Municipales : Moudenc en difficulté face à une gauche unie à Toulouse

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Près de 90 000 Toulousains se sont rendus aux urnes pour le premier tour des élections municipales à Toulouse.
Près de 90 000 Toulousains se sont rendus aux urnes pour le premier tour des élections municipales à Toulouse. (Crédits : Rémi Benoit)
En plus d'une participation historiquement basse à Toulouse pour des élections municipales, d'autres enseignements sont à tirer de ce premier tour à Toulouse. Le maire sortant soutenu par LR et LREM, Jean-Luc Moudenc, est arrivé en tête mais bien moins haut que prévu. Désormais en difficulté, il va devoir faire face à une liste d'union de la gauche menée par un écologiste. Surtout, pour la première fois, la gauche est majoritaire sur la première manche, dans la Ville rose. Analyse.

Au regard du contexte sanitaire, les cartes étaient totalement rabattues ! Mais malgré une participation historiquement basse à Toulouse pour des élections municipales, évaluée à 36%, la première prévision des sondages a été respectée. Celle de voir le maire sortant, Jean-Luc Moudenc, arriver en tête au soir du premier tour du scrutin local, dimanche 15 mars, avec 36,19% des suffrages exprimés. Néanmoins, le candidat a tardé à réagir et il n'a partagé sa première réaction auprès des médias qu'après 23 heures, soit plus de deux heures après les premières estimations fiables. Voici pourquoi.

"L'élection est faussée (...) 2 Toulousains sur 3 ne sont pas venus voter au 1e tour. Nous sommes la liste qui subit le plus l'effondrement de la participation (...) Je lance un appel : seuls les abstentionnistes du 1er tour, en venant voter au 2ème tour, permettront d'empêcher l'arrivée d'une gauche mélenchoniste irresponsable aux commandes de notre ville !", lance Jean-Luc Moudenc, soutenu par Les Républicains et La République en Marche.

Ce dernier, donné autour de 41% dans les derniers sondages, est en effet bien moins haut que les prévisions. "Je le redis : non, aucun match n'est gagné d'avance !", rappelle le maire sortant qui pense avoir été aussi desservi par sa posture de favori, engendrant une démobilisation de son électorat.

L'alliance des gauches prête à reprendre le Capitole

Par conséquent, il se retrouve à près de 8,6 points de son premier poursuivant, l'écologiste Antoine Maurice, un conseiller municipal sortant à la tête de la liste Archipel Citoyen regroupant notamment Europe Écologie Les Verts et La France Insoumise. Sur le papier, cet écart semble favorable au maire sortant pour être réélu. Mais dans le contexte, la donne est tout autre. Dès 22 heures, dimanche soir, lui et celle arrivée en troisième position du scrutin avec 18,53% des suffrages, la socialiste Nadia Pellefigue, soutenue par UNE-PS-PRG-PC, ont annoncé publiquement entamer les négociations pour une liste d'union de la gauche au second tour, avec l'ancien maire de Toulouse Pierre Cohen (Génération-S) qui a récolté 5,66% des votes.

"Malgré cette situation inédite, les listes de gauche en présence ont su mobiliser les électeurs autour de programmes ambitieux et en rupture avec la politique menée depuis 6 ans par le maire LR. C'est la première fois que la somme des gauches, que j'ai appelée de mes vœux durant toute la campagne, obtient la majorité au premier tour des élections municipales à Toulouse ", a déclaré celui qui a occupé le Capitole de 2008 à 2014.

Devant ce constat, l'occasion de gagner pour une gauche longtemps donnée morte à Toulouse en raison de ses divisions est bien trop belle pour attendre. Ainsi, dès dimanche soir s'est tenue une première réunion avec les trois candidats pour travailler sur un programme commun et une liste à la proportionnelle en fonction des résultats de chacun au premier tour. Résultat, dès sept heures du matin, lundi 16 mars, Archipel Citoyen faisait part de la progression des négociations.

"Un accord a d'ores et déjà été trouvé avec la liste "Pour la cohésion !" menée par Pierre Cohen.  Les discussions avec la délégation de la liste "Une Nouvelle Énergie" de Nadia Pellefigue ont permis d'élaborer un projet d'accord, soumis ce matin à son équipe", a fait savoir le collectif citoyen.

Pour achever ce programme et cette liste d'union, une nouvelle réunion est prévue à 11 heures ce lundi. Pour rappel, les candidats ont jusqu'au mardi 17 mars, à 18 heures, pour déposer leur liste à la préfecture.

Antoine Maurice

Antoine Maurice est-il le futur maire des Toulousains ? (Crédits : Rémi Benoit)

Des élus demandent le report du second tour

Un impératif qui importera peu à Quentin Lamotte, le candidat du Rassemblement National à Toulouse, et Franck Biasotto, soutenu par le MoDem, et qui mène la liste Toulouse Belle & Forte. Alors que le premier croyait dur comme fer en sa présence au second tour des élections municipales à Toulouse, il n'a réalisé qu'un score de 4,31%. Un véritable échec pour le parti de Marine Le Pen qui ne parvient même pas à se faire rembourser ses frais campagnes (à partir de 5%). Un sentiment également partagé par le second, il y a quelques mois encore adjoint au Logement auprès du maire sortant.

Lire aussi : Municipales : pour Biasotto, c'était "un pari fou"

"Bien évidemment, au regard de notre score, je suis déçu sur le fond (...) Mais une chose est certaine : les Toulousains ne veulent plus de Jean-Luc Moudenc pour un second mandat consécutif. Je souhaite que les personnes qui sont en bonne posture puissent se rassembler", a-t-il réagi.

Son voeu semble donc s'exhausser. Mais sera-t-il concrétisé ? Au regard du contexte sanitaire qui ne cesse de se dégrader en raison de l'épidémie de Covid-19, la candidate Nadia Pellefigue demande un report du second tour. Tout comme deux de ses soutiens phares, à savoir le président du Département de Haute-Garonne, Georges Méric, et la présidente de la Région Occitanie. Carole Delga.

"Face à l'urgence sanitaire, relayée par de nombreux médecins, le président de la République doit prononcer dès demain (lundi 16 mars, ndlr) l'annulation du second tour des élections municipales. Il s'agit d'une mesure forte mais nécessaire pour garantir la santé de nos concitoyens", estime l'ancienne ministre.

Sera-t-elle entendue ? Réponse dans les 48 heures à venir.

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Commentaires
a écrit le 17/03/2020 à 11:14 :
espérons que nous ne verront jamais plus les gauchos revenir .....

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