À Toulouse, Julien Denormandie annonce 1,3 milliard d'euros pour la rénovation urbaine

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Julien Denormandie, le ministre du Logement et de la Ville (au centre), a déambulé dans le quartier Empalot de Toulouse.
Julien Denormandie, le ministre du Logement et de la Ville (au centre), a déambulé dans le quartier Empalot de Toulouse. (Crédits : Rémi Benoit)
En déplacement dans la Ville rose lundi 8 avril, le ministre du Logement et de la Ville a notamment visité le quartier du Val d'Aran, à Colomiers, dans la périphérie de Toulouse. Ce quartier va profiter des nouveaux fonds alloués à l'ANRU, l'Agence nationale de la rénovation urbaine. Julien Denormandie et les élus locaux toulousains concernés ont signé le pacte financier qui engage l'État, via cette ANRU, dans la transformation de ce quartier et de trois autres. Une opération à plusieurs centaines de millions d'euros.

Le quartier du Val d'Aran à Colomiers, à quelques kilomètres de Toulouse, est emblématique de l'essor économique et démographique qu'a connu la France il y a 30, voire 40 ans. Cette période a vu émerger de nombreux quartiers composés en majeure partie de ces hautes barres d'immeubles qui ne répondent plus aux besoins d'aujourd'hui.

"En tant que ministre, j'aide les élus locaux à rénover ces quartiers réalisés il y a une quarantaine d'années et mon rôle est de faire en sorte que mon successeur n'aura pas à faire de même dans 40 ans. Cette disposition correspondait peut-être aux besoins de l'époque mais l'humain n'était pas pris en compte. Nous pouvons le remarquer ici quand on voit qu'une seule barre d'immeuble coupe totalement ce quartier du centre-ville et privilégie l'entre-soi", a réagi le ministre du Logement et de la Ville, Julien Denormandie, lors d'un échange avec des habitants du quartier.

Ainsi, des premiers travaux de rénovation ont débuté dans ce quartier grâce notamment aux fonds apportés par l'État via l'ANRU, l'Agence nationale de la rénovation urbaine, comme la rénovation de façades. Mais c'est bien une transformation profonde que va connaître le Val d'Aran, avec des démolitions d'immeubles, la reconstruction de logements, la réorganisation des espaces publics, l'ouverture d'une Maison des Sports et le développement des commerces de proximité.

Denormandie à Toulouse

La place Léo Lagrange devrait connaître une seconde vie dans les années à venir grâce à la transformation que va connaître le Val d'Aran./ (Crédits : Rémi Benoit)

"Des logements dédiés aux seniors vont notamment voir le jour car l'objectif est de retrouver ici une certaine mixité des populations, dans un quartier disposant de nombreux atouts qui ne sont pas révélés aujourd'hui. Nous aurons mis un mandat pour réfléchir et définir cette transformation. Il nous faudra certainement un autre mandat pour réaliser ces travaux", estime la maire de Colomiers, Karine Traval-Michelet.

Des nouveaux fonds pour la rénovation urbaine toulousaine

Des temps longs que les habitants ont du mal à accepter comme l'a fait savoir un habitant du quartier en s'adressant directement à Julien Denormandie : "Vous êtes le troisième ministre à venir nous rendre visite dans le cadre de ce projet, mais l'État est encore absent pour le concrétiser alors j'espère que vous venez avec de bonnes nouvelles". Le ministre a alors tenu à rassurer ce Columérin.

Denormandie à Toulouse

Notamment aux côtés de Jean-Luc Moudenc (maire de Toulouse et président de la Métropole), la maire de Colomiers, Karine Traval-Michelet, a mené la visite du ministre au cœur de sa ville./ (Crédits : Rémi Benoit)

"Je suis peut-être le troisième ministre à vous rendre visite, mais je suis le premier qui vient signer une convention financière cet après-midi qui va engager l'État dans la rénovation de ce quartier. Au total, nous allons signer quatre grands projets de rénovation urbaine", a annoncé au cours de la visite Julien Denormandie.

Ainsi, dans la Brique Rouge, un lieu culturel à Empalot qui a vu le jour grâce aux fonds d'un premier programme de rénovation urbaine, le ministre a signé dans l'après-midi une déclaration d'engagement pour le nouveau Programme national de rénovation urbaine couvrant la période 2018-2025. Ce plan prévoit pas moins d'un milliard et 50 millions d'euros d'investissement pour les dix prochaines années à destination des quartiers bénéficiant de la Politique de la Ville, qui intègreront désormais le quartier de Colomiers, mais aussi les secteurs des Trois Cocus et Mirail Université, en plus de ceux déjà dans le dispositif (comme Empalot par exemple).

Par conséquent, la mairie de Colomiers participe à hauteur de 10 millions d'euros à ce plan, 295 millions pour la Ville de Toulouse et la Métropole, 276 millions par l'ANRU (et donc l'État), 20 par le Département de Haute-Garonne, 12 par la Région Occitanie et le reste par les bailleurs sociaux.

"C'est quelque chose de considérable ! Pour preuve, 2 441 logements sociaux vont être détruits, autant seront reconstruits, 2 251 seront réhabilités, 4 339 seront "résidentialisés" et une trentaine d'équipements publics vont voir le jour ou être réhabilités. La précédente convention passée avec l'ANRU en 2005 n'était que de 770 millions d'euros. Cela montre notre volontarisme malgré les contraintes financières de chacun. Nous n'abandonnons pas les quartiers et nous voulons y créer une mixité sociale", s'est réjoui Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse et président de Toulouse Métropole.

Denormandie à Toulouse

La convention "ANRU 2", dotée d'un milliard d'euros, a été signée à la Brique Rouge, à Toulouse, avec le ministre Julien Denormandie (au centre), lundi 8 avril./ (Crédits : Rémi Benoit)

Les copropriétés aussi aidées

Au total, ce sont près de 1,3 milliard d'euros qui vont être investis dans l'agglomération toulousaine d'ici 2030 uniquement pour la rénovation urbaine. Car, en plus de cette convention appelée communément "ANRU 2" par les élus locaux, un autre pacte financier a été signé dans la Ville rose en présence du ministre. Il s'agit d'une convention de 260 millions d'euros pour rénover les copropriétés toulousaines dégradées... Dans le détail, Toulouse Métropole apportera 40 millions d'euros de cette somme, autant du côté de l'ANRU et les 180 millions restants par l'ANAH, l'Agence nationale de l'habitat.

"Nous venons de signer des parapheurs qui valent beaucoup d'argent et pas seulement des promesses, c'est du concret. Il ne faut pas oublier aussi la cinquantaine de copropriétés locales qui vont également être accompagnées. Le projet de rénovation urbaine de Toulouse est très ambitieux", s'est félicité Julien Denormandie après la signature.

Denormandie à Toulouse

Julien Denormandie se dit heureux d'avoir relancé la rénovation urbaine depuis son arrivée au gouvernement, avec 215 projets accompagnés depuis mai 2018 dans toute la France via l'ANRU./ (Crédits : Rémi Benoit)

Au moment de son arrivée à ce poste de ministre du Logement il y a deux ans, la rénovation urbaine était, selon lui, "pas à l'arrêt mais pas loin". "Nous avons donc dû beaucoup travailler pour relancer la machine et raccourcir les temps de décision afin d'accompagner au mieux les élus locaux demandeurs de fonds". C'est notamment pour accélérer la mise en oeuvre de ces chantiers que le président de la République, Emmanuel Macron, s'est engagé de passer le budget annuel de l'ANRU de cinq à dix milliards d'euros.

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