Troisième ligne de métro à Toulouse : "Démarrer le chantier avant fin 2022" (Jean-Luc Moudenc)

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Pour Jean-Luc Moudenc, le plus important est de lancer le chantier de la troisième ligne de métro de Toulouse dans sa forme prévue.
Pour Jean-Luc Moudenc, le plus important est de lancer le chantier de la troisième ligne de métro de Toulouse dans sa forme prévue. (Crédits : Rémi Benoit)
Après que Tisséo ait désigné le français Alstom pour concevoir et produire le matériel roulant de la future troisième ligne de métro à Toulouse, Jean-Luc Moudenc a accordé un entretien à La Tribune pour évoquer les prochaines étapes majeures de ce projet à 2,7 milliards d'euros. Date de début de chantier et de mise en service, inquiétudes autour du plan de financement, enquête publique environnementale... Le maire de Toulouse et président de la Métropole apporte des éclaircissements. Entretien.

La Tribune - Le comité syndical de Tisséo, l'autorité organisatrice des transports en commun de la métropole de Toulouse, vient de désigner Alstom comme l'opérateur pour concevoir, produire et entretenir le matériel roulant de la future troisième ligne de métro à Toulouse. Quel est le sentiment qui domine après l'aboutissement d'une étape majeure dans un projet que vous défendez fermement depuis votre campagne électorale de 2014 ?

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Jean-Luc Moudenc - Je ressens un sentiment de satisfaction car nous avons tenu le calendrier de cette procédure très lourde, aussi bien sur le plan technique que financier. Satisfaction à ce titre et satisfaction car, comme nous l'espérions, la concurrence a joué son plein sur ce contrat majeur, avec des dossiers de haut niveau de la part des quatre candidats. Le comité syndical a retenu Alstom, c'est un grand nom qui a une expérience avérée et reconnue à l'international dans ce domaine donc je m'en réjouis.

Face à la crise sanitaire, qui prend des tournures de crise économique et social, les engagements sur l'emploi local des prétendants a-t-il eu un impact dans le choix de Tisséo ?

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C'est un sujet auquel je suis sensible. Cependant, sur un projet d'une telle dimension avec le niveau de qualification technologique requis, notre évaluation reposait à 60% sur l'aspect financier et 40% pour ce qui concerne la technique et Alstom a proposé la meilleure offre sur les deux sujets. De plus, il est interdit par la loi d'introduire un critère sur l'emploi local dans ces marchés. Ceci dit, je suis heureux que l'acteur retenu soit français et qu'il y ait des retombées pour l'économie locale, même si je pense que cela aurait été le cas avec les autres candidats également. Désormais, Toulouse Métropole va travailler étroitement avec Alstom notamment sur le sujet des 140 000 heures d'insertion professionnelle prévues dans le contrat.

Avec le dénouement de cette procédure lancée en 2018, êtes-vous en capacité d'annoncer un calendrier pour la mise en chantier et surtout, une date de mise en service cette troisième ligne de métro à Toulouse ?

Désormais, nous allons pouvoir travailler sur les appels d'offres pour le génie civil, avant de les publier en milieu d'année 2021 et de désigner d'ici la fin d'année prochaine voire début 2022 les entreprises lauréates. En parallèle, il reste une dernière étape administrative importante qui est l'enquête publique environnementale, qui sera lancée en 2021. Une fois réalisée, cela nous permettra d'adopter la monture définitive du projet et le retoucher à la marge si nécessaire. Ainsi, nous espérons démarrer le chantier d'ici la fin de l'année 2022.

La date de mise en service n'est pas le plus important. Pour moi, ce qui compte le plus, c'est de démarrer le chantier et faire la troisième ligne de métro en une tranche et non plusieurs. Néanmoins, nous aurons plus de précisions sur le calendrier de mise en service dans 18 mois, quand les travaux auront débuté. Même si la crise sanitaire provoque leur ralentissement, les entreprises devront s'engager contractuellement sur des dates de fin des chantiers.

À propos des appels d'offres sur le génie civil, Tisséo peut-il connaître la même agréable surprise que pour celui sur le matériel roulant, dans lequel Alstom a proposé un prix inférieur de plus de 87 millions d'euros que la facture totale attendue ?

Cet écart a été permis grâce à une importante lutte entre les différents candidats. Maintenant, pour ce qui est du génie civil, il ne faut pas tirer des plans sur la comète. En raison de la pandémie, nous allons devoir appliquer des protocoles sanitaires précis et lourds qui risquent de se traduire par des surcoûts. Il faut faire attention.

Aujourd'hui, au regard des incertitudes autour du plan de financement de ce projet évalué à 2,7 milliards d'euros et de la crise sanitaire qui impactent les recettes des collectivités, y a-t-il encore un risque pour que cette troisième ligne de métro ne voit pas le jour dans la forme que vous souhaitez ?

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Pour le moment, je ne perçois pas ce risque. Après, ces aléas financiers entrent dans un cadre national. Si c'était un sujet propre à Toulouse, cela serait problématique, mais au final ce sont toutes les grandes collectivités qui sont confrontées à ces mêmes aléas. Néanmoins, le dialogue entre l'État et nous à ce sujet avance. Deux solutions sont sur la table, à savoir une compensation financière sur la perte du versement transport engendrée par la crise sanitaire et la prise en charge de la perte de recettes voyageurs entre une période normale et la crise sanitaire sous forme d'une avance remboursable. Je ne vois pas comment l'État peut faire autrement car toutes les politiques de transports urbains répondent à un besoin écologique, un objectif mis en avant par le gouvernement. La troisième ligne de métro de Toulouse est le projet le plus écologique de l'agglomération toulousaine. Elle va supprimer quotidiennement 90 000 automobiles de la circulation.

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