En pleine croissance, Yestudent cherche un nouveau souffle

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Camille Raymond, créateur de la startup Yestudent cherche à s'adosser à un acteur du secteur pour pallier les difficultés rencontrées par son entreprise de sept salariés.
Camille Raymond, créateur de la startup Yestudent cherche à s'adosser à un acteur du secteur pour pallier les difficultés rencontrées par son entreprise de sept salariés. (Crédits : Rémi Benoit)
La startup toulousaine Yestudent est dans la tourmente. Alors qu'elle commençait à être rentable, un partenaire financier s'est désisté, l'obligeant à être placée en liquidation judiciaire. Elle est aujourd'hui entre les mains d'un mandataire judiciaire et son fondateur cherche à s'adosser à une plateforme.

La startup toulousaine Yestudent était en pleine croissance. Cette plateforme permet à des étudiants de se loger chez d'autres étudiants à petits prix durant leurs voyages (entre 10 et 30 euros la nuit). 100 000 utilisateurs se sont inscrits à ce service, dont plus de la moitié s'est laissée tenter. Yestudent a ainsi franchi la barre des 50 000 nuitées en 2018, quatre ans après sa création en 2014. Mais les débuts ont été compliqués.

"Au début, quand un client voyageait avec notre solution, nous perdions 50 euros à chaque fois, comme Airbnb, Uber, Blablacar, se souvient le fondateur de Yestudent, Camille Raymond, fondateur de Yestudent. Tous ces sites travaillaient à perte à leurs débuts".

Des comptes enfin au vert

La situation a cependant évolué puisque Yestudent est passée dans le vert au début du deuxième semestre 2018 (la startup n'a pas communiqué ses résultats financiers). "Petit à petit, nous nous sommes améliorés, nous avons évolué, nous avons eu des rendements croissants d'échelle et nous avons dégagé de la marge", raconte le jeune dirigeant de 27 ans. Une bonne nouvelle vite éclipsée lorsque le chef d'entreprise a appris qu'un partenaire financier ne souhaitait plus le suivre. La startup avait effectué une levée de fonds de 350 000 euros en mai 2018 et n'a reçu que la moitié du financement.

Camille Raymond ne s'explique pas le désistement de son partenaire. "C'est difficile à dire, honnêtement, je ne sais pas. Il y a plein de facteurs possibles comme la faillite d'autres acteurs ", lâche-t-il d'une voix dépitée. "Ça nous a mis dos au mur quasiment du jour au lendemain".

Aujourd'hui, sa société qui compte sept salariés est entre les mains d'un mandataire judiciaire après avoir été placée en liquidation judiciaire le 13 novembre 2018. Les réservations sont bloquées et l'activité est au point mort.

Objectif : s'adosser à un acteur du secteur

L'entreprise hébergée dans les locaux d'At Home à Toulouse est présente dans une quarantaine de villes en Europe comptait s'étendre afin de pouvoir loger des étudiants dans moins de 250 villes du Vieux Continent au cours des deux prochaines années.

"Je pense que ce qu'on fait a du sens. À partir du moment où le fonctionnement est rodé, on créé des économies d'échelle. Il nous faut un certain nombre de personnes dans chaque ville pour répondre à la demande d'accueil dans des bonnes conditions. Nous n'étions pas au même stade de maturité d'une ville à l'autre. Mais au global, nous étions rentable avec des villes comme Toulouse ou Amsterdam", détaille l'entrepreneur.

Mais pour sauver son avenir et poursuivre sa lancée, Yestudent cherche maintenant à s'adosser à un acteur du secteur. Camille Raymond a publié le 9 octobre un billet titré "Passer dans le positif pour mourir demain" sur la plateforme de blog Médium pour expliquer la situation de sa startup et lancer un appel à l'aide.

"Nous pensons fort qu'aujourd'hui, la meilleure chance pour Yestudent de changer le visage du voyage pour la nouvelle génération, c'est de trouver un repreneur qui partage les valeurs essentielles de la communauté  pour nous aider à amener l'entreprise à la prochaine étape. Faute de quoi nous serons obligés de déposer le bilan en pleine ascension".

Plusieurs acteurs ont répondu. "Des discussions sont en cours. Mais je ne peux pas en dire plus", explique le dirigeant.

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