"Le serment de Toulouse" de Martine Aubry

 |   |  524  mots
Devant 2000 personnes réunies à la Halle aux Grains à Toulouse, Martine Aubry a prononcé le 7 septembre un discours entièrement orienté contre Nicolas Sarkozy. La candidate aux primaires de la gauche, distancée par François Hollande dans les sondages, a fait « le serment de Toulouse » et s'est dite « prête à présider la République ».

Soucieuse de rattraper son retard dans les sondages à 4 semaines des primaires, Martine Aubry a répété à plusieurs reprises qu'elle était « prête ». « Prête à présider la République pour redresser notre pays », « prête à tourner la page du Sarkozisme, à faire barrage à l'extrême droite et à la droite extrême. »

Serment de Toulouse

Se mettant dans les pas de François Mitterrand qui concluait ses campagnes électorales dans la Ville rose, Martine Aubry a « voulu que tout commence ici, à Toulouse, pour que, peut-être, le fil soit renoué avec 1981. » « Je fais devant les Français le serment de Toulouse. Je ne veux pas seulement gérer le pays je veux lui inventer un avenir avec un nouvel ordre social et écologique. Il est temps pour la politique de retrouver le pouvoir sur les marchés. »

Se plaçant dans la perspective d'une victoire en mai 2012, Martine Aubry a annoncé l'annulation de « 50 milliards de cadeaux fiscaux », « la sortie progressive du nucléaire », le « retrait de nos troupes d'Afghanistan avant décembre 2012 », le rétablissement « des 11 000 postes de policiers supprimés par Nicolas Sarkozy car en matière de sécurité il faut tout reprendre à zéro » et la création d'une « banque publique d'investissements qui pourra être régionalisée ». Elle a également confirmé son intention d'instaurer « le non-cumul des mandats » et « l'encadrement des rémunérations de 1 à 20 car rien ne justifie qu'elles aillent de 1 à 400. Je réduirai le salaire du président de la république et celui des ministres ». Elle a annoncé qu'elle avait « déjà préparé la première loi qui sera votée. Ce sera sur l'égalité salariale entre les hommes et les femmes. »

Soutien des élus

En appelant directement aux militants et aux sympathisants de gauche, Martine Aubry a achevé son discours par un appel : « j'ai besoin de vous, j'ai besoin de la jeunesse ». Sous un tonnerre d'applaudissements et quelques « Martine présidente », la candidate a ensuite salué les élus socialistes venus nombreux : Martin Malvy, Pierre Cohen, Philippe Martin, Paul Quilès, Jean-Christophe Cambadélis, Jean Glavany, Pierre Izard, Romain Cujives, Catherine le Morton, Nicole Belloubet, Nadia Pellefigue, Joël Carreiras, Gisèle Vergniol, Franck Montaugé, Thierry Carsenac, Augustin Bonrepaux, Josette Durieux, Alain Fillola, Claude Raynal.

Une heure 30 plus tôt, c'est Martin Malvy qui avait ouvert le meeting et expliqué les raisons de son soutien : « Nous pensons que Martine Aubry sera la plus solide pour piloter dans la tempête. »
De son côté Pierre Cohen, salué à plusieurs reprises par Martine Aubry comme « un ami très cher » était visiblement très heureux à l'issue du meeting. « C'était un discours fondateur et j'ai ressenti ce 'serment de Toulouse' comme une fierté. »

Philippe Martin, député et président du Conseil général du Gers, était lui aussi enthousiaste et convaincu que « Martine Aubry va remporter la primaire. C'est la bonne candidate contre Sarkozy au mois de mai. Elle a prononcé ce soir un discours important et ce serment de Toulouse est bien dans la tradition de la gauche en Midi-Pyrénées. »

Emmanuelle Durand-Rodriguez

Photo : Martine Aubry lors de son meeting à Toulouse le 7 septembre (photo Rémi Benoit)

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :