Mariage pour tous : manifestation et contre manifestation, à Toulouse samedi

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Samedi 17 novembre à 14h30 place Esquirol à Toulouse, le collectif Midi-Pyrénées Manif pour Tous appelle à un rassemblement "pour le mariage civil homme / femme, pour la filiation père-mère-enfant, contre le projet de loi mariage pour tous". Le député UMP Jean-Luc Moudenc hésite à se rendre sur place, alors que de son côté le PS 31 appelle à manifester également au même endroit, à la même heure, pour défendre le projet de loi porté par le gouvernement.

Le dress code : bleu, blanc et rose. C'est le collectif Manif pour Tous, organisateur de la manifestation contre le mariage pour tous, qui a choisi les couleurs, et qui appelle à venir en famille samedi à Toulouse place Esquirol pour dire non à « un bouleversement anthropologique, voire un changement de civilisation sans précédent ».

Le député UMP Jean-Luc Moudenc affirme ne pas donner de consignes « mais j'ai informé les adhérents de l'UMP 31 de cette manifestation », déclare-t-il. Selon lui, « les questions de société et de libertés individuelles sont déterminantes. Le parti n'a pas à dicter de ligne de conduite. » L'ancien maire de Toulouse ne se rendra donc pas personnellement à Esquirol samedi « mais si le PS organise une contre-manifestation et que l'événement prend une tournure politique, la question se posera » confie-t-il. Le mystère plane donc sur la présence ou pas de celui qui se dit par ailleurs « en faveur d'une égalité des droits patrimoniaux pour tous, mais contre l'adoption par des couples homosexuels ». Jean-Luc Moudenc est co-signataire d'un texte proposant un « Pacs renforcé ».

Contre-manif
Hier de son côté, le PS 31 a appelé également à manifester, rejoignant un mouvement lancé par une étudiante toulousaine et militante LGBT (lesbien, gay, bi, trans) Andie Joly : "J'étais au courant de la manifestation contre le mariage pour tous. Je me suis renseignée pour savoir s'il y avait une contre-manifestation comme dans d'autres villes. Il n'y avait rien à Toulouse. Ce n'est pas normal qu'on laisse ce genre de manifestation se dérouler sans rien faire. J'ai contacté l'association Arc-en-ciel Toulouse, l'Union Antifasciste de Toulouse (UAT) et l'association Bagdam Espace Lesbien pour savoir s'ils avaient prévu quelque chose. Aujourd'hui, l'UAT est engagée et le Bagdam soutient le mouvement. Il y a déjà plus de 500 personnes inscrites sur la page Facebook de l'événement. Au départ, la manifestation n'a pas de couleur politique, je l'ai fait en tant que LGBT mais c'est bien que des politiques nous soutiennent", affirme l'étudiante.

Le PS 31 déclare en effet dans un communiqué qu'il appelle ses militant-e-s et sympathisant-e-s à y participer. Sébastien Kinach, ancien secrétaire fédéral à la diversité, et co-responsable du groupe Toulouse Homosexualité et socialisme estime qu'il s'agit d'un mouvement pacifiste, même si « dans tout événement, il y a des risques de débordements. »

Présent également samedi pour soutenir le projet du PS, l'UDIste Philippe Lasterle, centriste et collaborateur du groupe d'opposition Toulouse Métropole d'Europe qui soutient « ne pas être le seul centriste à soutenir ce projet » même s'il tient à préciser qu'il vient « à titre personnel ».

Attaques politiques

« Je regrette que le message envoyé par Jean-Luc Moudenc et l'UMP 31 soit négatif car ils s'acoquinent avec des extrémistes catholiques. Cela me rappelle le débat sur le Pacs » estime Sébastien Kinash, appuyant ainsi les propos de François Briançon, président du Groupe Socialiste, Radical et Républicain à la mairie de Toulouse pour qui « après avoir été un des six députés français à ne pas avoir voté en faveur du remboursement à
 100 % de l'Interruption Volontaire de Grossesse ; après s'être engagé à titre personnel contre l'ouverture du droit au mariage pour tous et contre le droit à l'adoption pour les couples homosexuels ; c'est désormais tout son parti que Jean-Luc Moudenc engage sur la voie de l'intolérance en appelant les adhérents de l'UMP 31 à participer à une manifestation organisée par le collectif national La manif pour tous. Nous regrettons cette démarche qui ne correspond pas à l'image de centriste-humaniste que souhaite véhiculer Jean-Luc Moudenc. »

Le principal intéressé répond que « ces attaques n'élèvent pas le niveau du débat », qualifiant les propos de François Briançon de « grossièreté sans nom ». Jean-Luc Moudenc estime qu'« associer la droite à l'extrême droite relève des vieilles ficelles de la gauche ».

Au niveau national, Jean-François Copé a expliqué qu'il soutenait la manifestation contre le "mariage pour tous", mais ne descendrait pas dans la rue samedi. François Fillon s'interroge : « Manifester dans les rues, ça va changer quoi ? Un grand débat, ça leur permet (aux Français, NDLR) de décider en connaissance de cause. » Le lendemain, dimanche 18 novembre, l'un des deux sera élu président de l'UMP.

Sophie Arutunian et Paul Périé

©photo Fotolia

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