À Toulouse, une plateforme RH veut faciliter la reconversion des salariés de l'aéronautique

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Bastien Vialade, CEO de Staffman, et Laetitia Chaynes, directrice générale d'Altitude Aerospace, ont fondé la plateforme Coopair.
Bastien Vialade, CEO de Staffman, et Laetitia Chaynes, directrice générale d'Altitude Aerospace, ont fondé la plateforme Coopair. (Crédits : Coopair)
La startup toulousaine Staffman et le bureau d'études Altitude Aerospace viennent de lancer une plateforme qui favorise la sous-traitance ou le prêt de salariés en chômage partiel de la filière aéronautique vers d'autres secteurs qui recrutent. Une manière pour la supply chain du Sud-Ouest d'amorcer une diversification et de faire monter en compétence ses collaborateurs.

Altitude Aerospace est un bureau d'études aéronautique comme il en existe des dizaines dans la Ville rose.

"Notre activité repose à 100% sur l'aéronautique. Sur un effectif d'une vingtaine de personnes à Toulouse, deux à trois collaborateurs sont actuellement en sous-activité. Nous souhaitons nous diversifier vers d'autres secteurs mais ce n'est pas évident d'être crédible au début quand on n'a pas le réseau, etc.", témoigne Laetitia Chaynes, directrice générale de Altitude Aerospace France.

Alors, pendant le confinement, la société a l'idée de contacter la startup toulousaine Staffman pour monter une plateforme RH qui facilite l'emploi des salariés de la filière aéronautique vers d'autres secteurs, plus porteurs.

Coopair, c'est son nom, s'appuie sur des algorithmes de proximité et de compétences mis au point par Staffman pour faire 'matcher' les compétences des collaborateurs avec les besoins recherchés dans des entreprises en dehors de la filière aéronautique.

"À partir d'un CV ou du dossier de compétences des salariés soumis par une entreprise, nous allons extraire sous forme de mots-clés une liste d'aptitudes acquises par les collaborateurs. Par exemple, un concepteur de structures d'avions peut avoir des connaissances utiles pour fabriquer des pales d'éoliennes. Nous allons aussi identifier les certifications ou les formations manquantes pour travailler dans un nouveau secteur", décrit Bastien Vialade, PDG de Staffman.

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Coopair identifie les compétences mobilisables dans d'autres secteurs chez les salariés de la filière aéronautique en chômage partiel (Crédits : Coopair).

Un outil pour faire monter en compétences les salariés

En cas de "match", deux options s'offrent à l'entreprise. Elle peut proposer à son salarié un contrat de sous-traitance ou un prêt dans l'autre société.

"C'est une solution gagnante pour tout le monde. L'entreprise accueillante peut recruter. Le salarié en chômage partiel de son côté va pouvoir se former et acquérir de nouvelles compétences. Quand il reviendra dans son entreprise d'origine, il pourra l'aider à engager une diversification de son activité grâce aux nouvelles connaissances qu'il aura acquises", souligne Laetitia Chaynes.

Alors que la plateforme est tout juste lancée cette semaine, une dizaine d'entreprises se sont déjà montrées intéressées pour recruter via Coopair.

Staffman a déjà créé en 2017 une plateforme pour répondre à la pénurie d'ingénieurs dans le domaine informatique en mettant en relation les candidats et les entreprises. Le site recense 30 000 ingénieurs et 1 000 entreprises. "Elle a permis le recrutement d'au moins 1 000 personnes chaque année pour des missions de trois mois à un an", estime Bastien Vialade. Avec Coopair, la startup veut lutter à son échelle contre la casse sociale dans la sous-traitance aéronautique où les annonces de PSE se succèdent depuis la fin du printemps.

Lire aussi : Recrutement : Staffman lève 600 000 euros pour étendre son rayonnement géographique

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Commentaires
a écrit le 06/09/2020 à 9:33 :
Il y a des idées qui sont quand même plus riches que d'autres, bravo à eux.
Réponse de le 06/09/2020 à 10:07 :
Des opportunistes ! Ils sont comme les banquiers ...
Réponse de le 06/09/2020 à 12:47 :
Oui , c’est vrai
L’idée de rendre les puissances numériques plus puissantes et supprimer les emplois en masse
C’est une idée vraiment nulle...
Ça crée des «  niches «  pour les premiers qui pensent à profiter sinon d’autres vont le faire.
Un monde sans valeurs en marche ...
a écrit le 05/09/2020 à 11:26 :
Une façon de greffer des ressources sur la misère des personnes pour ne pas se dresser contre le système digital qui détruit des métiers en masse. Pas courageux tout ça mais normal des cerveaux formatés de rh Français, pas étonnants , tous des opportunistes.

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