Le secrétaire d'État toulousain Kader Arif a remis sa démission. Il est mis en cause dans une affaire de marché public

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Kader Arif a démissionné de ses fonctions gouvernementales ce matin
Kader Arif a démissionné de ses fonctions gouvernementales ce matin
Secrétaire d'État, chargé des Anciens combattants, Kader Arif a présenté ce matin sa démission à Manuel Valls. Mis en cause dans une affaire d'attribution de marchés publics par le Conseil régional à des entreprises dirigées par des proches, Kader Arif a vu ses bureaux perquisitionnés le 6 novembre dernier par l'office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales. Il est remplacé par Jean-Marc Todeschini, sénateur de Moselle.

Originaire de Toulouse et proche de François Hollande, Kader Arif a présenté sa démission du gouvernement ce vendredi. Il est remplacé par le sénateur de Moselle Jean-Marc Todeschini. Dans l'après-midi, l'ancien secrétaire d'État a publié un communiqué dans lequel il explique sa décision. "Par respect pour la fonction ministérielle, par respect pour la politique mémorielle que j'ai conduite et pour le monde combattant que j'ai servi avec fierté et conviction, je fais le choix, en responsabilité, de quitter le poste que j'ai eu l'honneur d'occuper pendant deux ans et demi. Cette décision est aussi l'expression de ma loyauté totale au Président de la République et au Premier ministre. Je reste au service de nos concitoyens, comme je l'ai toujours été tout au long de mes années d'engagement politique."

Les bureaux de Kader Arif avaient été perquisitionnés le 6 novembre dernier par l'office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales, dans le cadre d'une enquête préliminaire. Ouverte à la mi-septembre par le parquet de Toulouse, cette enquête doit déterminer si les entreprises AWF Music et AWF, dirigées par des proches de Kader Arif, ont été favorisées par le Conseil régional pour obtenir des marchés publics entre 2009 et 2014.

Martin Malvy, le président du Conseil régional a réagi, estimant que "plusieurs membres de gouvernements ont pris la même décision que celle annoncée ce matin par Kader Arif à la suite de l'ouverture d'une enquête préliminaire et malgré la présomption d'innocence qui doit rester le fondement même de tout commentaire. Quant aux allusions faites par certains aux marchés passés par la Région avec la société AWF, je rappelle qu'ils l'ont été après approbation de la commission d'appel d'offres, dans laquelle siègent notamment des élus de l'opposition, en toute transparence et qu'ils ne concernent pas M. Arif."

Proche de François Hollande, nommé ministre délégué aux anciens combattants et à la mémoire dans le premier gouvernement Ayrault, le 16 mai 2012, Kader Arif avait été confirmé dans le second gouvernement Ayrault au porte de secrétaire d'État, puis dans les deux gouvernements Valls.

Son successeur, Jean-Marc Todeschini
Instituteur puis directeur d'école primaire et enfin inspecteur de l'Éducation nationale, il a été élu sénateur de Moselle le 23 septembre 2001. Le 25 septembre 2011, il a été réélu sénateur de Moselle. Il occupait les fonctions de Premier Questeur du Sénat depuis octobre 2011.

Jusqu'à présent, quatre ministres ont démissionné des gouvernements Valls. Après la fronde d'Arnaud Montebourg, le ministre de l'Économie, Manuel Valls avait présenté la démission de son gouvernement le 25 août. Arnaud Montebourg, ainsi qu'Aurélie Filippetti, ministre de la Culture et Benoit Hamon, ministre de l'Éducation, avait alors annoncé leur décision de quitter le gouvernement par désaccord avec la ligne suivie. Neuf jours plus tard, Thomas Thévenoud, nouvellement nommé secrétaire d'État au Commerce extérieur, avait lui aussi présenté sa démission, pour des raisons fiscales cette fois-ci.

Sophie Arutunian, Gael Cérez, Emmanuelle Durand-Rodriguez et Paul Périé
© photo Rémi Benoit

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