Régionales : en Occitanie, Carole Delga écarte EELV du conseil régional

Après des négociations, la socialiste Carole Delga a décidé de ne pas fusionner sa liste avec celle de l'écologiste Antoine Maurice, au lendemain du premier tour des élections régionales en Occitanie. Des désaccords de fond et de forme justifient cette décision, mais surtout la présidente sortante n'a plus impérativement besoin de EELV pour conserver son fauteuil.

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La socialiste Carole Delga, dans les rues de Toulouse, au lendemain de sa victoire au premier tour des élections régionales en Occitanie.
La socialiste Carole Delga, dans les rues de Toulouse, au lendemain de sa victoire au premier tour des élections régionales en Occitanie. (Crédits : Rémi Benoit)

"La moindre des choses est de les rencontrer", avait-elle concédé dans la soirée du dimanche 20 juin. Au lendemain du premier tour des élections régionales en Occitanie, si rencontre il y a eu, en revanche l'entente n'a pas été au rendez-vous. La présidente sortante et socialiste Carole Delga n'a trouvé aucun accord avec l'écologiste Antoine Maurice et sa liste EELV, pour une éventuelle fusion de leurs deux listes dans l'optique du deuxième tour, dimanche 27 juin.

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Après tous les appels de pied de Carole Delga envers EELV dans la campagne électorale d'avant premier tour, l'annonce a de quoi surprendre, mais au premier abord seulement. "Les discussions avec l'équipe de Carole Delga sont à cette heure suspendues. Nous le regrettons et, pour tout vous dire, nous ne nous y attendions pas",  a notamment déclaré à la presse en début d'après-midi, lundi 21 juin, Antoine Maurice.

De son côté, Carole Delga répond que "c'est définitif", en invoquant le respect de critères réglementaires. La candidate à sa propre succession met en avant le fait que le BAT (bon à tirer) du bulletin de vote et de la liste du deuxième tour était à communiquer au plus tard, à 15 heures, auprès de la préfecture.

Delga Maurice

Carole Delga avait timidement soutenu Antoine Maurice lors des dernières élections municipales à Toulouse, en juin 2020 (Crédits : Rémi Benoit).

EELV trop gourmand ?

Mais au-delà du timing, c'est surtout le fond et la forme qui ont bloqué cette potentielle alliance. "À cette élection nous avons réuni 133.388 voix pour notre liste, L'Occitanie Naturellement, cela représente 8,84 % des voix. Ce n'est pas l'objectif que nous nous étions fixé mais ce n'est pas négligeable, dans un scrutin où le plus fort reste, ça représente une vingtaine d'élus et surtout la prise en compte de certaines de nos propositions", estime Antoine Maurice, le désormais ex-candidat aux élections régionales en Occitanie.

Effectivement, dès le début des négociations dans la soirée, EELV a demandé une vingtaine de places éligibles pour certains de ses colistiers et plusieurs vice-présidences. Inconcevable pour Carole Delga, qui avait d'emblée annoncé qu'elle ne changerait pas une ligne de son programme. "Nous avons proposé un groupe EELV indépendant, une vice-présidence et huit places (éligibles)", fait-elle savoir. Au final, ce désaccord officiel est un cuisant échec pour les écologistes qui, par conséquent, sont éjectés du conseil régional d'Occitanie, eux qui s'étaient associés avec cette même Carole Delga, tout juste démissionnaire du gouvernement à l'époque, pour gagner la nouvelle grande région en 2015.

"Mais dans tous les cas, nous avons un projet pour répondre à l'urgence climatique", estime la socialiste qui porte un projet social et écologiste selon elle. Car comme elle le rappelle "ce n'est qu'une frange des écologistes" qui n'est pas dans son clan. La volonté d'une liste autonome EELV au premier tour ayant causé des tensions en Occitanie, certains verts ont jugé bon de ne pas suivre la consigne de leur parti et de rester aux côtés de la socialiste. Mieux, la poignée d'élus concernés se sont retrouvés au sein d'un collectif nommé Occitanie Écologie, créé durant la campagne électorale pour soutenir "leur" présidente.

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L'électorat de Carole Delga a répondu présent

Par ailleurs, le contexte politique n'a pas du tout aidé Antoine Maurice et ses colistiers d'Occitanie Naturellement dans cette affaire. Alors que les sondages prédisaient un RN en tête en Occitanie et le PS deuxième à quelques points, rien ne s'est passé comme prévu. Selon les résultats définitifs communiqués par le ministère de l'Intérieur, Carole Delga frôle les 40% (39,57) et Jean-Paul Garraud, le candidat du Rassemblement National arrivait second, obtient 22,61% des voix exprimées. Dans le même temps, les écologistes arrivent quatrième avec 8,84% des suffrages.

Ce scénario, inespéré dans le camp Delga, n'oblige en rien la présidente sortante à une telle entente, qui pourrait être périlleuse durant le futur mandat, sur certains projets structurants (comme les LGV). "Nous sommes la seule liste de France a augmenter notre nombre de voix entre le premier tour de 2015 et celui de 2021", ajoute même la candidate.

Selon les chiffres du ministère de l'Intérieur, en 2015, l'ancienne ministre de François Hollande avait récolté plus de 501.000 voix dès la première manche, contre plus de 597.000 en 2021. La candidate est ainsi celle, au sein du Parti socialiste, à récolter le plus de voix sur ce scrutin, alors que la gauche peine à trouver un leader pour l'élection présidentielle de 2022. Cette performance peut-elle donc être un tremplin pour un poste  plus important ? "Mon avenir c'est l'Occitanie", répond la socialiste qui ne manque pas de souligner aussi que sa légitimité au national se trouve renforcée par ce résultat "très encourageant". Pour confirmer son avenir régional, elle devra désormais affronter et vaincre dans une triangulaire Jean-Paul Garraud (RN) et Aurélien Pradié (LR), dans six jours.

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Commentaire 1
à écrit le 22/06/2021 à 11:22
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Réaction tout à fait normale, quand on supporte un projet peu socialiste et encore moins écologiste que celui de l'autoroute Castres Verfeil, 60km à 7,50 euros l'aller, il est évident que l'on ne veut pas de EELV qui aurait poussé à un aménagement de...

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