Le candidat de la droite Dominique Reynié veut "suspendre la fusion" entre Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon

Par Sophie Arutunian  |   |  633  mots
Dominique Reynié
Le candidat Les Républicains (ex-UMP) à la présidence de la future grande région, Dominique Reynié, a annoncé aujourd'hui à Toulouse qu'il "demande la suspension de la fusion des régions" jusqu'aux élections de décembre prochain. Il fustige en effet le déroulement de la fusion, pointant notamment "les discussions entre socialistes auxquelles les autres candidats ne sont pas associés". Il désignera néanmoins 13 "référents départementaux" lors d'une réunion à Narbonne dans quelques jours.

"Je demande la suspension de la fusion entre Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon jusqu'aux prochaines élections, et le retour aux affaires courantes." Dominique Reynié (candidat de la droite aux régionales de 2015, investi par l'UMP en avril dernier) a organisé une conférence de presse ce vendredi matin à Toulouse, pour faire cette annonce. Son argument : "la démocratie".

"Je ne trouve pas légitime qu'un État en fin de mandat s'arroge le droit, avant la consultations des électeurs, de déterminer la configuration future du pouvoir régional. Cela n'est pas recevable. Les conseils régionaux doivent travailler à la gestion des affaires courantes. Ils n'ont pas, avant l'été et en catastrophe, à formaliser une région qui n'est à fonder qu'après l'expression de la souveraineté populaire. Nous devons dire aux citoyens comment nous souhaitons travailler et les laisser choisir, et non pas les mettre devant le fait accompli quand plus rien ne pourra bouger."

Pour le candidat néanmoins, cette suspension ne concernerait pas le travail des préfets préfigurateurs, seulement les conseils régionaux. "Que les services de l'État continuent leur travail de proposition, cela ne pose aucun problème." Interrogé sur l'énorme chantier déjà mis en place par les services des conseils régionaux, le candidat balaye le problème d'un revers de main :

"L'état d'avancement du chantier est tellement pitoyable qu'il ne sera pas difficile de le suspendre. On sait déjà que le travail d'harmonisation des services ne sera pas prêt à temps."

 "Mettre les candidats à égalité"

Autre argument avancé par Dominique Reynié : le PS ne joue pas fair-play.

Le politologue-candidat n'a pas été invité à Carcassonne quand François Hollande s'y est rendu le 19 mai, et il le fait savoir :

"Il y a des discussions entre Alary, Delga et Hollande, des discussions entre le gouvernement et les candidats socialistes, sans que jamais aucun autre candidat ne soit invité à débattre. La majorité sortante prépare la fusion dans des réunions privées, c'est inacceptable. Pourrait-on mettre tous les candidats à égalité ? Cette campagne est un match de tennis où l'un des joueurs a les yeux bandés."

Calendrier et programme

Dominique Reynié demande la suspension du processus de la fusion, mais accélère quand même le rythme de sa campagne. Hier, à Toulouse, le candidat a tenu une première réunion "avec des experts, des élus et la société civile" sur l'élaboration de son programme. Son principal cheval de bataille : mettre l'accent sur les ressources financières de la future région et se déplacer en personne à l'étranger pour convaincre les investisseurs de venir sur le territoire. Il a également assisté au meeting de François Fillon. Ce matin, il a tenu une conférence de presse, la première depuis sa désignation à Sète le 25 avril, et prévoit l'ouverture d'un bureau à Toulouse ("pas un local de campagne mais un bureau pour réfléchir", précise-t-il).

Prochaine étape le 13 juin prochain lors d'une réunion à Narbonne : Dominique Reynié y annoncera ses 13 référents départementaux. "Ils ne seront pas forcément candidats eux-mêmes, ce sont des personnes qui connaissent le territoire et qui proposeront des listes départementales", affirme-t-il. Un calendrier plus précis de la campagne sera également annoncé le 13 juin.

Embarras à Toulouse

À Toulouse, la section locale de Les Républicains (ex-UMP) semble quant à elle embarrassée par la conférence de presse donnée ce matin par le candidat (qui confirme avoir sa carte du nouveau parti). "Nous savions qu'il y aurait une conférence de presse mais nous ne savions pas quand. Dominique Reynié autogère sa campagne", affirme une source. "Il aurait pu nous inviter, mais il a six mois pour s'améliorer", souffle un autre cadre du parti.