À Toulouse, la désillusion est grande dans certains écoquartiers

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Aux Quatre-Vents, la désillusion est grande chez certains habitants.
Aux Quatre-Vents, la désillusion est grande chez certains habitants. (Crédits : Rémi Benoit)
Deux programmes d’écoquartiers emblématiques de la Ville rose provoquent la colère des habitants qui dénoncent des malfaçons et des dysfonctionnements. Reportage.

Avec 89 logements répartis sur quatre bâtiments, la résidence des Quatre-Vents est l'un des plus grands programmes d'habitat participatif de France. Il est né dans une friche industrielle de la Cartoucherie, un écoquartier en devenir à Toulouse. Depuis la loi Alur en 2014, qui a donné une définition juridique à l'habitat participatif, ce type de réalisation connaît un certain essor. La particularité des Quatre-Vents est d'avoir intégré l'accession sociale à la propriété afin d'attirer le plus grand nombre. En plus de bénéficier des dernières normes thermiques, les habitants disposent de multiples salles communes, de chambres d'amis, d'un studio de musique...

Un ballet ininterrompu d'artisans

Mais un peu plus d'un an après la livraison du programme, la désillusion est grande chez certains.

"À notre arrivée, nous avons émis sept pages de réserves. Il n'y avait pas de portail au parking : je me suis fait braquer ma voiture. Dans le logement, le balcon était aux normes les plus low cost du secteur, et donc pas vraiment protégé pour les enfants, il manquait les volets roulants et l'eau chaude sortait à 80 °C", énumère Benoît (prénom d'emprunt).

Dans son appartement, c'est un ballet...

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a écrit le 16/03/2019 à 22:35 :
Bonjour,
J'habite dans cette propriété depuis le début. J'ai participé à l'élaboration du projet depuis la 1e réunion en mars 2013. Je fais également partie du CA de l'association des habitants, du conseil syndical et des réunions de suivi des GPA et de levée des réserves avec le syndic.
La Tribune Toulouse n'a JAMAIS sollicité notre association d'habitant-e-s, pourtant facilement joignable à partir de notre site https://www.les4vents.eu. Le conseil syndical n'a pas été sollicité non plus.
Les propos tenus par un habitant anonyme n'expriment que son point de vue, et non celui de l'association ni du conseil syndical.

Il est cependant exact que le chantier avait pris énormément de retard, et que la livraison déjà reportée de septembre à décembre 2017, puis finalement faite prématurément fin janvier 2018 en raison de contraintes légales et économiques du promoteur, a conduit les habitants à vivre dans un gigantesque chantier durant plusieurs semaines, avec du bruit, de la poussière et toutes sortes de nuisances : pannes de chauffage, d'ascenseur, dégâts des eaux, équipement de sécurité absents (encore maintenant pour certains), déchets de chantier, fuites diverses, etc.

Il est exact que le parking en sous-sol était facilement accessible en dépit de la présence d'un vigile qui a souvent fait plus pour nous que ce qui lui était demandé. A notre connaissance aucune voiture n'a été "vandalisée", mais quelques une visitées sans casse. Ce n'est pas pour autant acceptable.

Il est exact que des entreprises ont bâclé des travaux dans les parties communes (chauffage, génération d'eau chaude, VMC, local vélo, espaces verts, parking) et dans certains appartements. C'est le résultat d'un chantier mal géré et mal suivi dont les conséquences sont apparues au fur et à mesure des entrées dans les lieux. Des réunions hebdomadaires de suivi des problèmes ont eu lieu entre les habitants et le maitre d'oeuvre et le maitre d'ouvrage pendant plusieurs mois. Elles sont passées à un rythme bimensuel, puis mensuel actuellement, pour les problèmes subsistant 1 an après la livraison.

Grace au fonctionnement participatif, elles ont permis de porter à la connaissance des acteurs de cette réalisation certaines malfaçons qu'ils ignoraient.
Grace au fonctionnement participatif les informations ont été mises en commun, nous nous sommes entre-aidés et soutenus mutuellement.

Il est exact qu'actuellement, certaines erreurs de conception deviennent dommageables et exaspèrent les habitants. Des actions en justice individuelles (pour les appartements) ou groupées (conseil syndical pour les parties communes) sont en train de se construire, mais cela demande du temps et des moyens face à des maitres d'oeuvre, d'ouvrage et des entreprises fuyants et/ou défaillants.

