LGV Bordeaux-Toulouse : nouvelle victoire pour les opposants ?

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On ignore toujours la décision de l'État sur le calendrier de réalisation de la LGV Bordeaux-Toulouse.
On ignore toujours la décision de l'État sur le calendrier de réalisation de la LGV Bordeaux-Toulouse. (Crédits : RFF / Christophe Recoura)
Saisi par les opposants à la LGV Bordeaux-Toulouse, le tribunal administratif de la Ville rose a annulé mardi 19 juin la déclaration d'utilité publique concernant les aménagements ferroviaires au Nord de Toulouse. Mais pour Jean-Louis Chauzy, président du Ceser Occitanie, cette décision n'impacte pas le projet validé par le Conseil d'État. Le gouvernement pourrait trancher d'ici la mi-juillet le calendrier et les modalités de financement de la ligne à grand vitesse.

Après le tribunal administratif de Bordeaux qui avait rejeté en juin 2017 la déclaration d'utilité publique (DUP) sur les aménagements ferroviaires nécessaires à la construction de la ligne à grande vitesse autour de la métropole girondine, c'est au tour du tribunal administratif de Toulouse d'annuler mardi 19 juin la DUP concernant les mêmes travaux dans la Ville rose.

Le recours avait été porté par des opposants du projet qui se félicitent de cette victoire.

"La justice a estimé qu'il n'y a pas de plan de financement du projet et va plus loin en disant que ce dernier représente un investissement démesuré par rapport à l'utilité de la ligne. Il est prévu qu'une vingtaine de TGV seulement circule par jour alors qu'elle a une capacité de faire circuler 150 trains. Ce qui veut dire qu'elle ne sera utilisée qu'1/5e du temps", déplore Raymond Girardi, co-président d'Alternative LGV.

Cette décision peut-elle mettre à mal la réalisation de la LGV Bordeaux-Toulouse ? Jean-Louis Chauzy, président du Ceser Occitanie et d'EuroSud Team (soutien du projet) n'y croit pas, rappelant que le Conseil d'État a annoncé le 11 avril dernier le rejet des recours contre la déclaration d'utilité publique qui portait sur l'itinéraire des lignes ferroviaires à grande vitesse Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Dax. 13 communes girondines et plusieurs associations écologistes avaient saisi l'institution dénonçant l'impact des travaux sur les terres agricoles et viticoles situées sur la ligne ferroviaire.

"Cet avis du Conseil d'État a répondu à toutes les questions soulevées par les opposants de Bordeaux à Toulouse. L'institution a estimé notamment que 'l'aménagement des lignes ferroviaires existantes (solution proposées par les anti-LGV, ndlr) entre Bordeaux et Dax et entre Bordeaux et Toulouse ne présente pas des avantages comparables aux lignes projetées' et que 'les coûts, les atteintes portées à la propriété privée et les risques pour les autres lignes de transport ne sont pas de nature à retirer aux lignes ferroviaires projetées leur caractère d'utilité publique'. C'est pourquoi nous considérons avec toutes les grandes collectivités que la question des recours et de la voie juridique a été définitivement réglée", avance-t-il.

Décision finale de l'État pour la mi-juillet ?

Il ajoute : "la LGV se fera. Nous n'attendons plus que les arbitrages du gouvernement sur trois points : les infrastructures à réaliser, le modèle financier retenu et le calendrier". Puisque la réforme ferroviaire a été définitivement adoptée le 14 juin, Jean-Louis Chauzy estime que le gouvernement va désormais pouvoir se pencher sur la situation de la LGV Bordeaux-Toulouse. Il espère une décision de l'État d'ici la mi-juillet.

En février dernier, le rapport Duron réalisé par le Conseil d'orientation des infrastructures (COI) a proposé trois scénarios d'investissements ferroviaires sur les 20 ans à venir sur l'ensemble de la France. Suivant le scénario qui sera choisi dans les semaines à venir par le gouvernement, le calendrier de la LGV Bordeaux-Toulouse, dont la mise en service était prévue pour 2024 initialement, sera totalement bouleversé. Le scénario privilégié par le COI (le numéro 2) préconise la mise en place d'aménagements ferroviaires au Nord de Toulouse dès 2018-2022 mais de réaliser la LGV en plusieurs étapes : la ligne nouvelle Toulouse-Agen sur la période 2028-2032 et la ligne nouvelle Bordeaux-Agen sur 2033-2037.

