ZFE à Toulouse : quels sont les véhicules qui ne pourront plus rouler dès le printemps 2021

La zone à faibles émissions (ZFE), qui vise à interdire la circulation des véhicules les plus polluants sur certains axes de la métropole de Toulouse, doit entrer en vigueur dans les mois qui viennent. Afin de la mettre en place, Toulouse Métropole a choisi une méthode progressive s’étalant sur plusieurs années. Quel périmètre géographique de la Ville rose a été choisi pour la ZFE ? Qui sont les véhicules concernés ? Est-elle à la hauteur en matière de lutte contre la pollution de l’air ? Voici tout ce qu’il faut savoir sur ce dispositif jugé "peu ambitieux" par l’opposition et certaines ONG.

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Dans quelques mois, certains véhicules ne pourront plus circuler à Toulouse.
Dans quelques mois, certains véhicules ne pourront plus circuler à Toulouse. (Crédits : Remi Benoit)

Les déplacements routiers sont responsables de plus de 80 % des émissions de NO2 (dioxyde d'azote) et d'environ 60 % des émissions de particules en suspension, selon Atmo Occitanie. Environ 8.000 personnes vivent en zone de dépassement au dioxyde d'azote sur le territoire de la métropole toulousaine. Afin de diminuer le nombre de personnes surexposées et faire baisser la pollution atmosphérique, une zone à faibles émissions (ZFE) va être instaurée à Toulouse en 2021. Au sein de ce périmètre géographique, les véhicules les plus polluants ne pourront ainsi plus circuler. La sélection de ces derniers se fait sur la base des vignettes Crit'air (définies par l'Etat).

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Afin de dessiner cette zone, Toulouse Métropole a lancé une étude, en 2018, en partenariat avec Atmo Occitanie et l'Agence d'urbanisme et d'aménagement Toulouse (AUAT). Au départ, une dizaine de scénarios étaient sur la table. Parmi eux, quatre ont été retenus puis de nouveau évalués. En septembre dernier, Jean-Luc Moudenc, le président de Toulouse Métropole, a dévoilé le scénario définitivement choisi. Ainsi, la future ZFE intégrera le centre-ville de la Ville rose, une partie des communes de Tournefeuille et Colomiers, mais aussi la partie Ouest du périphérique.

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Carte ZFE

Les délimitations de la future ZFE. (Source : Toulouse Métropole)

Une mise en œuvre progressive

La ZFE entrera donc en vigueur dès avril ou mai 2021, après un décalage de quelques mois lié à la pandémie.

"La qualité de l'air est en constante amélioration à Toulouse. Pour autant, nous ne nous satisfaisons pas de cette situation et voulons l'améliorer davantage. La démarche que nous avons abordée est équilibrée et progressive. Nous allons étaler la mise en place de cette mesure sur quatre ans pour qu'elle ne soit pas brutale. Nous sommes contre une écologie punitive, mais pour une écologie populaire", explique Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse.

Dès le printemps 2021, auront interdiction de circuler au sein de la zone délimitée les véhicules utilitaires légers et poids lourds disposant de vignettes crit'air 5 et les non classés. Au 1er janvier 2022, les crit'air 4 seront également concernés. Dès 2023, tous les véhicules (voitures, utilitaires, camions) ayant les vignettes Crit'air 5, 4 et non classés seront impliqués. Le dispositif s'étendra à tous les véhicules non classés et Crit'air 3, 4 et 5 en 2024. L'interdiction sera valable tous les jours 24h/24.

ZFE

La classe environnementale d'une voiture est déterminée en fonction de ses émissions de polluants atmosphériques. (Source : ministère de la Transition écologique)

"La première année, ces mesures concerneront 0,46 % du parc roulant, 1,76 % du parc roulant la seconde année, 4 % la troisième année et 16 % durant la dernière", précise François Chollet, vice-président de Toulouse Métropole en charge de l'environnement.

Le contrôle du respect des règles de la ZFE devrait être automatisé et réalisé "à l'aide d'un système de caméras". L'État serait "en train d'étudier les logiciels permettant de faire et centraliser ces contrôles". Cependant, l'automatisation sera mise en place "à partir de 2022 seulement". Au cours de l'année 2021, "les contrôles seront effectués par la police municipale".

Une ZFE qui "manque d'ambition"

Pas encore entré en vigueur, le projet fait déjà l'objet de critiques de la part de l'opposition municipale. Le 10 décembre dernier, lors d'une conférence de presse, Antoine Maurice, le chef de file d'Archipel Citoyen, a regretté "le manque d'ambition" de la ZFE proposée par Jean-Luc Moudenc.

