Valéo : parachute doré de 3,2 M€ pour l'ex-PDG, les anciens salariés de Labastide-St-Pierre écœurés

Le journal « Libération » a révélé, dans son édition du mardi 24 mars, que le PDG de Valéo, Thierry Morin, allait quitter l'entreprise avec un parachute doré estimé à 3,2 M€. Depuis ce matin, des voix d'élèvent pour condamner ces pratiques : au MEDEF, au sein du gouvrenement et dans l'opposition.

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A Labastide-St-Pierre (82), sur l'ancien site de l'usine Valéo, fermée en 2003 (456 licenciements), le mot qui revient le plus souvent est « écœurement » comme le confirme Claude Blatgé, ancien délégué syndical CFE-CGC du site Valéo.

Quel est votre sentiment et celui vos anciens collègues du site de Labastide-St-Pierre ?

Ecœurement. C'est le mot qui revient le plus fréquemment dans la bouche des anciens collègues que j'ai pu joindre ce matin et qui ont appris la nouvelle en lisant la presse, écoutant la radio ou regardant la télévision à la mi-journée. Thierry Morin quitte une entreprise aidée par l'Etat, et qui supprime 1.600 postes, avec un parachute doré de 3,2 M€ et personne ne dit rien ! Pendant ce temps, dans le Tarn et Garonne, ce sont 456 personnes qui ont été remerciées par ce Monsieur. 40% d'entre elles n'ont pas retrouvé un emploi, c'est mon cas, et ceux qui ont retrouvé un emploi, 40% des anciens salariés, doivent se contenter d'emplois précaires : aides à domicile ou intérimaires. Cette situation est intolérable !

De Laurence Parisot, la présidente du Medef au secrétaire d'état Luc Chatel en passant par le président du groupe UMP à l'Assemblée Nationale Jean-François Copé, ils sont très nombreux à demander au PDG de Valéo de rendre son pactole ?

Cela me semble être le minimum. Et pourtant, je demande à voir. Car aujourd'hui, certes, il y a l'émotion, tout le monde est sous le choc de la nouvelle. Mais que fera-t-on demain lorsque les français auront oublié ? Si Monsieur Morin part avec cet argent, c'est parce que le Conseil d'Administration ne s'y est pas opposé. D'ailleurs, comment s'opposer ? Thierry Morin a augmenté de 240% les dividendes reversés aux actionnaires !

Selon vous, existait-il des alternatives pour préserver l'emploi dans le Tarn et Garonne en 2003 ou sur le site voisin de Cahors (dans le Lot) qui a fermé ses portes en 2001 ?

C'est assez incompréhensible ! Thierry Morin a toujours refusé les aides de l'Etat. C'est incompréhensible car de grandes entreprises du secteur automobile, comme Renault ou PSA, ont accepté des subventions avec la contrainte « zéro licenciement ». Thierry Morin a toujours refusé ces aides estimant que « le groupe était en bonne santé ». En fait, Monsieur Morin a tué Valéo. Avec nous, il s'est comporté comme un prédateur. Il a toujours considéré qu'il fallait délocaliser la plupart des activités de Valéo vers des pays à bas coûts (Inde, pays du Maghreb ou pays de l'Est). Quelques années plus tard, on se rend compte que c'est mission accomplie. Au final, il a cassé l'emploi chez Valéo.

En photo : le parachute doré de 3,2 M€ a du mal "à passer" pour les anciens salariés du site de Labastide-St-Pierre (photo-montage RB)

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