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a écrit le 04/07/2018 à 9:50 :
Et pendant ce temps là Brive, Limoges,Châteauroux, Orléans crèvent !
a écrit le 21/06/2018 à 10:24 :
Et ils n'ont pas compris que ça faisait de la place pour les TER et autres...
Réponse de le 04/07/2018 à 10:04 :
il n'a pas compris que 12 milliards pour gagner 1h et détruire une partie du sud ouest c’était égoïste et irresponsable mais il s’en fous c'est chez les autres !
Et a l'heure de Facetime Skype et autres les réunions a Paris sont obsolètes car un Click qui prend une seconde ce sera toujours plus vite que le TGV quant aux autres qui partent en vacances ils sont pas a une heure prés et franchement 4h10 c'est pas si mal que ça et en modernisant les sorties de Bordeaux et Toulouse des minutes supplémentaires pourront encore être gagner !
Réponse de le 04/07/2018 à 10:05 :
il n'a pas compris que 12 milliards pour gagner 1h et détruire une partie du sud ouest c’était égoïste et irresponsable mais il s’en fous c'est chez les autres !
Et a l'heure de Facetime Skype et autres les réunions a Paris sont obsolètes car un Click qui prend une seconde ce sera toujours plus vite que le TGV quant aux autres qui partent en vacances ils sont pas a une heure prés et franchement 4h10 c'est pas si mal que ça et en modernisant les sorties de Bordeaux et Toulouse des minutes supplémentaires pourront encore être gagner !
a écrit le 21/06/2018 à 9:16 :
Le train s'est fait casser par l'état français à cause de sa compromission totale avec le lobby pétrolier, du coup les intérêts des benêts s'y sont greffées et les mauvaises idées ont fusionné, permettant de discréditer encore plus le train alors que moyen de transport d'avenir.

Voilà l'état de notre pays, un affairisme seulement dirigé dans l'intérêt de quelques uns au détriment de tous.

"Liaison Lyon-Turin, grand projet inutile par excellence: Résistance dans la vallée" https://www.monde-diplomatique.fr/2014/12/QUADRUPPANI/51054 (article gratuit)
a écrit le 21/06/2018 à 9:03 :
se n'est pas un tgv c'est un omnibus car comme d'habitude tous le monde va vouloir sa gare!!!! en effet ce sont des depenses inutiles
mais la France a ceci de contradictoire on ne veut plus de centrale nucleaire mais rien en remplacement des eoliennes cela fait du bruit !!!! cela detruit le paysage !!!! les incinerateurs producteur d'electricite on en veut pas pres de chez soi trop de trafic de camions cela sent mauvais !!!! mais cela se passe en France et l'on progresse pas et on se fait taillé des croupieres par d'autres etats et l'on as beaucoup de chomage !!
Réponse de le 21/06/2018 à 10:31 :
Il faut faire attention, car un peu partout les declinistes, même très minoritaires sont à l’oeuvre, et pas seulement en paroles....
a écrit le 20/06/2018 à 23:25 :
D'ici quelques années, il va falloir chercher à minimiser les dépenses d'énergies liées aux transports inutiles. Construire une LGV Bordeaux Toulouse n'apporterait rien d'autre qu'un peu de PIB temporaire au prix d'une augmentation de notre dette déjà excessive.
a écrit le 20/06/2018 à 18:55 :
Le système oligarchique français a déjà tout décidé, le reste c'est de la façade pour les naïfs. "Vous serez heureux nom de Dieu, et nous serons réélus."
a écrit le 20/06/2018 à 16:46 :
Je ne serai point surpris si ces opposants étaient sponsorisés par AIRBUS ET AF .
Marrant : quand je vivais à Toulouse en 2003, c'était prévu pour 2017 au plus tard .
Donc , cette ligne ne se fera jamais , soyez réaliste .
Réponse de le 21/06/2018 à 8:31 :
En 2014, la LGV était annoncée pour 2024 avec une transformation complète de la gare Matabiau et la construction d'un centre d'affaires avec une tour de 120 m (Tour Occitane). A ce jour rien n'est acté, ni le financement ni la trajet et surtout pas la rentabilité...

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