Budget, législatives, métro à Labège : Pierre Izard offensif lors de ses vœux à la presse

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Pierre Izard, président du Conseil général lors de ses vœux à la presse
Pierre Izard, président du Conseil général lors de ses vœux à la presse
Le président du Conseil général de Haute-Garonne présentait ce mercredi matin ses vœux à la presse. L'occasion pour lui de rappeler les difficultés financières des collectivités locales et de s'exprimer sur de nombreux sujets d'actualité dont les législatives. Pierre Izard s'est montré très clair dans ses prises de positions, sans jamais mâcher ses mots.

Lors de son discours, Pierre Izard n'a pas hésité à aborder les sujets qui fâchent. "Au niveau budgétaire, nous savions que 2011 serait pire que 2010 pour les collectivités locales, mais 2012 sera pire que 2011. Les collectivités locales sont les premières institutions qui participent à la croissance du département et nos attentes vis-à-vis du gouvernement ne sont pas satisfaites." Il a ensuite évoqué deux réformes qui expliquent selon lui ces difficultés : la disparition de la taxe professionnelle qui "entraîne un manque de 51 M€ dans notre budget" et les conséquences de la décentralisation "pour laquelle l'Etat nous doit 700 M€ sur la période 2002 et 2011".

"Alors que nous avons moins de recettes, nous devons faire face à de plus en plus de dépenses incompressibles en raison de la crise", a ajouté le président socialiste du Conseil général. Cela entraînera également une diminution de l'autofinancement et de l'investissement. "Nous devrons faire des choix. Nous prioriserons certains dossiers tout en demandant aux collègues du Conseil général d'être raisonnables. Il y a des projets sur lesquels nous sommes engagés et que nous soutiendrons, comme le déménagement du Parc des expositions par exemple. Nous poursuivrons notre politique d'aide aux communes, la construction de collège..."

"Débiles légers" et "Petit Jésus"

Interpellé sur la question des législatives, il n'a pas esquivé le sujet. "Il est clair qu'il y a eu des difficultés de désignations dans la 3e, la 9e et la 10e circonscriptions avec des décisions qui n'ont pas été acceptées par tous. Je ne me suis pas engagé dans les primaires et dans les législatives parce que j'ai estimé que mon rôle était de recoller les morceaux sur les divisions qui ne manqueraient pas d'apparaitre. J'ai écrit à Martine Aubry pour lui dire que si problème il y a dans la 9e, il faut faire revoter les militants. J'ai également demandé à être entendu par la Commission nationale lors de sa venue."

Il a poursuivi en parlant des possibles parachutages. "J'entends dire que l'on manque de leaders en Haute-Garonne et qu'il faudrait aller en chercher ailleurs. Je ne suis pas d'accord avec ça. Vous croyez que le président de Région et le maire de Toulouse ne sont pas des leaders ? Ici, nous serions donc des débiles légers, des politiques moyens incapables de gérer quoi que ce soit. Un petit Jésus va arriver et, imposé par la première secrétaire, tranchera entre nous pauvres cons !"

L'accord conclu avec Europe Écologie - les Verts a notamment conduit à réserver la 3e circonscription de Haute-Garonne à un candidat écologiste. Sur cette circonscription, Alain Fillola (PS, ndlr) envisagerait une candidature indépendante, tout comme Gilbert Hébrard face à la désignation de Kader Arif dans la 10e. "Je comprends leurs meurtrissures mais je n'ai pas connaissance de leurs décisions. Ils sont très compétents, se sont battus et ont travaillé. Et je n'accepte pas que les militants soient frustrés. Aujourd'hui, des désignations sont faites en haut-lieu, on n'accepte plus le fait que le suffrage universel prime."

Ligne B du métro : "Heureux que la raison l'ait emporté"

Sur la participation du Conseil général à la prolongation de la ligne B du métro, Pierre Izard a rappelé que cela "ne rentre pas dans les compétences du Département. Nous sommes malgré tout très attachés aux transports en commun pour toute l'agglomération toulousaine. Nous n'avons pas de leçon à recevoir de ceux qui nous critiquent. Pour l'instant, je n'ai pas été saisi de ce problème, ni par Tisséo, ni par le Sicoval. Le cas échéant, nous verrons ce que nous pouvons faire malgré la crise." Il a par ailleurs rejeté l'idée d'un retour de sa collectivité au sein de Tisséo si le Conseil général n'a pas de possibilité de décision.

"J'ai lu dans la presse que l'idée d'une conférence des présidents revenait au goût du jour, a-t-il ajouté. Ô surprise. Alors que l'idée lancée en 2009 par le Conseil général était très critiquée. Et comme Alzheimer ne me gagne pas encore malgré ce que pensent certains de mes amis, je me souviens qu'en 2009-2010 lors de l'adoption du PDU, nous étions les seuls à dire qu'il ne fallait pas exclure l'extension de la ligne B. Je suis heureux que la raison l'ait emporté."

La question de la prison Saint-Michel est selon lui "au point mort. L'État refuse de nous recéder la prison. Je veux croire qu'après l'élection présidentielle, on pourra reprendre le dialogue afin que la mairie puisse disposer de ce bâtiment pour en faire un lieu de mémoire." Enfin, Pierre Izard s'est également exprimé sur la question de la santé, rappelant "l'importance de conserver une structure de soins dans chaque département".

Paul Périé

En photo : Pierre Izard, président du Conseil général lors de ses vœux à la presse (© Rémi Benoit)

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