Régionales : les enjeux du second tour en Occitanie en trois questions

Dans un premier tour des élections régionales en Occitanie aux résultats pour le moins inattendus, les différents camps politiques ont affiné leur stratégie. Sans EELV, Carole Delga va-t-elle conserver son net avantage du premier tour ? Le Rassemblement National va-t-il se relever ? Aurélien Pradié, le candidat LR, peut-il espérer créer la surprise en bouleversant les prévisions ? Analyse de cette triangulaire et retour sur cette dernière semaine de campagne électorale.

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Carole Delga (PS), Jean-Paul Garraud (RN) et Aurélien Pradié (LR) vont s'affronter dans une triangulaire aux élections régionales d'Occitanie.
Carole Delga (PS), Jean-Paul Garraud (RN) et Aurélien Pradié (LR) vont s'affronter dans une triangulaire aux élections régionales d'Occitanie. (Crédits : Rémi Benoit)

Article mis à jour à 13 heures le 25 juin.

Carole Delga a-t-elle opté pour la bonne stratégie ?

Des questions et de l'inquiétude. Ces dernières semaines, les colistiers de la socialiste Carole Delga n'abordaient pas le premier tour des élections régionales dans les meilleures dispositions. Malgré un bilan de six ans à la tête de la région Occitanie, elle était donnée seconde, d'un à quatre points derrière Jean-Paul Garraud, le candidat du Rassemblement National.

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Finalement, les urnes ont rendu un verdict favorable à la gauche en Occitanie, avec un taux de participation légèrement supérieur à 37% tout de même à souligner. La liste Occitanie en Commun menée par l'élue régionale sortante a obtenu 39,57% des voix contre 22,61% pour le Rassemblement National, deuxième (selon les résultats définitifs communiqués par le ministère de l'Intérieur). "Les résultats du premier tour ne sont pas significatifs et ne traduisent pas des rapports de force politiques réels", n'a d'ailleurs pas manqué d'appuyer le candidat de ce dernier, Jean-Paul Garraud, auprès de La Tribune. Avec une telle avance, l'ancienne secrétaire d'État sous François Hollande a jugé bon de ne pas fusionner sa liste avec celle d'Europe Écologie Les Verts (EELV), L'Occitanie Naturellement, menée par l'élu toulousain Antoine Maurice.

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"Je leur avait proposé de partir ensemble... Maintenant, mes équipes vont rencontrer ses équipes. Les rencontrer est la moindre des choses... Seulement, que ce soit clair, je ne retirerai rien de mon projet", répond Carole Delga, interrogée par La Tribune à ce sujet, en citant en exemple le soutien à la LGV Toulouse-Bordeaux ou le soutien à la pêche, laissant dès lors peu de place pour un accord politique.

De plus, les écologistes n'étaient pas en position de force au soir du premier tour et apparaissent comme l'une des déceptions de ces élections régionales en Occitanie. Avec seulement 8,84% des suffrages, ils ne pouvaient que fusionner avec une autre liste et non pas se maintenir pour la seconde manche. Par ailleurs, Carole Delga a également décidé de faire sans La France Insoumise (LFI) qui a obtenu 5,06% des suffrages, soit près de 77.000 électeurs. Avec cet entre-deux tours, Carole Delga a donc épuré grandement sa majorité qu'elle avait composé sur le mandat en voie de s'achever. Désormais, comment va réagir ces deux tranches de l'électorat ? Vont-elles opter pour l'abstention ou le vote blanc en signe de protestation ? Suffisant pour grignoter voire menacer le net avantage obtenu par Carole Delga au soir du premier tour ? En attendant, face aux listes LR et RN, la présidente socialiste sortante s'est affichée comme l'élue amoureuse de l'entreprise en multipliant les prises de parole et les déplacements à vocation économique.

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Le Rassemblement National peut-il remonter la pente en Occitanie ?

Quoi qu'il en soit, Carole Delga aura face à elle un Rassemblement National en perte de confiance lors de ce second tour des élections régionales, en Occitanie. Ce parti, et son candidat, Jean-Paul Garraud - qui espéraient conserver des chances de victoire après ce premier tour - se retrouvent simplement (ou uniquement) à espérer remonter la pente.

