Culture en Midi-Pyrénées : "Le maintien des festivals est un choix politique"

La région Midi-Pyrénées va accueillir cette année plus de 300 festivals. Mais, face à la baisse des dotations de l'État, certains événements ont réduit la voilure à l'image de Rio Loco à Toulouse, ou sont tout bonnement supprimés, comme à Montauban. Pour la PRG Dominique Salomon, vice-présidente de la Région Midi-Pyrénées en charge de la Culture, "certaines municipalités ne veulent pas faire l'effort de maintenir des festivals". Interview.

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Dominique Salomon, vice-présidente de la Région Midi-Pyrénées en charge de la Culture
Dominique Salomon, vice-présidente de la Région Midi-Pyrénées en charge de la Culture (Crédits : ’Emmanuel Grimault / RMP)

Face à la baisse des dotations de l'État (11 milliards sur trois ans), les mairies réduisent leurs subventions culturelles. À Montauban, où vous avez été conseillère municipale, trois festivals ont été supprimés et remplacés par un événement pluridisciplinaire pour réduire d'un quart le budget dédié de la ville. Qu'en pensez-vous ?
Je suis très attristée de voir ces festivals disparaître. Le festival "Alors...on chante" existe depuis 30 ans, il a acquis une portée nationale avec notamment une couverture sur France Inter. On y a vu naître certains artistes comme Bénabar ou Renan Luce. Léo Ferré s'y est également produit. Depuis quelques années, le courant ne passait plus avec la municipalité. La baisse des dotations de l'État est bien là mais, à Montauban comme à Toulouse pour Rio Loco, ce sont avant tout des choix politiques. Certaines municipalités ne veulent pas faire l'effort de maintenir des festivals. La preuve, c'est que, de son côté, la Région a fait le choix de maintenir ses dotations au même niveau. Nous allons soutenir environ 80 festivals cette année pour un budget de près de 1,2 million d'euros. Pourtant, nous sommes également confrontés à la baisse des dotations et nous ne touchons plus d'impôts depuis la suppression de la taxe professionnelle.

Il y a de fortes disparités entre les différents festivals, en termes de santé économique. Certains mettent la clé sous la porte quand d'autres parviennent à résister, à l'image du festival Pause Guitare à Albi. Comment peut-on l'expliquer ?
À Albi, Pause Guitare a été très soutenu par la Ville qui a mis un budget important pour sauver le festival alors que l'association connaissait des difficultés financières. Mais la santé d'un festival repose sur divers facteurs : les têtes d'affiches rencontrent plus ou moins leur public, le cachet élevé de certains artistes peut mettre en péril des manifestations. La météo est également un élément important, tout comme la présence de mécènes pour soutenir les rendez-vous culturels.

La ministre de la Culture Fleur Pellerin propose aux villes qui maintiennent leur effort pour la culture un pacte sur trois ans qui stabilise les financements de l'État. C'est une bonne idée?
Je me félicite évidemment de cette décision. Et, justement, quand on parle de choix politiques, il sera intéressant de voir quelles villes sollicitent ce dispositif. À ma connaissance, aucune ville de la région n'a pour l'instant demandé ce soutien de l'État (pour l'heure seules les mairies de Toulon et Bourges se sont manifestées, NDLR). Même si, évidemment, il faut que les Drac (Directions régionales des affaires culturelles) informent l'ensemble des municipalités de l'existence de ce dispositif.

"L'opposition préférerait peut-être qu'on donne tout notre budget à l'orchestre national du Capitole"

Vos opposants politiques vous reprochent de "faire du saupoudrage", en multipliant les actions avec des subventions d'un faible montant. Que répondez-vous?
Nous ne sommes pas les principaux financeurs des activités culturelles. Le rôle de la Région est de venir compléter le tour de table du financement des projets pour permettre un effet levier et que ces projets puissent être mis en œuvre. L'opposition préférerait peut-être qu'on donne tout notre budget à l'orchestre national du Capitole. Nous pensons, de notre côté, que la vitalité culturelle du territoire, c'est aussi de financer de petits projets pour qu'ils deviennent grands un jour. Nous avons également mis en place des aides à la mobilité pour que les artistes du spectacle vivant participent aux grandes manifestations nationales. Pour un artiste qui se rend au festival d'Avignon, c'est sûr que le montant ne sera pas très élevé, il peut-être par exemple de l'ordre de 3 000 euros. Je note par ailleurs que l'opposition se garde bien d'émettre des critiques en assemblée plénière.

En 2013, le Conseil régional a lancé une réflexion sur la création d'un cluster animation pour soutenir une filière en plein essor en Midi-Pyrénées. Où en est-on ?
Ce cluster n'est pas actif, mais l'idée fait son chemin. C'est un projet au long cours, Il faut que les parties prenantes se saisissent du dossier. Avec la fusion des régions et les élections, beaucoup de projets sont en suspens.

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