Toulouse, future capitale régionale ? La colère du maire de Montpellier

Par Cécile Chaigneau (Montpellier) et Sophie Arutunian (Toulouse)  |   |  335  mots
Philippe Saurel, maire de Montpellier (Crédits : HE21)
Philippe Saurel, le maire de Montpellier, a exprimé sa colère hier, lundi 13 avril, lors d'une conférence de presse au sujet de la fusion de Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées. Verbatim.

Philippe Saurel, le maire de Montpellier et président de la Métropole Montpellier Méditerranée, s'est exprimé, lors d'une conférence de presse lundi 13 avril. Interrogé sur l'éventuel choix de Toulouse comme future capitale régionale, il s'en est pris directement au Parti Socialiste :

"À aucun moment je n'ai été concerté. La Région Languedoc-Roussillon est défendue par une armée mexicaine. La majorité des parlementaires de cette région sont muets comme des carpes. Les conseillers régionaux semblent soumis à leur chapelle politicienne... J'ai été le seul politique de gauche à soutenir cette réforme territoriale dans le sud. Les autres ont fait une erreur et cette erreur est devenue une faute. Ailleurs, ça ne se passe pas de la même façon. Laurent Fabius a mouillé la chemise pour équilibrer les choses entre Rouen et Caen. Je ne comprendrais pas que le gouvernement traite Montpellier avec autant de désinvolture. Si tout est rassemblé à Toulouse, nous regarderons passer le train. Mon souci est de lutter, d'organiser une forme de résistance. Je suis pour le partage des pouvoirs. Jean-Luc Moudenc et moi-même ne sommes pas dans le même parti politique mais nous avons su mettre cela de côté pour veiller au respect des équilibres. Je ne suis pas naïf, il faut organiser la résistance de la République d'en bas, celle des citoyens, des maires, des intercommunalités, des conseillers départementaux."

À la question sur la pertinence de déployer le même mécanisme de compensation qu'à Caen et Rouen (la ville de Caen, capitale historique, deviendrait chef-lieu de région, alors que Rouen aurait la garantie d'héberger le Conseil régional), Philippe Saurel répond : "Cela démontre que quelque chose peut être fait. Si ce n'était pas le cas, la résistance devra avoir des accents plus politiques, avec plus de corps. Je ne laisserai pas la grande Région et Solferino tenir en laisse la Métropole de Montpellier !"