Municipales : Archipel Citoyen veut interdire les vols de nuit à Toulouse

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La tête de liste d'Archipel Citoyen aux élections municipales, Antoine Maurice, veut interdire le trafic de nuit sur l'aéroport Toulouse-Blagnac.
La tête de liste d'Archipel Citoyen aux élections municipales, Antoine Maurice, veut interdire le trafic de nuit sur l'aéroport Toulouse-Blagnac. (Crédits : Rémi Benoit)
Afin de contenir la hausse du trafic enregistrée à l'aéroport Toulouse-Blagnac, Archipel Citoyen et sa tête de liste écologiste, Antoine Maurice entendent interdire les vols de nuit. Le candidat aux élections municipales à Toulouse compte sensibiliser les Toulousains à l'usage du transport ferroviaire même s'il ne défend une LGV entre Toulouse et Bordeaux. Par ailleurs, il refuse la construction de nouveaux logements à proximité de la rocade en raison de la forte exposition aux émissions polluantes.

La capitale mondiale de l'aéronautique va-t-elle être privée de la mélodie des réacteurs la nuit ? À l'occasion des élections municipales 2020, c'est en tout cas le souhait de la liste d'Archipel Citoyen, menée par le militant EELV, Antoine Maurice. Le mouvement citoyen, soutenu notamment par le parti écologiste et La France Insoumise, souhaite interdire les vols de nuit (entre minuit et six heures du matin) à l'aéroport de Toulouse-Blagnac.

"Nous espérons interdire les vols de nuit au cours du prochain mandat, afin de lutter contre les nuisances aériennes qui touchent 37 200 habitants dans l'agglomération toulousaine et ce, malgré les 4 900 plaintes déposées auprès de la CCNAAT en 2019. Dans un second temps, nous avons l'objectif d'élargir cette interdiction de 22 heures à sept heures du matin", explique la colistière Corinne Martin qui n'a pas précisé par quelle procédure cela serait réalisable.

Pour appuyer ce souhait, Archipel Citoyen, en cas de victoire en mars prochain, promet de mettre en place un réseau de capteurs sonores propres à la collectivité par souci d'indépendance par rapport au réseau de capteurs de l'aéroport Toulouse-Blagnac. La colistière avance même que le trafic de nuit à Toulouse a augmenté de +22%, causée par le développement des compagnies low cost sur la plateforme toulousaine.

Privilégier le transport ferroviaire

Cette annonce intervient alors que l'aéroport Toulouse-Blagnac avait atteint un seuil record de fréquentation sur l'année 2018 avec 9,6 millions de passagers (+3,9% par rapport à 2017). Afin de poursuivre cette dynamique, la direction espérait même atteindre la barre des 10 millions de voyageurs pour 2019, dont les chiffres n'ont pas été encore communiqués. Ainsi, y-a-t-il le risque d'envoyer un mauvais signal à l'écosystème local ?

"Nous refusons de faire de l'aéroport Toulouse-Blagnac un hub comme le souhaitait l'ancien actionnaire principal Casil Europe (qui vient de vendre ses parts à Eiffage, ndlr). Nous comptons sensibiliser les Toulousains sur la nécessité de favoriser le train, moins polluant, pour leurs voyages intérieurs. Le train à grande vitesse est utile et nous le défendons tous. Pour autant, est-il nécessaire de tout investir sur un projet de LGV dont on ne sait même pas s'il aboutira et qui favorisera les grands groupes privés ? Nous devons plutôt nous battre pour aménager l'existant afin d'améliorer la vitesse de la liaison ferroviaire entre Toulouse et Bordeaux", estime Antoine Maurice.

Cette intention de privilégier le transport ferroviaire au transport aérien vient en accord avec la volonté du mouvement citoyen de "faire de Toulouse une ville plus saine au quotidien". Pour autant, Antoine Maurice ne veut pas y voir un mauvais procès à l'égard de l'industrie aéronautique et "entend travailler avec Airbus et ses partenaires pour assurer l'avenir de cette industrie".

Passage de la vitesse à Toulouse à 30 km/h

Dès lors, cette interdiction des vols de nuit vient s'ajouter à une série de mesures pour lutter contre toutes les formes de pollution, à savoir sonore, atmosphérique et lumineuse. Pour rappel, Archipel Citoyen a aussi l'intention de réduire les espaces publicitaires en ville, dans le respect des contrats en cours.

"La pollution cause le décès prématuré de 69 000 personnes en France chaque année. C'est donc un enjeu sanitaire sur lequel nous devons agir et auquel Toulouse n'échappe pas. La mairie actuelle est irresponsable en ne prenant pas des mesures significatives pour y faire face et en misant seulement sur le vent d'autan", attaque la tête de liste écologiste d'Archipel Citoyen.

Ainsi, le mouvement veut réduire à 30 km/h la vitesse en ville à l'exception de quelques grandes artères, mettre en place une Zone à faible émission (ZFE) en repensant son application ou encore étudier la mise en place d'une zone à trafic limité dans le centre-ville de Toulouse réservée à la circulation des transports publics (Archipel Citoyen défend une tarification solidaire pour les transports et la gratuité lors des pics de pollution), des services d'urgences et des riverains, comme à Nantes. Par ailleurs, Antoine Maurice promet d'éteindre les établissements municipaux la nuit et les bâtiments non résidentiels, tout comme de réviser le PLUi-H pour interdire de nouvelles constructions de logements à proximité de la rocade, périmètre très impacté par la pollution de l'air à Toulouse.

Lire aussi : Enquête : la pollution de l'air en chiffres sur Toulouse Métropole

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Commentaires
a écrit le 21/01/2020 à 19:40 :
Je ne veux pas d'une société aseptisée où il faut restreindre sur tout, comme la liberté d'aller et venir. On ne peut pas à la fois, interdire les vols intérieurs et ne pas faire la LGV, c'est n'importe quoi les écologistes !
Les Toulousains méritent mieux que cela.

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