"Toulouse est en retard sur l'histoire. L'un des objectifs de la ZFE est de réduire le nombre de voitures individuelles, qui sont les plus responsables de la pollution de l'air. Mais malheureusement, la ZFE telle qu'elle est prévue ne se projette pas dans l'optique de sortir du diesel et des énergies fossiles, même à un horizon plus lointain que 2024, contrairement à des villes comme Grenoble ou Paris. Les réponses apportées d'ici 2024 ne sont pas à la hauteur", dénonce l'élu écologiste, aussi tête de liste EELV pour les prochaines élections régionales en Occitanie.

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L'opposition n'est pas la seule à se montrer critique envers le dispositif de Toulouse. En effet, dans un rapport, paru le 3 décembre dernier, les ONG Réseau Action Climat, Unicef France et Greenpeace France jugent que la ZFE toulousaine reste "encore timide" malgré qu'elle ait le "mérite de concerner à la fois les véhicules professionnels et particuliers". Selon ces dernières elle "gagnerait à être renforcée en intégrant dès à présent un objectif de sortie progressive du diesel puis de l'essence". Ces organisations demandent une sortie du diesel en 2025, puis de l'essence en 2030.

D'autres métropoles pensent déjà à cette étape et vont ou veulent aller au-delà de ce que prévoit la Ville Rose. C'est par exemple le cas de Strasbourg et de Lyon qui ont pour ambition d'interdir les véhicules diesel d'ici 2025 pour la première et 2026 pour la seconde. L'Île-de-France elle, veut interdire le diesel en 2024 et les moteurs thermiques en 2030.

"Nous sommes parmi les plus ambitieux de France"

Rejetant l'idée de faire "moins bien que d'autres", François Chollet affirme que parmi les scénarios proposés, le plus "contraignant a été choisi".

"C'est une ZFE qui est adaptée à l'ambition qu'est la nôtre en matière de qualité de l'air et qui va permettre à 170.000 personnes de voir la qualité de l'air s'améliorer. Contrairement à ce qui a été dit, et en comparaison aux trois ZFE qui existent à Paris, Grenoble et Lyon, nous avons une ambition supérieure. Par exemple, à Lyon et Grenoble, les véhicules légers ne sont pas concernés par la ZFE, où alors pas avant 2030", affirme l'élu métropolitain.

"Notre position donne dans la polémique comme d'habitude, mais nous sommes parmi les plus ambitieux de France de ce point de vue là. Nos opposants avaient donné Grenoble comme leur référent de gestion municipale. Nous faisons mieux que Grenoble, nous sommes plus volontaristes", ajoute le président de Toulouse Métropole.

Accompagner le changement de véhicules

Autres points soulevés par le parti écologiste : le manque d'alternatives à la voiture dans le périmètre concerné par la ZFE, ainsi que l'impact sur les personnes aux revenus les plus modestes qui ne pourront pas facilement changer leur véhicule actuel pour un autre moins polluant.

Pour Antoine Maurice, l'interdiction de la voiture se fait "là où il n'y aura pas d'alternatives proposées aux habitants". "Les aides mises en place pour accompagner la création de la ZFE ne paraissent pas à la hauteur, et ne proposent pas d'autres solutions que de changer de voiture", regrette-t-il.

Afin de "venir en aide" aux habitants de Toulouse Métropole, la collectivité a mis en place des aides financières afin de permettre la conversion des véhicules les plus polluants, depuis le 15 octobre 2020. Ainsi, une "prime véhicule plus propre" et une "prime vélo" destinées aux particuliers, professionnels et associations ont été élaborées. Elles peuvent s'élever jusqu'à 600 euros pour un vélo, 5.000 euros pour une voiture et 10.000 euros pour un camion.

"Cette zone s'accompagne également de développement d'alternatives à la voiture avec le renforcement du réseau métro et tramway, l'arrivée de la troisième ligne de métro, les lignes de bus Linéo, le futur téléphérique Téléo, les 3.000 places de parking supplémentaires prévues par Tisséo, le développement des pistes cyclables et l'amélioration du cyclable en général", énumère François Chollet.

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En attendant l'arrivée de la ZFE à Toulouse et des dispositifs qui l'accompagnent, le scénario sera proposé à la concertation publique, dès janvier 2021, pour une durée de 30 jours

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Commentaires 2
à écrit le 07/01/2021 à 8:43
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Bonjour ! Avec un SMIC et Étant a découvert bancaire déjà le 15 du mois donc pas d'accè au crédit je possède un Renault espace diesel de plus de 15 ans pour Aller travailler et déposer les gosse a l'école comment je fais pour me déplace r ? Condamné...

le 07/01/2021 à 12:24
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Tout à fait de votre avis..cette écologie de salons va rendre encore plus dures les fins de mois à grands coups de contraintes , répressions , et autres décisions démagogiques dénuées de bon sens...sans parler de cette promotion des véhicules électri...

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