Nicolas Sarkozy à Pamiers : "l'agriculture garantit la survie des territoires ruraux"

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Nicolas Sarkozy en déplacement à Pamiers lors de ses vœux à la France rurale
Nicolas Sarkozy en déplacement à Pamiers lors de ses vœux à la France rurale
Le président de la République était ce mardi à Pamiers pour présenter ses vœux à la France rurale. Dans un discours très politique, il a rappelé l'importance de l'agriculture dans l'économie française, critique les règles trop tatillonnes en matière environnementale et défendu le bilan de son quinquennat. L'Ariégeois Jean-Pierre Bel, président du Sénat, dénonce "une caricature du monde rural".

Pamiers attendait la visite d'un chef de l'État depuis 1959 et la venue du général de Gaulle. Nicolas Sarkozy y a passé quelques heures profitant de ses "vœux à la France rurale" pour décliner quelques uns de ses thèmes de campagne. "L'agriculture, la première d'Europe, est un élément majeur de la compétitivité de notre économie, a-t-il martelé. C'est l'un des principaux postes de notre balance commerciale qui présente un excédent, 9 Md€ en 2010 et peut-être 11 Md€ en 2011."

Nicolas Sarkozy a dénoncé le modèle d'une agriculture reposant sur les subventions en déclarant que "les agriculteurs sont des entrepreneurs et pas des assistés. Ils ne veulent pas des subventions, il veulent des prix qui leur permettent de vivre. Il faut aider les producteurs français à baisser les coûts de production." Il a donc appelé à la mise en place d'un nouveau modèle, reposant sur trois piliers : transparence dans les relations commerciales, contractualisation et organisation des producteurs. Le chef de l'État a également fait l'éloge des circuits courts et souligné l'importance cruciale de la PAC sans qui "il n'y aurait pas d'agriculture française, puisque les aides reçues (13,6 Md€ en 2010) représentent le budget du ministère de l'Agriculture". Nicolas Sarkozy s'en est également pris aux régles en matière d'environnement. "J'ai conscience de l'aspect tatillon de certains règlements administratifs vous insupporte. Nous allons prendre un certain nombre de décisions pour relâcher la pression. La préservation de l'environnement, ça n'est pas empêcher quiconque de faire quoi que ce soit." Des déclarations qui, depuis, ont fait bondir EELV.

Des circuits courts mis en application dans la cantine de Las Parets visitée vers midi par Nicolas Sarkozy. Les collectivités territoriales, les chambres consulaires et les producteurs se sont regroupés en 2011 pour créer une plateforme de distribution de produits locaux baptisée Terroirs Ariège Pyrénées. Cela permet aussi de faire travailler les abattoirs et les transporteurs locaux. 800 repas par jour sont servis dans cette cantine par la plateforme qui a démarré son activité en début de mois. 80 producteurs sont adhérents de Terroirs Ariège Pyrénées. Le chef de l'État a rencontré certains d'entre eux et a pu déguster plusieurs produits. Il a été interpellé sur la question du frelon asiatique et de l'ours, sur laquelle il a déclaré qu'un "équilibre a été trouvé".

Dans son discours le président de la République a tenu à parler des autres aspects de la ruralité. "Il est indispensable de vous aider à développer des activités économiques. Pour garder les territoires ruraux tels que vous les aimez, il faut accepter le changement", a-t-il ainsi déclaré. L'occasion pour lui de défendre ses choix en matière d'investissement dans les territoires, notamment en termes d'infrastructures (Internet...) Nicolas Sarkozy a ensuite abordé la question de l'implantation des médecins dans les campagnes avant de rappeler la nécessité de réformes plusieurs réformes impopulaires : non remplacement d'un fonctionnaire sur deux, réforme des collectivités territoriales. Enfin, Nicolas Sarkozy a réaffirmé sa volonté de fermeté en matière de sécurité routière.

A l'issue de la visite du chef de l'État, Jean-Pierre Bel, le président socialiste du Sénat, a déclaré que "beaucoup ont l'impression qu'il est venu présenter ses excuses à ce monde rural." Le président du Sénat s'est dit "surpris par une sorte de caricature du monde rural et du métier de fonctionnaire". Sur le souhait de Nicolas Sarkozy que 2012 soit une année "où chacun se respecte", il a répondu que "les mots doivent être accompagnés par des actes". Enfin, Jean-Pierre Bel a vu "un président en campagne, extrêmement dur sur la question environnementale".

Une vision partagée par Martin Malvy pour qui « nous avons assisté aujourd'hui en Midi-Pyrénées à une visite caricaturale de la tournure qu'a malheureusement pris la présidence de Nicolas Sarkozy. Caricature lorsque Nicolas Sarkozy annonce qu'il vient s'exprimer sur les difficultés du monde rural et qu'il rabaisse ces préoccupations à quelques considérations sur la date de clôture de la chasse, alors même que le monde rural souffre chaque jour davantage des conséquences de sa politique. Caricature également dans l'organisation du déplacement lorsque, après le traditionnel accueil républicain, l'expression pacifique de citoyens manifestant leur désaccord est réprimée avec une violence injustifiable, que je condamne."

Paul Périé

En photo : Nicolas Sarkozy, aux côtés du maire de Pamiers, André Trigano, du ministre de l'Agriculture Bruno Le Maire et du président du Sénat, Jean-Pierre Bel (© Pool Lancelot / SIPA)

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