Narbonne et Carcassonne, nouveaux centres du monde ?

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Carcassonne et Narbonne se positionnent en centres de la nouvelle région
Carcassonne et Narbonne se positionnent en centres de la nouvelle région (Crédits : © mairie Carcassonne - Laurie Biral)
Les villes de Narbonne et Carcassonne s'organisent déjà pour profiter au mieux de la fusion entre Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées. Leur but : capter autant que possible le dynamisme de Toulouse.

Au centre de la future région Languedoc-Roussillon, il y a le département de l'Aude. Et, n'en déplaise aux puristes qui situeront l'épicentre de la nouvelle région du côté de Lézignan-Corbière, ce sont bien Narbonne et Carcassonne, les deux plus importantes villes du département, qui comptent profiter de cette réorganisation territoriale.

Pendant que Toulouse et Montpellier s'organisent sur les plans régionaux et métropolitains, les deux cités audoises avancent leurs pions. Rencontres, groupes de travail... petit à petit, elles préparent l'avenir, au risque - peut-être - de tirer des plans sur la comète.

Narbonne, le "carrefour incontournable"

Demander au maire de Narbonne quelle place il imagine pour sa ville dans la future région, c'est s'exposer à toute la verve méditerranéenne. "Qu'est-ce que Narbonne pour les Toulousains ?, interroge Didier Mouly. C'est la mer, les tapas, le pastis !" Après un rire, l'élu divers droite ajoute, plus sérieusement : "Narbonne, c'est aussi le grenier de Midi-Pyrénées puisque son pétrole arrive par Port-la-Nouvelle. C'est sa porte vers la Méditerranée !"

Avocat de profession, le nouvel édile narbonnais déroule les arguments en faveur de sa ville :

"Que vous alliez vers l'Italie ou l'Espagne, en venant de Toulouse, vous passez par Narbonne. C'est un carrefour. Il y a des flux aujourd'hui, mais Narbonne va devenir un lieu incontournable." Rien de moins.

Enthousiaste, Didier Mouly explique son analyse :

"À l'étroit à l'ouest où elle ne peut pas se développer, Midi-Pyrénées va se tourner vers l'est. Jusqu'à présent, Toulouse s'est préoccupé de sa région. C'est maintenant vers Narbonne que cela va se passer."

Mais concrètement, qu'espère-t-il pour sa ville ? "Tourisme d'affaires, implantation d'entreprises, la dynamique économique va s'accroître. Vu le niveau de vie à Toulouse, cela ne me dérangerait pas que Narbonne soit sa banlieue." Pour le Narbonnais, l'objectif est donc clair : capter le dynamisme toulousain.

"Actuellement, Montpellier se développe vers Sète et délaisse l'Aude. Le débouché naturel de Narbonne, c'est Toulouse. Cette fusion des régions, c'est l'opportunité de coller au dynamisme de Toulouse."

Ces questions, Didier Mouly compte les aborder dès le 23 février avec le sulfureux Biterrois Robert Ménard. "Nos villes sont à 35 kilomètres. Nous avons tout intérêt à nous entendre pour nous tourner vers Toulouse." Une réunion préparatoire en somme, avant la visite le 13 mars à Narbonne de Jean-Luc Moudenc, le maire de Toulouse. "Avec le député (UMP) de Béziers Élie Aboud, nous allons lui montrer les qualités de notre territoire", annonce l'édile.

Carcassonne veut attirer les jeunes couples

Narbonne discute-t-elle avec sa consœur carcassonnaise ? "Nous devons nous rencontrer le 28 février à l'occasion du match de rugby entre nos deux club, avoue Didier Mouly. J'espère qu'il m'amènera son expérience toulousaine." Avocat au barreau toulousain, Gérard Larrat, le maire de Carcassonne, connaît très bien la Ville rose.

Cité languedocienne tournée vers Toulouse, "la fusion est un dossier majeur" pour Carcassonne selon François Mourad, chargé de la communication politique au cabinet du maire.

"Avec les flux de fonctionnement entre les deux métropoles et le développement de leurs banlieues, il ne peut y avoir que du positif pour Carcassonne. Toutes nos décisions sont orientées dans cette direction. Le maire fait déjà les démarches nécessaires pour libérer le foncier et mettre en place un abattement de la taxe d'habitation sur deux ans pour les nouveaux arrivants. L'idée est d'attirer les jeunes couples qui souhaitent s'établir entre les deux métropoles."

Carcassonne, future banlieue de Toulouse ? À 50 minutes du Capitole, on y croit avec conviction.

"La fusion va accélérer ce processus de banlieue, car nous sommes au centre des flux", assure le collaborateur de Gérard Larrat.

Par ailleurs, déjà mondialement connue pour ses célèbres remparts, la Cité de Carcassonne souhaite briller culturellement dans la future région. "Nous occupons déjà une place centrale sur ce plan mais nous allons encore aspirer les populations de Toulouse et de Montpellier." Un centre des congrès de 500 places est également en projet pour favoriser le tourisme d'affaires.

Enfin, Carcassonne, qui dispose déjà de 2 000 étudiants et de partenariats avec les universités de Toulouse et Montpellier, ambitionne de créer un pôle universitaire "pour lequel nous solliciterons la future région", précise François Mourad.

D'après son cabinet, Gérard Larrat a déjà rencontré les maires des deux grandes métropoles de la future région. Des élus avec qui il entretient "des rapports privilégiés". "Nous allons participer pleinement aux groupes de travail entre les différents acteurs de la future région", ajoute François Mourad, qui conclut :

"Nous aimons les deux régions. Nous aimerons la future."

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