Nom de la région : le monde économique vote pour Pyrénées-Méditerranée

Par Béatrice Girard  |   |  808  mots
Les deuxièmes Rencontres de la Nouvelle Région étaient organisées ce 24 mai au Théâtre Scène Nationale de Narbonne.
À l'occasion des deuxièmes Rencontres de la Nouvelle Région organisées ce 24 mai au Théâtre Scène Nationale de Narbonne par les rédactions de La Tribune Toulouse et Objectif Languedoc-Roussillon, 250 décideurs, hommes politiques et chefs d'entreprises ont livré leur choix du nom de la région. Ils ont voté pour Pyrénées-Méditerranée.

À trois semaines de la clôture du vote pour choisir le nom de la région auquel 120 000 citoyens ont déjà participé, un scrutin en ligne a aussi été organisé ce jour par La Tribune Toulouse et Objectif Languedoc-Roussillon à l'occasion des deuxièmes Rencontres de la Nouvelle Région. Si ce vote ne se substitue en rien à la consultation régionale, il a sans doute donné une tendance précieuse et renseigné sur les attentes du monde économique à l'occasion d'une journée qui a permis à chacun d'exprimer ses arguments.

En ouverture de la matinée, Bénédicte Laurent, docteure en sciences du langage et fondatrice de Namae Concept, est revenue sur les raisons qui cristallisent les nombreuses questions autour de l'identité du nouveau territoire.

"Choisir un nom, c'est renoncer et se positionner, c'est aussi projeter ses attentes et ce que l'on veut en faire", a expliqué la linguiste qui a d'ailleurs conseillé la Région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées dans la mise en œuvre du processus de consultation.

Elle a ainsi rappelé que dans le cas précis du nouveau territoire de Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, "il faut identifier les valeurs que l'on souhaite projeter et les points d'identité que l'on souhaite mettre en avant". C'est de cette façon, a-t-elle précisé, "que l'on passera du processus d'identité à l'image de marque".

Dans le cadre de cette fusion qui s'est réalisée dans un "contexte rapide de mariage forcé", la spécialiste du naming a plaidé pour le compromis entre un nom toponymique et un nom administratif qui permettra d'orienter les différents messages.

Pourtant, c'est sans doute dans ce compromis que réside la difficulté de fédérer : "on a tendance à s'accrocher au passé plutôt qu'à l'avenir que l'on ne connaît pas. Or, il faudra que les acteurs de ce territoire acceptent d'en lâcher un peu pour se projeter et s'approprier le meilleur de ce qu'ils ont en commun", a pointé Bénédicte Laurent.

Trouver une identité régionale

Carole Delga, la présidente de la région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées a rappelé son devoir de neutralité quant au nom pour lequel elle a déjà voté... Rappelant néanmoins les critères qui devront prévaloir au choix :

"Le nom devra nous permettre d'identifier, de qualifier et de différencier notre région, a-t-elle indiqué. J'ai entendu ce matin des avis très tranchés de la part des acteurs économiques, mais la région s'en tiendra aux cinq noms déterminés suite aux travaux rendus par le comité du nom."

La présidente de la Région a par ailleurs rappelé "qu'outre le rôle d'étendard que jouera le nom, ce qui compte, c'est aussi l'avenir du territoire et la stratégie en faveur de la croissance et de l'emploi qui sera mise en œuvre". Les entreprises de Midi-Pyrénées et de Languedoc-Roussillon y seront associées dans le cadre d'une série de 18 ateliers programmés dans toute la région par bassin d'emploi. Les premières réunions avec les chefs d'entreprises auront lieu à Toulouse les 6 et 7 juin prochains et à Montpellier les 14 et 15 juin.

Un vote pour Pyrénées-Méditerranée

La dernière partie de la journée était consacrée à un débat interactif en présence de Martin Malvy, ancien président de la Région Midi-Pyrénées et animateur du comité du nom, Fabrice Verdier, conseiller régional en charge de la consultation et de la linguiste Bénédicte Laurent.

Les élus ont rappelé la procédure de consultation qui conduira les élus à trancher la question du nom le 24 juin prochain pour faire des propositions au gouvernement.

"Notre travail a consisté à faire émerger les noms qui dégageaient le plus de consensus. Nous avons donc arrêté une liste de 5 noms dans lesquels nous devons nous retrouver mais qui doivent aussi être porteurs à l'extérieur. Cette liste finale est représentative d'une majorité d'avis et de points de vue", a estimé Martin Malvy.

À l'issue de la journée, le résultat du vote des décideurs économiques a été dévoilé et, avec 29,6 % des suffrages, c'est Pyrénées-Méditerranée qui est arrivé en tête de la consultation.

Par ordre de préférence, les chefs d'entreprises se sont ensuite prononcés en faveur de Languedoc (24,1 %), Occitanie (22,7 %), Languedoc-Pyrénées (17,2 %) et Occitanie Pays-Catalan (6,2 %).

Un choix qui ne présage en rien de celui qui sera fait par les citoyens d'ici au 10 juin prochain mais, pour Fabrice Verdier, "il serait souhaitable que ces derniers se saisissent de cette question en nombre. En dessous de 200 000 votants, nous considérerions que c'est une déception. Si, en revanche, les votes sont nombreux, nous pourrions envisager d'utiliser le dispositif de la consultation pour d'autres questions à l'avenir", a indiqué l'élu.