Régionales : en Occitanie, 400 acteurs économiques appellent à voter Delga (PS)

À trois jours du second tour des élections régionales en Occitanie, Carole Delga, la présidente socialiste sortante, vient de recevoir le soutien de 400 acteurs économiques du territoire. Pour séduire les entrepreneurs, la candidate a notamment promis un fonds anti-faillites et une batterie de dispositifs pour développer les emplois en lien avec la transition écologique. Les détails.

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Carole Delga, la présidente socialiste sortante, vient de recevoir le soutien de 400 acteurs économiques dans le cadre des élections régionales en Occitanie.
Carole Delga, la présidente socialiste sortante, vient de recevoir le soutien de 400 acteurs économiques dans le cadre des élections régionales en Occitanie. (Crédits : Rémi Benoit)

Une dernière semaine de campagne électorale où les tribunes s'enchaînent dirions-nous ! Pour les derniers jours avant le second tour des élections régionales en Occitanie, fixé au dimanche 27 juin, les candidats se battent à coups d'appels à voter collectifs. Après 500 élus locaux de la région qui ont appelé à voter pour le candidat Aurélien Pradié (LR) la veille, ce sont 400 acteurs économiques régionaux qui se sont mobilisés en faveur de la socialiste Carole Delga, jeudi 24 juin.

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 "Aujourd'hui, il ne s'agit pas de choisir un parti, une étiquette. Il s'agit de donner à la région les moyens de soutenir l'activité économique. Notre choix, c'est celui du progrès économique et humain. Nous qui faisons vivre l'économie réelle, dirigeants et salariés, faisons confiance à Carole Delga et à son équipe depuis de nombreuses années. Elle aime et connaît l'entreprise : elle nous l'a notamment prouvé par ses actions volontaristes et concrètes pendant la crise (...) Le 27 juin, nous ferons le choix de soutenir Carole Delga", écrivent les 400 signataires de ce texte d'un peu plus de deux pages.

Dans cet entre-deux tours, la présidente sortante fait tout pour endosser le costume de l'amoureuse des entreprises, face à ses deux concurrents LR et RN, partis qui récoltent traditionnellement le "vote économique". Depuis le début de la semaine, Carole Delga a multiplié les visites dans des entreprises régionales et elle doit achever sa campagne à l'occasion d'un déplacement dans les locaux d'Evotec, à Toulouse, vendredi 25 juin.

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"En 24 heures, plusieurs centaines d'acteurs économiques se sont engagés envers Carole Delga. C'est assez rare qu'ils se prononcent pour quelqu'un, habituellement le tissu économique s'exprime plutôt contre (...) L'extrême droite aux commandes, ce n'est pas bon pour l'économie, l'emploi, l'attractivité, bref cela revient à un repli sur soi", commente Nadia Pellefigue, colistière d'Occitanie en Commun dans ces élections régionales et vice-présidente de région sortante en charge du Développement Économique notamment.

Un fonds anti-faillites post-Covid

Parmi les signataires, la liste de gauche a réuni des personnes comme Ludovic Le Moan, cofondateur et ancien dirigeant de Sigfox, Jérémie Caussade qui gère Aura Aéro, Jean-Christophe Lambert d'Ascendance Flight Technologies ou encore Stéphane Trento qui diversifie son entreprise de l'aéronautique vers le luxe. Mais au final, les 13 départements de l'Occitanie affichent des signataires.

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Pour séduire le tissu économique régional, la liste Occitanie en Commun a pris plusieurs engagements, comme celui de la "réindustrialisation verte". En plus d'une filière de la construction durable, Carole Delga veut "rapatrier 80.000 emplois en Occitanie", via notamment l'Aris, l'Agence régionale pour les investissements stratégiques, créée en toute fin de mandat. Pour soutenir les entreprises déjà présentes sur le territoire, dans une période post-Covid, la candidate socialiste promet un fonds anti-faillites.

"Il sera abondé à hauteur de 100 millions d'euros et financé à 90% par une taxe sur les assureurs. Il devra permettre à refinancer des PGE pour des entreprises qui ne peuvent pas le rembourser aux échéances prévues, notamment", développe Nadia Pellefigue.

Ces deux mécanismes seront par ailleurs complétés par le fonds Impulsion, de 50 millions d'euros, censé protéger les entreprises régionales et industriels des fonds vautours étrangers, mais aussi par le dispositif Épargne Occitanie, qui doit permettre aux citoyens d'investir à partir de quelques dizaines d'euros dans les entreprises locales.

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Créer 100.000 "emplois de demain"

Côté social, emploi et formation, la mesure phare de la candidate socialiste n'est autre que son "revenu écologique jeunes". "Nous n'avons pas la compétence au sein des régions pour verser des minima sociaux, donc on le propose en expérimentation sous l'aspect de la formation", explique Agnès Langevine, vice-présidente sortante en charge quant à elle de la Transition Écologique, et colistière de Carole Delga également.

Sans limite d'âge, selon les dires de la candidate, ce dispositif doit dès lors "anticiper l'instauration d'un revenu universel" national désiré notamment par plusieurs départements d'Occitanie. Pour ce qui est du revenu écologique jeunes, les équipes de la liste Occitanie en Commun de Carole Delga prévoient le versement d'une indemnité de 500 euros par mois à environ 10.000 jeunes par an, contre 26 millions d'euros. En l'échange de ce coup de pouce financier, les jeunes bénéficiaires devront s'engager dans une formation devant déboucher vers "un emploi vert", là aussi pris en charge par la région Occitanie si Carole Delga est réélue, pour 42 millions d'euros chaque année. Un dispositif pour un total d'environ 70 millions d'euros annuels donc.

Ce revenu mensuel couplé à une formation sera accompagné, selon les engagements de Carole Delga, par la création d'un réseau de 10 écoles en Occitanie dédié à "la formation aux métiers de la transition écologique". Ainsi, la candidate espère créer 100.000 "emplois de demain" sur l'ensemble du prochain mandat si elle est élue, dans la région qui affiche le second taux de chômage le plus élevé en France, derrière la Corse.

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