Spatial : Carole Delga veut étendre Aérospace Valley à la grande région

Carole Delga souhaite étendre le pôle de compétitivité Aerospace Valley à l'ensemble de la nouvelle région LRMP. Invitée d'honneur du dîner de gala du Club Galaxie lundi 6 juin, la présidente de Région LRMP a donné sa vision du secteur spatial. Entretien.

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Carole Delga, présidente de la région LRMP.
Carole Delga, présidente de la région LRMP. (Crédits : Rémi Benoit)

Le spatial est-il un axe majeur du nouveau schéma de développement économique ?

Les secteurs aéronautique et spatial, c'est l'identité de notre région. C'est une filière emblématique. Dans le spatial, nous avons davantage d'entreprises à Toulouse, mais il y a quelques coopérations qui existent déjà avec Montpellier, comme avec Predict. Avec Geosud, la fondation Van Alen, il y a un écosystème qui commence à se créer à Montpellier également. Je pense que c'est une filière que nous allons développer dans le Schéma régional de développement économique. En termes d'image, c'est aussi une filière porteuse pour les jeunes. Il faudra donc développer la formation. Par rapport aux mutations que peut connaître l'aéronautique, il faut maintenir un écosystème qui soit favorable en matière d'ingénierie et d'innovation.

Vous avez mentionné Montpellier, qui a un rôle à jouer. Comment coordonner les actions entre les deux villes, éviter les doublons et la concurrence ?

Martin Malvy avait fait à l'échelle de Midi-Pyrénées un plan stratégique régional du spatial. Ce sera donc à travers ce plan - qui sera revu avec les acteurs de la filière de la grande région - que nous coordonnerons la nouvelle stratégie. Nous pourrons ainsi définir les modalités de concertation, les liaisons entre les centres de recherche, les liaisons avec les entreprises, les développements sur la R&D et le transfert de techno.

Quel sera le rôle d'Aerospace Valley dans cette démarche ?

Nous avons délibéré le mois dernier pour que le pôle de compétitivité Aerospace Valley soit étendu à la nouvelle région. Pour moi, c'est acté. Certains clusters permettent également de faire des liaisons. Mais il faut que nous élaborions un plan stratégique avec l'ensemble des acteurs de la filière.

Toulouse a une valeur ajoutée notamment sur les infrastructures, les satellites et l'observation de la terre. Le marché des applications liées aux données spatiales est amené à se développer. La Région va-t-elle faire un effort particulier là-dessus ?

Outre le fait que c'est un secteur en pleine expansion et créateur d'emplois, il nous intéresse de par les applications concrètes, notamment dans le domaine de l'agriculture. Nous avons tout intérêt à développer des applications liées à la vie quotidienne, aux transports. Il y a de nombreux débouchées possibles dans le domaine des applications liées aux données spatiales. Par ailleurs, la Région peut contribuer à développer l'écosystème aval en ayant des besoins. Elle doit être moteur et inciter à la diversification des applications.

L'évolution de la stratégie de l'institut InSpace, qui souhaite répondre aux besoins des collectivités, fait-elle partie de cette volonté ?

Nous avons, avec Nereus (Network of European Regions Using Space Technologies, le réseau des régions européennes utilisant les technologies spatiales, NDLR) et InSpace, deux structures qu'il faut amener à faire changer de par l'évolution du périmètre géographique et aussi de par les enjeux qui se font jour. Je pense que ce sont des structures qui doivent permettre d'anticiper les besoins.

Comment développer des passerelles entre le spatial et d'autres secteurs, comme l'internet des objets par exemple ?

C'est dans le cadre de la stratégie régionale de l'innovation que seront créées les interconnections nécessaires. L'objectif de la Région est d'encourager des passerelles. Dans ce secteur-là, les entreprises ont déjà pas mal de liens mais il faut développer les actions collectives, créer une dynamique. Les clusters et les pôles de compétitivité sont des outils intéressants pour cela.

Allez-vous mettre l'accent sur une typologie d'entreprise ou un secteur en particulier dans le cadre du schéma de développement économique ?

Le secteur de l'agroalimentaire fera l'objet d'une attention particulière. Mais l'axe principal est tout d'abord l'innovation, facteur de compétitivité et d'adaptation à un monde économique qui mute très rapidement. Nous voulons également faire un effort sur l'international et permettre la croissance des PME en ETI. Nous souhaitons par ailleurs mettre en place un système de chaîne action sur tout le territoire qui puisse nous donner la vision d'un vrai maillage aussi bien en termes de laboratoires de recherche que de transferts de technologie, d'incubateurs et de pépinières.

Enfin, il faut que tous les outils financiers soient adaptés au besoin en haut de bilan pour ce qui concerne les capitaux propres. Nous allons créer des fonds de fonds (structure de mutualisation de participations dans plusieurs fonds de d'investissement de capital-investissement, NDLR). Il y a l'aspect soutien à l'investissement et action collective qui sont des dispositifs assez classiques. Mais il y a une petite révolution à mener sur les outils financiers, sur les avances remboursables, les capitaux risqueurs...

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