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"Ils nous restent une semaine pour mobiliser notre électorat, qui n'a pas voté. Comme depuis depuis deux mois, durant lesquels j'ai parcouru 20.000 kilomètres, je vais retourner sur le terrain dès demain, en espérant que les scores de ce premier tour génèrent une remobilisation en notre faveur", réagit Jean-Paul Garraud.

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Dans cet entre-deux tours, l'eurodéputé et magistrat ne pourra que compter sur lui-même en Occitanie, au contraire de sa rivale socialiste. Alors que Carole Delga pourrait bénéficier de plusieurs reports de voix dont celui des écologistes, Jean-Paul Garraud ne pourra se réjouir d'un tel coup de pouce, notamment car le candidat LR, Aurélien Pradié, est qualifié lui aussi pour le second tour, ce qui offrira ainsi une triangulaire dans la seconde plus grande région de France. Quoi qu'il en soit ce soir, au sein du QG du candidat installé dans un hôtel toulousain de la place du Capitole, on semblait à court d'idée après s'être imaginé à la tête du conseil régional dimanche soir dernier.

Au final, la semaine du candidat s'est résumée à de nombreux appels à la (re)mobilisation de son électorat sur les réseaux sociaux et une seule conférence de presse sur une zone qui lui est favorable sur le plan électoral, à savoir Perpignan... Dans ce contexte, difficile pour lui d'espérer mieux qu'au premier tour et attention à ne pas chuter davantage.

Le LR Aurélien Pradié peut-il endosser le costume de rassembleur ?

Candidat du parti Les Républicains pour ces élections régionales en Occitanie, le député a remporté la mise dans son fief du Lot avec 34,85% des suffrages, contre 33,76% pour la présidente socialiste sortante. Mais sur l'échelle de la région, celui qui est aussi secrétaire national de son parti arrive en troisième position avec 12,19% des voix.

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"C'est un premier tour encourageant et satisfaisant. Maintenant, je lance un appel à tous les électeurs du premier tour qui n'ont plus de candidat. Désormais, ma mission est d'être le candidat du rassemblement et mettre ainsi fin au monopole socialiste dans cette région car le monopole n'est jamais bon en politique. Il n'y a pas plus de risque RN (Rassemblement National) dans cette région, le vote utile doit donc maintenant se faire derrière notre candidature", a exprimé auprès de La Tribune, Aurélien Pradié.

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Lui qui a pris l'engagement de fusionner avec aucune liste entre les deux tours a désormais sept jours pour séduire en l'occurrence l'électorat de Vincent Terrail-Novès (LREM - 8,61%), un candidat qui s'est d'ailleurs gardé de donner des consignes de vote à ses soutiens, tout en précisant qu'il voterait pour Carole Delga au second tour. "À titre personnel, je vais continuer à combattre les idées d'extrême droite. Cependant, les électeurs ne m'appartiennent pas donc chacun fera son choix en âme et conscience dimanche prochain", a déclaré à La Tribune le candidat actuellement maire de Balma et vice-président de Toulouse Métropole.

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Par cette posture, le candidat LR espère aussi séduire quelques voix du candidat EELV qui ne se retrouveraient pas dans une éventuelle fusion avec Carole Delga et les déçus de l'électorat de Jean-Paul Garraud. Dans le contexte de cette triangulaire, selon le sondage IFOP pour La Tribune du 1er juin, Aurélien Pradié récupérerait 78% des votants de l'édile toulousain, contre 20% pour Carole Delga. Néanmoins, il terminerait quand même troisième du second tour de ces élections régionales en Occitanie, avec un Jean-Paul Garraud à 34% et une Carole Delga à 40%. Dans son camp, on espère tout de même dépasser le candidat du Rassemblement National au soir du second tour.

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Commentaire 1
à écrit le 21/06/2021 à 12:23
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Pourtant un des rares candidats RN à avoir une tête qui n'inspire pas tacitement la méfiance.

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