Protonthérapie : Montpellier plus avancée que Toulouse ?

Le directeur général de l'Institut du cancer de Montpellier Jacques Domergue assure que le dossier montpelliérain pour accueillir un centre de protonthérapie avance, notamment avec l'acquisition d'un terrain pour installer cet équipement de pointe. Dans le même temps, le président du Ceser LRMP Jean-Louis Chauzy indique avoir reçu une réponse de Manuel Valls sur le calendrier de l'appel à projets. Les arbitrages pourraient être rendus d'ici à juin prochain.
La protonthérapie est une radiothérapie pour traiter le cancer
La protonthérapie est une radiothérapie pour traiter le cancer (Crédits : Rémi Benoit)

Lors de ses vœux le 29 janvier dernier, le directeur général de l'Institut du cancer de Montpellier (ICM) Jacques Domergue a fait le point sur le dossier sensible de la protonthérapie.

Pour rappel, cet équipement technologique de pointe à 50 millions d'euros permet de soigner le cancer en protégeant les organes à risque, et de diminuer les complications. Les enfants en sont les plus grands bénéficiaires. Il a également des applications dans le domaine de l'industrie, notamment du spatial. Toulouse et Montpellier, les deux métropoles de la nouvelle région LRMP, sont en compétition pour recevoir cet outil qui pourrait les placer en tête des capitales européennes en matière de santé.

Alors que les porteurs de projets toulousains et montpelliérains se sont affrontés (notamment par voie de presse) en 2015, la polémique s'était calmée en fin d'année, la directrice de l'ARS Monique Cavalier appelant à l'apaisement. À Montpellier, Jacques Domergue avance un nouveau pion avec des annonces de financement concrètes.

Financements des collectivités locales

D'après nos confrères d'Objectif Languedoc-Roussillon, le directeur de l'ICM a déclaré le 29 janvier au sujet de la protonthérapie que "des avancées positives ont eu lieu fin 2015 avec le soutien des collectivités locales (10 M€ de l'ancienne Région Languedoc-Roussillon et 10 M€ de la métropole montpelliéraine) et l'acquisition d'un terrain par le Conseil départemental".

L'Institut du cancer de Montpellier prévoit ainsi son plan de financement : 10 M€ de la Métropole de Montpellier, 5 M€ du Département de l'Hérault pour l'achat d'un terrain, 20 M€ d'emprunts et 6 M€ de fonds propres.

Au Conseil régional, on confirme qu'"une autorisation de programme de 10 M€ au bénéfice de l'implantation d'un centre de protonthérapie sur le site d'ICM à Montpellier a été délibérée (le 20 novembre NDLR), dans l'hypothèse où cette installation serait décidée au niveau national et sous réserve d'un niveau d'engagement équivalent (10 M€) de la part de la Métropole de Montpellier".

Pas d'inquiétude pour Jacques Domergue qui confirme :

"Nous avons une lettre d'engagement à hauteur de cette somme signée du président de la Métropole (Philippe Saurel NDLR)."

Par ailleurs, le Conseil régional penche-t-il en faveur de Montpellier ?

"La Région LRMP est mobilisée pour faire aboutir ce projet essentiel pour conforter et développer l'excellence nationale du pôle montpelliérain de protonthérapie",  indique le service presse de la nouvelle région.

Enfin, fin 2015, un accord de principe a été donné par le Conseil départemental de l'Hérault pour racheter un terrain qui jouxte l'ICM. Si (et seulement si) le projet est validé par l'État, le Département se portera donc acquéreur du terrain pour y installer le centre de protonthérapie.

À Toulouse, un vœu en Conseil municipal

Côté toulousain, forts du développement de l'Oncopole, les pouvoirs publics soutiennent également l'implantation d'un centre de protonthérapie. En novembre dernier, le conseil municipal de Toulouse a voté un vœu qui "demande au gouvernement de lancer un appel à projets pour choisir les futurs sites d'implantation de centres de protonthérapie et sélectionner les candidatures au travers d'un jury international. Grâce à cette méthode, le choix reposera sur des critères objectifs."

Le président du Ceser Midi-Pyrénées Jean-Louis Chauzy s'est exprimé à plusieurs reprises sur la question, soutenant avec force une implantation du centre dans la Ville rose. Désormais président du Ceser Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, le Toulousain assure qu'il soutiendra aussi le projet de Montpellier, si on le lui demande :

"J'ai soutenu Toulouse car les porteurs de projet ont sollicité le Ceser. Si les porteurs de projet de Montpellier me le demandent, je les soutiendrai aussi. Il n'y a rien de contradictoire."

Des arbitrages d'ici à fin juin

Par ailleurs, Jean-Louis Chauzy affirme que le Premier ministre a répondu à sa lettre, adressée en octobre 2015. Selon lui, Manuel Valls a répondu à la demande qui lui a été faite de confier les arbitrages à un jury impartial :

"Manuel Valls a confié la procédure aux ministres Najat Vallaud-Belkacem (Recherche) et Marisol Tourraine (Santé). Ce ne sont plus les agences régionales de santé qui sont en charge de ce dossier, ce qui permettra d'avoir des arbitrages déconnectés des appréciations locales et basés sur des critères objectifs."

Selon Jean-Louis Chauzy, ces arbitrages seront révélés avant la fin du premier semestre 2016.

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