Régionales : Terrail-Novès (LREM) propose la mise en concession de la LGV Toulouse-Bordeaux

Pour Vincent Terrail-Novès, les entreprises n'ont pas à payer la LGV Toulouse-Bordeaux, à en croire ses dernières déclarations. Le candidat, soutenu par la majorité présidentielle dans ces élections régionales en Occitanie, privilégie plutôt l'option d'un partenariat public-privé via un appel d'offres incluant son exploitation. Par ailleurs, le maire de Balma veut aussi ouvrir à la concurrence le réseau TER en Occitanie.

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Soutenu par la majorité présidentielle dans ces élections régionales en Occitanie, Vincent Terrail-Novès veut revoir le financement de la LGV Bordeaux-Toulouse.
Soutenu par la majorité présidentielle dans ces élections régionales en Occitanie, Vincent Terrail-Novès veut revoir le financement de la LGV Bordeaux-Toulouse. (Crédits : Rémi Benoit)

Sa vision a changé car il est "rentré pleinement dans le dossier", ces dernières semaines à propos du projet de LGV Toulouse-Bordeaux. "Combien cela va coûter, mais surtout combien cela va faire gagner à notre territoire ?! Nous sommes dans un positionnement géographique stratégique. Les entreprises auront un retour sur investissement très rapidement", plaidait alors auprès de La Tribune fin mars Vincent Terrail-Novès, le candidat soutenu par la majorité présidentielle dans ces élections régionales en Occitanie.

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Désormais, dans le camp du candidat centriste, l'heure n'est plus à la taxation des entreprises du territoire pour cette infrastructure évaluée à plus de neuf milliards d'euros désormais. "Il n'y a pas que les Toulousains qui doivent contribuer à une ligne à grande vitesse Toulouse-Paris. Par ailleurs, une entreprise du bassin peut très bien demander à la Cour de justice européenne des comptes, et réparation, au motif de la rupture d'égalité de traitement. Les entreprises de Lyon, de Marseille et de Strasbourg n'ont pas payé pour leur LGV", lance le candidat notamment soutenu par La République En Marche et le MoDem.

Par cette position, Vincent Terrail-Novès prend ainsi le contre-pied de la position de la présidente socialiste sortante du conseil régional d'Occitanie. Notamment à l'occasion du Grand Débat organisé par La Tribune mardi 1 juin, Carole Delga a fait savoir que trois options étaient sur la table pour compléter le financement de cette infrastructure : "une taxe sur les poids lourds en transit international, une réaffectation en partie d'une taxe qui existe déjà qui est la TICPE et une taxe sur l'élévation des prix du foncier, ce que nous appelons aussi une taxe sur les bureaux ou les droits de mutation. Nous avons une réunion à Matignon fin juin pour savoir quelle taxe retiendra le gouvernement", avait ainsi déclaré au cours de la soirée la candidate socialiste, tout en rappelant que la collectivité contribuerait à hauteur de 1,3 milliard d'euros dans ce projet.

Puis une LGV entre Toulouse et Narbonne ?

Une dernière option "intenable" pour le candidat soutenu par la majorité présidentielle pour la simple et bonne raison que "le foncier n'augmente qu'à proximité des gares quand une LGV arrive et non sur l'ensemble du tracé". Alors pour boucler le financement, Vincent Terrail-Novès propose "un grand appel d'offres international pour choisir un consortium d'entreprises privées et publiques qui investira pour construire la LGV et l'exploiter sous forme de concession". "Aujourd'hui, ce qui est proposé et ce qui n'est pas viable économique, c'est taxe, taxe et encore taxe. Nous avons éliminé trop vite le partenariat public-privé (PPP)", ajoute-t-il.

"Dans le monde, le savoir-faire français en matière de PPP est reconnu partout. Ici même à Toulouse, nous avons une personnalité qui a reçu un Prix Nobel d'économie (Jean Tirole, ndlr) notamment pour ses travaux sur le sujet. Ne pas envisager cette option est donc une erreur", commente Marc Ivaldi, professeur à la TSE, spécialisé sur les questions de transports et colistier d'un Nouvel Elan pour l'Occitanie en Haute-Garonne.

Nous avons éliminé trop vite le partenariat public-privé.

Vincent Terrail-Novès

Par ailleurs, le duo, qui a travaillé sur ce dossier ferroviaire, propose d'envisager dès à présent également une LGV entre Toulouse et Narbonne, notamment pour répondre aux craintes sur la fréquentation du futur axe Toulouse-Bordeaux. Selon Marc Ivaldi, le coût de cette opération serait de quatre à cinq milliards d'euros pour aménager les 200 kilomètres de ligne en question.

Mise en concurrence de la SNCF sur le réseau TER

Enfin, dans la même logique d'une coopération amplifiée avec le privé, Vincent Terrail-Novès veut revoir la convention qui lie le conseil régional d'Occitanie à SNCF, sur l'exploitation du réseau TER. Selon lui, les résultats ne sont pas au rendez-vous.

"L'ensemble du montant des deux conventions du temps des deux régions était de 250 millions d'euros. Aujourd'hui, la convention pour toute l'Occitanie est de 282 millions d'euros. Cette hausse du prix ne se justifie pas par une meilleure qualité de service. Nous avons des taux de retard entre 10 à 30%, soit au-dessus du niveau national, tout comme nous avons un taux d'annulation deux fois plus important qu'en France", liste le candidat de la liste Un Nouvel Élan pour l'Occitanie.

Pour tenter d'améliorer la qualité de ce service, Vincent Terrail-Novès propose la mise en concurrence de la SNCF sur le réseau TER en Occitanie, comme d'autres régions en ont déjà fait le choix pour certaines lignes. "Les habitants d'Occitanie n'ont pas à être les otages de dogmes", dénonce Vincent Terrail-Novès, pointant ainsi du doigt la positon de Carole Delga de ne pas vouloir ouvrir à la concurrence le réseau TER dans la région.

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Commentaire 1
à écrit le 05/06/2021 à 10:57
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Bonjour Monsieur Je crains que vous ne fassiez une grossièretés erreur dans l'évaluation du cout de la LGV Bordeaux Toulouse. 9 milliards € dites vous ( qui est, déjà, un coût ré-évalué par l'Etat). En fait il faudrait compter sur 12 à 14 Milliards ...

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