Municipales : faire de la place aux simples citoyens devient la norme électorale (4/4)

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Après un long processus interne, c’est le militant EELV Antoine Maurice qui a été désigné tête de liste du mouvement Archipel Citoyen.
Après un long processus interne, c’est le militant EELV Antoine Maurice qui a été désigné tête de liste du mouvement Archipel Citoyen. (Crédits : Rémi Benoit)
Sur chaque liste présentée, les candidats ont prévu de faire la part belle aux colistiers issus de la société civile. C’est une marque de fabrique devenue classique.

Le citoyen prend-il le pouvoir ? Depuis quelques années, intégrer dans un gouvernement ou une liste électorale des personnes issues de "la société civile" est une initiative en vogue. Les divers candidats à une élection entendent en effet s'entourer de citoyens sans passé de militant politique et ne s'étant jamais présenté à une élection. À Toulouse, Jean- Luc Moudenc a été le premier à se lancer dans la démarche en ouvrant la moitié de sa liste pour les municipales de 2014 à des citoyens non encartés. Une initiative reconduite par le maire sortant pour le scrutin de 2020, malgré le soutien de sept partis et mouvements.

"Sur les affaires locales, il faut permettre aux citoyens sans passé militant de participer activement à la vie de la cité. Nous avons eu six ans d'avance sur les gauches toulousaines, qui découvrent la citoyenneté", ironise Jean-Luc Moudenc.

Comme lui, la candidate UNE-PS-PRG-PC, Nadia Pellefigue, compte proposer le 10 janvier une liste composée pour moitié de citoyens non militants et de l'autre de membres issus des partis politiques qui la soutiennent.

"Notre liste pour les municipales sera à l'image des Toulousaines et des Toulousains. Des citoyens engagés, des militants, associatifs, syndicaux ou politiques, créa- tifs, étudiants, salariés ou entrepreneurs... Nous nous sommes retrouvés autour de valeurs progressistes, écologistes et solidaires. Un rassemblement se fait autour d'un projet et non autour d'une personne", explique-t-elle.

Une démarche forcée ?

Pour d'autres candidats, cette posture est jugée opportuniste."C'est de l'affichage. Ces listes citoyennes sont liées au fait que les partis traditionnels mettent en avant des non encartés pour prouver leur légitimité. C'est une démarche un peu forcée", juge Quentin Lamotte, tête de liste du Rassemblement national à Toulouse, soutenu par La Droite populaire.

"Ma liste Rassemblement Toulousain sera totalement citoyenne car il n'y aura aucun professionnel de la vie politique, hormis moi", ajoute-t-il.

Revendiquant cette même approche citoyenne et participative afin de rejeter les accords d'appareils, Archipel Citoyen est né et se développe à Toulouse. Ce mouvement avait pour ambition d'établir une liste citoyenne avec seulement un tiers de militants issus de partis politiques qui soutiennent la démarche (LFI, EELV, Toulouse Idées neuves ou Place Publique pour ne citer qu'eux).

Si la tête de liste a été désignée en la personne d'Antoine Maurice (EELV, ancien adjoint de Pierre Cohen de 2008 à 2014), l'exercice s'annonce plus compliqué que prévu et des tensions apparaissent en interne pour établir l'ordre de la liste entre forces citoyennes et politiques. Une liste qui doit être présentée jeudi 19 décembre. Néanmoins, le chef de file est prêt à défendre leur méthode de désignation.

"Nous aurons le souci de montrer pendant ces prochaines semaines la manière dont nous comptons gouverner la ville, en partageant les responsabilités entre les citoyens et les élus. Nous appliquerons notre méthode de la démocratie continue. Une fois en poste, nous mettrons en place des assemblées décisionnaires thématiques com- posées de citoyens tirés au sort, d'élus et d'agents de la ville", décrit l'écologiste.

Ses adversaires évoquent "une alliance rouge-verte" pour qualifier cette liste afin d'illustrer le poids pris par LFI et EELV en interne.

"À part Odile Maurin, François Piquemal et quelques CSP + blancs, ils n'ont aucun citoyen. Cela prouve qu'il est très difficile d'avoir des personnes qui représentent la société", dénonce Pierre Cohen, tout en soulignant qu'Archipel "n'a plus rien de citoyen". Paradoxalement, l'ancien maire de Toulouse ne ferme pas la porte à une alliance avec ce mouvement.

Lire aussi : Municipales : L'ancien maire de Toulouse Pierre Cohen candidat

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