Elles veulent lancer le coworking culinaire à Toulouse

Trois Toulousaines sont en train d'aménager un local de 500 m2 en une cuisine partagée à la demande. Dès la mi-octobre, traiteurs débutants, formateurs et associations pourront réserver des créneaux horaires au sein de lieu baptisé Les Cuisines de Cap'Éco afin de profiter d'un espace professionnel à moindre coût.

3 mn

Valérie Madeleine et Clémentine Renaud sont à l'initiative des Cuisines de Cap'Éco.
Valérie Madeleine et Clémentine Renaud sont à l'initiative des Cuisines de Cap'Éco. (Crédits : Rémi Benoit)

Entre la folie des food trucks et les cadres sup' qui cherchent à se reconvertir en cuistot, les vocations d'entrepreneurs dans la restauration ne manquent pas. Mais lorsqu'ils débutent, peu ont les moyens de disposer d'une cuisine professionnelle.

"Entre la mise aux normes d'hygiène et l'acquisition du matériel, cela peut coûter 30 à 50 000 euros !" avance Valérie Madeleine.

Un cuisine partagée accessible à partir de 11,50 euros de l'heure

Depuis trois ans, cette ancienne gestionnaire du café Folles saisons (situé dans le quartier des Pradettes à Toulouse) planche aux côtés de Clémentine Renaud (cuisinière) et Chaya Mercado (créatrice de tapas espagnoles sans gluten) sur la création des Cuisines de Cap'Éco. Cette cuisine partagée en gestation près de Toulouse, à Tournefeuille, pourra accueillir 12 personnes en même temps.

Le principe est simple : à l'image du coworking où l'on choisit un bureau partagé pour un nombre d'heures par mois, ce "coworking culinaire" permet de réserver des créneaux horaires afin de profiter d'équipements professionnels à moindre coût. "L'abonnement ou le forfait s'échelonnera entre 11,50 et 26 euros de l'heure, sachant que plus on reste longtemps moins cela coûte cher, avance Valérie Madeleine. Elle ajoute :

"Cela peut intéresser des débutants pour qui un investissement dans du matériel professionnel est risqué financièrement mais aussi des traiteurs en activité qui ont besoin temporairement d'un grand espace, par exemple en vue d'un mariage de 200 invités. Cet espace peut être utilisé dans une optique de formation pour des personnes qui passent le CAP cuisine en candidat libre. On a même été contactés par un médecin pour des ateliers de prévention contre le diabète.

Les cuisines partagées connaissent un essor grandissant en France selon Clémentine Renaud : "Trois espaces de ce type sont nés à Paris à l'instar des Camionneuses, d'autres ont vu le jour à Bordeaux (Coloc'2 chefs) ou Montpellier (Fabrique d'innovation culinaire)".

Un local de 500 m2

Les Cuisines de Cap'Éco sont actuellement en train de prendre forme dans la zone du Pahin à Tournefeuille. Le local de 500 m2 s'étendra sur deux étages avec réception des marchandises, stockage du frais, légumerie, zone à 12°C requise pour préparer des plats froids comme des salades, fourneaux, plonge...

"Pour le traiteur, c'est aussi un gain de temps puisque avec un four professionnel cela met deux fois moins de temps à cuire. Du temps est économisé aussi au niveau du ménage du local qui est réalisé par nos soins en respectant toutes les normes d'hygiène", assure Clémentine Renaud.

L'étage sera dédié à des bureaux et des espaces de repos pour les cuisiniers. Par ailleurs, une partie des cuisines sera réservée aux amateurs pour des ateliers.

Ce projet a nécessité 180 000 euros de travaux et 150 000 euros pour l'achat d'équipements culinaires. Les trois fondatrices ont apporté près de 100 000 euros en fonds propres. Le projet a également bénéficié de 60 000 de BPI France, 20 000 euros de la Région Occitanie et 5 000 euros de Toulouse Métropole. Par ailleurs, les Cuisines de Cap'éco ont réuni près de 50 000 euros via des titres participatifs remboursables. "Une habitante de Dordogne nous a entendu présenter notre projet sur France Inter et a décidé de nous prêter les 30 000 euros de son héritage ! Nous avons été soutenues par beaucoup de femmes", se réjouissent les entrepreneures. Le local devrait être inauguré le 15 octobre prochain.

3 mn

Sujets les + lus

|

Sujets les + commentés

Commentaire 1
à écrit le 04/10/2018 à 5:36
Signaler
En Asie cette idee fait flores depuis bien longtemps. Boulangerie, cuisine, informatique, tous les secteurs sont exploites. Ainsi, celui ou celle qui souhaite une solide formation avant de se lancer est certain d'y parvenir, en tout cas ici. En Fra...

Votre email ne sera pas affiché publiquement.
Tous les champs sont obligatoires.

-

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.