Municipales : Biasotto dévoile sa liste et attaque Moudenc pour son opacité

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Franck Biasotto veut des éclaircissements sur les revenus du maire sortant et adversaire aux municipales, Jean-Luc Moudenc, suite à la parution du livre Les Voraces.
Franck Biasotto veut des éclaircissements sur les revenus du maire sortant et adversaire aux municipales, Jean-Luc Moudenc, suite à la parution du livre "Les Voraces". (Crédits : Rémi Benoit)
Soutenu notamment par le MoDem, le candidat aux élections municipales à Toulouse, Franck Biasotto a présenté l'ensemble de sa liste Toulouse Belle & Forte, lundi 10 février. L'occasion pour lui d'aborder son programme et de promettre la stabilité fiscale pour les entreprises malgré son souhait de prolonger la 3ème ligne de métro jusqu'à l'aéroport. Par ailleurs, il appelle Jean-Luc Moudenc, maire sortant et candidat a publier ses revenus après les révélations à son sujet dans le livre "Les Voraces".

Après Jean-Luc Moudenc (Aimer Toulouse), Antoine Maurice (Archipel Citoyen) et Nadia Pellefigue (Une), c'est au tour de Franck Biasotto, notamment soutenu par le MoDem, de dévoiler la totalité de ses 70 colistiers, lundi 10 février, pour les élections municipales de mars prochain. S'il rassemble derrière lui six élus sortants dont Marthe Marti (MoDem), Sylvie Rouillon-Valdiguié (LREM), Jacqueline Winnepenninckx-Kieser (MoDem) et le député MoDem de Haute-Garonne Jean-Luc Lagleize, Franck Biasotto rassemble également quelques figures de la société civile.

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Si la majorité des colistiers présentée ce jour sont très implantés dans le tissu associatif local, dont la gestion des subventions par la municipalité sortante est critiquée, l'ancien adjoint au Logement de Jean-Luc Moudenc peut compter sur le soutien de figures économiques toulousaines. Parmi ses équipiers, on retrouve ainsi Jacques Picard, président du Tribunal de commerce de Toulouse de 2007 à 2015, encore il y a peu juge consulaire dans cette même institution. Il faut noter également la présence (non surprenante) du gérant du café Baggio à Toulouse, Julien Roumagnac, qui n'entretient pas de bonnes relations avec la municipalité sortante. C'est dans son établissement que Franck Biasotto a présenté une partie de sa liste en début d'année.

"Je n'ai pas encore déterminé l'ordonnancement de ma liste. Composée à près de 80% de personnes issues de la société civile, c'est une liste qui rassemble et ressemble aux Toulousains. Nous sommes désormais 71 et donc pleinement opérationnels dans cette campagne pas encore totalement lancée", estime le candidat à la tête de la liste Toulouse Belle & Forte.

Stabilité fiscale pour les entreprises

Ce dernier n'a pas encore dévoilé la totalité de son programme, mais il a déjà révèle quelques axes forts de ce dernier. Franck Biasotto propose ainsi le 100% bio local dans les cantines scolaires d'ici 2026, la réalisation d'un réseau de navettes fluviales sur la Garonne, le déplacement de la Tour Occitanie dans le quartier Compans face à la complexité du sol à Marengo et surtout, le prolongement de la 3ème ligne de métro jusqu'à l'aéroport Toulouse-Blagnac, réclamé par le tissu économique local et régional. Il refuse que les entreprises locales règlent ce prolongement et ne ferme pas la porte à l'ouverture de négociations avec l'exploitant de l'aéroport pour le financer.

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"Je m'engage à ce que la pression fiscale ne bouge pas pendant le mandat 2020-2026, aussi bien pour la CFE, la part communale de la taxe foncière et le versement transport. Certains voudraient passer le taux de ce dernier de 2% à 2,2% pour sécuriser le financement de la 3ème ligne de métro. Mais cela représente un effort fiscal de 28 millions d'euros pour les entreprises toulousaines. On ne peut pas leur demander cela dans le contexte actuel", prévient le candidat aux élections municipales à Toulouse.

Par ailleurs, pour soutenir les commerçants impactés à répétition par les manifestations depuis 18 mois entre la réforme des retraites et le mouvement des Gilets Jaunes, Franck Biasotto veut faire un geste en direction des commerçants indépendants de Toulouse.

"Dès le 23 mars, nous ferons augmenter la part municipale du fonds d'urgence alloué aux commerces toulousains de 150 000 à 300 000 euros. Par ailleurs, en collaboration avec les chambres consulaires, je demanderai à ce qu'on réduise de 50%, à titre exceptionnel, la CFE sur l'exercice 2020. Il faut défendre le commerce indépendant", annonce le candidat.

Il appelle Jean-Luc Moudenc à dévoiler ses revenus

Une manière pour lui de sous-entendre que le maire sortant, Jean-Luc Moudenc, n'a pas assez fait pour soutenir les commerces de Toulouse. En plus de s'attaquer à sa gestion économique des conflits sociaux, Franck Biasotto regrette que son ancien équipier refuse de dévoiler publiquement ses revenus, contrairement aux autres candidats à Toulouse.

"Nous ne savons pas réellement combien gagne le maire sortant depuis 2014. Il refuse de déclarer son patrimoine et ses revenus depuis cette même année. Par équité envers les autres candidats, Jean-Luc Moudenc devrait le faire avant les élections. Sinon, de quoi a-t-il peur ? En plus de son indemnité d'élu, il occupe un poste de haut fonctionnaire à Bercy, en télétravail, à temps partiel, contre une rémunération de plus de 8 000 euros par mois", alerte Franck Biasotto.

Le candidat soutenu par le MoDem appelle à la transparence sur la situation financière du maire sortant suite à la récente publication du livre enquête "Les Voraces", par Vincent Jauvert. À partir de la page 50, l'auteur s'attarde sur plusieurs pages à la situation du maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc. Ce dernier cumule les fonctions de maire de Toulouse, président de la Métropole, président de France Urbaine et donc son poste de contrôleur au sein d'une branche de Bercy, le CGefi. Mais le maire sortant touche des revenus uniquement pour son poste de maire et de haut-fonctionnaire à Bercy. Reste à savoir combien exactement maintenant.

Après publication de l'article, l'équipe de campagne de Jean-Luc Moudenc a tenu à faire que ce dernier "ne touchait plus rien de la CGefi", s'étant mis en disponibilité depuis le 1er octobre afin de mener sa campagne électorale. Par ailleurs, son camp assure qu'il "touchait moitié moins que les montants avancés par Franck Biasotto quand il était en poste". Afin de démontrer son implication dans ce rôle, le maire sortant tient à disposition de la presse les évaluations de ses supérieurs au sein du CGefi.

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