Gérard Trémège, maire UMP de Tarbes, répond à Mediapart qui l'accuse de collusion avec une procureure

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Gérard Trémège. © photo Rémi Benoit
Gérard Trémège. © photo Rémi Benoit
Le maire UMP de Tarbes est mis en cause par le site d'information Mediapart. Selon le média dirigé par Edwy Plenel, des appels interceptés par la gendarmerie auraient révélé que Gérard Trémège était "tuyauté" par la procureure de Tarbes au sujet d'une affaire de marchés publics truqués dans laquelle il est mis en cause. Gérard Trémège dénonce "une pseudo presse" "qui fait les poubelles". La garde des Sceaux a décidé de saisir l'inspection générale des services judiciaires.

Les révélations de Mediapart ce vendredi sur le maire UMP de Tarbes font l'effet d'une bombe. Le journal en ligne affirme que Gérard Trémège, "impliqué dans une vaste affaire de marchés publics truqués, sait tout ou presque de l'enquête judiciaire qui le vise". D'après Mediapart, "des écoutes interceptées par la gendarmerie ont révélé que l'élu et ses proches étaient tuyautés en toute illégalité par la procureure de la ville", Chantal Firminger-Michel.

Un contact précieux qui aurait permis au maire de "faire le ménage" avant les différentes perquisitions dont il a fait l'objet selon Mediapart. Gérard Trémège est en effet visé depuis juin 2013 par une information judiciaire menée par le tribunal de Pau pour "prise illégale d'intérêt", "favoritisme", "détournement de fonds publics", et "blanchiment". Une procédure qui ne l'a pas empêché d'être réélu haut la main en mars dernier avec 52,96 % des voix dès le premier tour.

L'élu avait déjà porté plainte, sans succès, contre le journal en février 2014 pour "dénonciation calomnieuse, diffamation et violation du secret de l'instruction".

Gérard Trémège se défend

Cette fois Gérard Trémège ne portera pas plainte, mais l'article le fait réagir :

"rien n'est vrai dans cet article. Comme il n'y a rien contre moi dans cette enquête, on m'accuse de 'faire le ménage'. Ce sont des spéculations malveillantes, Médiapart va chercher dans les poubelles pour tenter de trouver quelque chose contre moi mais il n'y a rien".

Ainsi, l'élu (également conseiller régional, président du groupe d'opposition Républicains et Territoires) n'hésite pas à mettre en cause Mediapart, "cette pseudo presse, qui se prétend mieux renseignée que quiconque". "Mediapart enquête, Mediapart juge, Mediapart condamne à l'envi indifféremment le personnel politique et l'institution judiciaire, nous projetant de l'enquête à la fiction. Je les laisse devant leur responsabilité."

Gérard Trémège affirme par ailleurs que ses relations avec la procureure Chantal Firminger-Michel "sont inexistantes".

A l'origine de tout ça, selon lui, il y a un règlement de comptes politique. Gérard Trémège met en cause le socialiste Jean Glavany, ex président de la Communauté d'agglomération du Grand Tarbes de 2001-2008 et perdant des élections municipales de 2008. "Jean Glavany est à l'origine de l'enquête qui me concerne depuis un an et demi. Il a voulu me nuire à l'époque mais aujourd'hui ne maîtrise plus rien".

Le syndicat de la magistrature réagit

Mediapart se base pour écrire ses révélations sur un rapport de la gendarmerie daté du 25 mars 2014 remis à la juge d'instruction de Pau en charge de l'affaire Isabelle Ardeeff, "un document explosif qui en dit long sur certaines dérives au sein de la magistrature et sur les collusions qui peuvent miner des procédures entières". Selon Mediapart, les enquêteurs y font état "de l'incroyable ingérence de la procureure de la République de Tarbes dans une enquête dont elle n'est même plus saisie".

Françoise Martres, présidente du syndicat de la magistrature s'émeut :

"Si ces soupçons sont exacts, ils seraient extrêmement graves pour l'institution judiciaire. Ce serait très préjudiciable. Nous allons demander à la garde des Sceaux qu'elle fasse toute la lumière sur cette affaire et qu'elle prenne toutes les dispositions nécessaires."

Un appel entendu : en fin de journée, la garde des Sceaux a décidé de saisir l'inspection générale des services judiciaires. "Compte tenu de l'émoi suscité localement par les faits relatés par Mediapart et afin de lever toute suspicion sur des difficultés qui auraient pu entraver le bon déroulement de l'enquête, la garde des Sceaux a décidé de saisir l'inspection générale des services judiciaires", a confirmé le ministère de la Justice.

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Commentaires
a écrit le 16/02/2015 à 21:52 :
Quel magouilleur ce mec

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