Il est exact d'autre part, et La Tribune aurait dû en tenir compte pour contextualiser son article, que le quartier est encore en plein chantier, avec des camions, avec des rues sans nom, parasitées par du stationnement sauvage (pas d'intervention de la police municipale), avec de mauvaises habitudes qui sont combattues. Les choses n'avancent jamais à la vitesse des habitants, mais à celle beaucoup plus lente des structures publiques et commerciales.

Néanmoins, les habitants du plus grand ilot d'habitat coopératif de France vivent bien ensemble, s'entraident, participent à la vie du quartier, partagent la garde des enfants et sont bienveillants avec eux, compostent, jardinent sur les toits, font des apéros, des auberges espagnoles mensuelles, accueillent des activités dans leur salle polyvalente, font de la musique dans leur salle éponyme, cuisinent en commun pour des tables d'hôtes, font des soirées jeux et karaoké, hébergent des invité-e-s dans leur chambre d'ami-e-s, etc.
Ils prennent en charge une partie de l'entretien des parties communes et se réunissent mensuellement pour décider des actions à entreprendre pour gérer au mieux leur lieu de vie.

Ce n'est certes pas un long fleuve tranquille que de composer et orchestrer la vie d'une résidence de 89 logements, mais nous avons le temps avec nous, l'envie et l'énergie.

Voilà ce que vous auriez pu expliquer à vos lecteurs et lectrices avec un contact direct, au lieu de relayer des râleries certes fondées, mais non-représentatives de notre collectif.
a écrit le 08/03/2019 à 21:22 :
Bonjour,
Je trouve le commentaire de l'assistant à la maîtrise d'ouvrage, Pierre Marchal, très désobligeant et moralisateur à l'égard des résidents des 4 Vents : Nous travaillons sur un idéal et il y a toujours un décalage par rapport à la réalité, note-t-il. Pour certains, ces programmes sont la seule chance d'accéder à la propriété. Le niveau d'exigence des habitants est supérieur à la norme."
N'est-il pas normal, quand on a acheté un appartement sur plan, et qu'on a dû verser 100 % du prix avant la remise des clés, d'attendre à ce que le logement et l'immeuble soient conformes à ce pour quoi on a signé et payé ? Les plaintes décrites ne sont-elles pas le niveau d'exigence normal et conforme aux engagements des promoteurs immobiliers lorsqu'ils ont vendu alors que l'immeuble n'était pas construit ? Monsieur Marchal aurait-il le même commentaire si les clients n'étaient pas des accédants à la propriété (des clients "sociaux") mais des clients ayant payé le prix du marché en vente libre ?
a écrit le 08/03/2019 à 9:51 :
La photo représentant l'article est celle d'Abricoop, la coopérative d'habitant.e.s (17 logements) faisant partie de l'habitat participatif des 4 vents. La personne anonyme qui parle en son nom propre dans l'article ne réside pas dans cet immeuble et ne parle pas au nom du collectif.
Abricoop, ou son architecte Seuil Architectures n'ont pas été contactés pour cet article.
S'il y a des réserves, elles ne sont ni spécifiques à un habitat participatif, un écoquartier ou aux Chalets mais inhérentes à tout chantier. Au sein d'Abricoop, la relation étroite et coordonnée entre les habitant.e.s, leur architecte et les chalets fait qu'il y a moins de malfaçons et qu'elles sont traitées de manière "constructive". La concertation n'y est pas un frein à la qualité, mais un moteur.
Si animer une copropriété participative très grande (avec 89 logements en tout) est complexe, les habitant.e.s apprennent à fonctionner entre eux, s'auto-organisent, créent des solidarités et en lien avec les autres immeubles du quartier s'emploient à être moteurs dans les propositions et l'animation (avec par exemple des sessions de nettoyage du quartier une fois par mois).
Les articles à charge et manichéens, ne représentant qu'une seule voix ne peuvent se prévaloir de faire part d'une vérité. "Benoit" exprime son sentiment, il peut le faire mais il semble être du devoir d'une journaliste de contextualiser ses articles.
Réponse de le 08/03/2019 à 10:39 :
Bonjour,
Benoît habite bien aux Quatre Vents. L'association des habitants des 4 vents a été relancée à plusieurs reprises et n'a pas souhaité donner suite à notre grand regret. Le maître d'ouvrage apporte son point de vue donc de pas de manichéisme.
Cordialement,

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