le groupe international LafargeHolcim, qui dispose de plusieurs sites dans la région Occitanie, vient de lancer un plan d'investissement de plus de 100 millions d'euros dans sa cimenterie de Martres-Tolosane. Grâce à ces fonds, le site situé à moins d'une heure de Toulouse va devenir une cimenterie "verte", avec un important programme de revalorisation des déchets. Reportage.

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LafargeHolcim veut une cimenterie zéro déchet à Martres-Tolosane.
LafargeHolcim veut une cimenterie zéro déchet à Martres-Tolosane. (Crédits : Pierrick Merlet)

C'est de cette usine que provient le ciment utilisé dans le cadre du chantier des futurs Ramblas dans le centre-ville de Toulouse, ou encore celui du futur parc des expositions au nord de la Ville rose. À Martres-Tolosane, à moins d'une heure de route au sud de la capitale régionale, le groupe international LafargeHolcim dispose d'une cimenterie. Ouverte en 1956 et employant aujourd'hui 130 salariés pour 600 emplois indirects, la société a décidé d'y investir plus de 100 millions d'euros pour la moderniser.

"Actuellement, nous avons deux fours (datant de 1956 et 1966, ndlr) qui mesurent près de 140 mètres de long au total. Grâce au plan de modernisation lancé en juillet 2017 pour 107 millions d'euros, auquel s'ajoute une dizaine de millions d'euros d'investissements additionnels, le four MK3 d'une longueur de 64 mètres permettra d'augmenter notre production de 20 %", raconte un salarié du site.

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L'emplacement du futur broyeur vertical au sein de l'usine. (Crédits : Pierrick Merlet)

Le nouveau four qui entrera en service à l'automne 2020 sera capable de traiter chaque jour 2 500 tonnes de clinker, le composant principal du ciment, contre 2 000 à 2 200 actuellement la capacité assemblée des deux fours actuels. Ils avaient permis en 2018 de produire 650 000 tonnes de ciment à Martres, avec 800 000 tonnes de clinker. Alors nul doute désormais que cette performance sera largement dépassée dès 2021.

Un broyeur vertical pour une meilleure efficacité énergétique

Seulement, malgré une productivité améliorée avec un équipement moins imposant (par sa taille), la consommation en énergie ne sera pas pour autant plus importante. Et ce grâce à un procédé innovant. En abandonnant un broyeur horizontal pour un broyeur vertical, la multinationale veut une cimenterie plus productive, mais également moins énergivore.

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La courbe du circuit de production a été modifiée. (Crédits : Capture d'écran)

"Le fait d'installer un broyeur vertical va nous permettre de réduire de 20 % notre consommation électrique, tout en ayant une meilleure efficacité de broyage, par rapport à notre équipement actuel. De plus, sans cet investissement, qui s'intègre dans un plan global de 300 millions d'euros d'investissement en France d'ici 2020, l'usine et ses emplois n'auraient aucune pérennité", précise François Petry, le directeur général de LafargeHolcim en France et en Belgique.

"Ce projet est l'assurance d'avoir de l'activité sur le site de Martres-Tolosane pour les 50 prochaines années et il redonne confiance en l'industrie. Elle a toute sa place en France pour agir en faveur de l'environnement", a déclaré Carole Delga, la présidente de la Région Occitanie, en visite sur le chantier récemment.

Des pneus comme combustible

Enfin, en plus d'avoir investi dans des filtres haute performance pour limiter le rejet des poussières dans l'air, le numéro 1 France du groupe veut que ce site soit à "zéro déchet". Ce dernier alimente ses fours, grâce à des combustibles alternatifs émanant de déchets (pneus usagés).

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L'usine alimente ses fours grâce à des pneus usagés. (Crédits : Pierrick Merlet)

"Notre ambition à terme est d'utiliser 80 % de combustibles alternatifs pour alimenter notre four. Aujourd'hui, ce taux est de seulement 27 % car l'âge avancée des fours actuels ne nous permet pas d'aller plus loin. Grâce au nouvel équipement, nous allons donc réduire de 3,5 fois notre consommation de combustible fossile", fait savoir François Petry.

Pour constituer ce combustible alternatif, LafargeHolcim récupère et stocke des pneus entiers ou déchiquetés, des déchets de bois, ou encore des déchets solides broyés (DSB). Alors pour alimenter ses ambitions, le groupe international est actuellement en discussion avec plusieurs entreprises de la région pour proposer une autre alternative que l'enfouissement de leurs déchets.

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